Ce que mesure l’analyse
Les lymphocytes T sont des globules blancs de la défense spécifique. Ils se répartissent en deux grandes familles. Les lymphocytes T CD4, dits auxiliaires, coordonnent la réponse immunitaire. Les lymphocytes T CD8, dits cytotoxiques, détruisent les cellules infectées ou anormales.
Le rapport CD4 sur CD8 divise le nombre des premiers par celui des seconds. Il n’a pas d’unité. Chez l’adulte en bonne santé, les CD4 sont en général plus nombreux que les CD8, et le rapport est supérieur à 1.
Ce rapport résume l’équilibre entre ces deux familles. Il peut baisser pour deux raisons très différentes : un manque de CD4 ou un excès de CD8. C’est pourquoi il ne se lit jamais sans les nombres absolus.
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang classique, le plus souvent sur tube EDTA. Le rapport est calculé à partir d’un phénotypage par cytométrie en flux, qui identifie chaque cellule grâce à des anticorps fluorescents.
Chez ARUP Laboratories (États-Unis), l’échantillon se garde à température ambiante ; réfrigéré ou congelé, il est refusé. ARUP signale que certains médicaments modifient les résultats et recommande, pour un suivi, de prélever toujours à la même heure.
Comment lire le résultat
ARUP donne chez l’adulte de 16 à 64 ans un intervalle de référence de 0,80 à 3,90. À partir de 65 ans, l’intervalle s’étend de 0,80 à 6,17. Les valeurs de l’enfant sont différentes.
Un rapport inférieur à 1 est dit « inversé » : les CD8 sont alors plus nombreux que les CD4. Les situations les plus fréquentes sont :
- l’infection par le VIH, qui détruit les CD4 et active les CD8 ;
- une infection virale persistante, comme le cytomégalovirus (CMV), qui fait monter durablement les CD8 ;
- le vieillissement de l’immunité chez la personne très âgée ;
- certains traitements qui abaissent les CD4.
Un rapport élevé, avec des CD4 et des CD8 normaux, a rarement une signification clinique établie.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est intermédiaire. Le rapport est surtout utilisé dans le suivi de l’infection par le VIH. Serrano-Villar et ses collègues (PLoS Pathogens, 2014) ont étudié des personnes sous traitement efficace dont les CD4 étaient remontés au-dessus de 500 cellules par mm³. Chez celles dont le rapport restait bas, ils ont observé une activation plus forte des CD8, des signes de vieillissement immunitaire et un risque accru de maladies et de décès non liés au sida. Les auteurs rappellent qu’un rapport bas est aussi associé à plus de morbidité et de mortalité chez les personnes âgées sans VIH.
Dans les cohortes suédoises de personnes très âgées, Wikby et ses collègues (Journals of Gerontology, 2005) ont décrit un « profil immunitaire à risque », associant des CD8 élevés et des CD4 bas, lié à une infection virale persistante et à une survie plus courte. Ces travaux ont fait du rapport CD4 sur CD8 un marqueur étudié du vieillissement de l’immunité. Il ne s’agit pas d’un outil de diagnostic individuel.
Pour les déficits immunitaires, le PNDS de la HAS place l’étude des sous-populations de lymphocytes en second temps.
Les analyses à associer
- Lymphocytes CD4 et lymphocytes CD8 : les nombres absolus, indispensables pour comprendre le rapport.
- Sérologie VIH : devant un rapport inversé inexpliqué.
- Sérologie cytomégalovirus : une cause fréquente de CD8 élevés.
À retenir
- Le rapport compare les lymphocytes auxiliaires aux lymphocytes tueurs.
- ARUP donne 0,80 à 3,90 chez l’adulte de 16 à 64 ans.
- Un rapport bas peut venir de CD4 bas ou de CD8 élevés.
- Chez les personnes vivant avec le VIH, un rapport qui reste bas malgré le traitement est associé à plus de complications.
- C’est un marqueur de recherche sur le vieillissement de l’immunité, pas un diagnostic.