Ce que mesure l’analyse
Le virus varicelle-zona (VZV) est un virus de la famille de l’herpès. Selon Mayo Clinic Laboratories, il cause deux maladies avec éruption. La varicelle est très contagieuse, en général bénigne et contractée dans l’enfance. Le virus reste ensuite caché dans les ganglions des nerfs sensitifs ; s’il se réactive, il donne un zona, une éruption douloureuse le long d’un nerf, surtout chez l’adulte plus âgé.
Mayo souligne deux situations à risque : la femme enceinte, chez qui le virus peut passer au fœtus à travers le placenta, et la personne immunodéprimée, exposée à des complications graves.
La sérologie recherche les IgG anti-VZV. Leur présence indique une exposition passée au virus, par infection ou par vaccination, donc une immunité. Mayo présente ce test pour connaître le statut immunitaire et pour documenter une infection passée chez une personne sans vaccination connue.
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang classique, sans préparation. Mayo signale deux pièges. Au tout début d’une infection, les IgG peuvent encore être négatives. Après une transfusion ou des produits sanguins, des anticorps venus d’autres personnes peuvent être présents. Signalez aussi une vaccination récente.
Comment lire le résultat
Selon la technique, le résultat est rendu en index ou en UI/mL. Les valeurs ne se comparent pas d’une technique à l’autre. À titre d’exemple, Mayo Clinic Laboratories (États-Unis), avec sa technique BioPlex 2200, donne :
- 0,8 ou moins : négatif, pas d’exposition antérieure au virus ou pas de réponse au vaccin ;
- 0,9 à 1,0 : équivoque ; un nouveau prélèvement dix à quatorze jours plus tard est proposé si une vaccination est récente ou si la situation le justifie ;
- 1,1 ou plus : positif, immunité par infection ou vaccination.
Mayo précise que la valeur de l’index ne reflète pas la quantité d’anticorps : un index élevé ne signifie pas une meilleure protection. Chez une personne vaccinée, un résultat négatif peut traduire l’absence de réponse spécifique au vaccin ; le médecin décide alors de la suite.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est élevé pour l’usage principal : connaître l’immunité. Cette sérologie s’inscrit dans les recommandations vaccinales françaises.
Selon la note de cadrage publiée par la HAS en décembre 2025, le calendrier vaccinal de 2025 recommande la vaccination des adolescents de 12 à 18 ans et des femmes en âge de procréer, en particulier avec un projet de grossesse, sans antécédent clinique de varicelle ou avec un antécédent douteux. Un contrôle sérologique préalable « peut être pratiqué » : il est facultatif. La sérologie sert aussi pour les proches de personnes immunodéprimées et les patients en attente de greffe d’organe. Les vaccins, vivants atténués, sont contre-indiqués pendant la grossesse et en cas de déficit immunitaire sévère.
La politique vaccinale pourrait évoluer. Dans cette même note, la HAS a engagé l’évaluation d’une vaccination généralisée des nourrissons à partir de 12 mois, avec des recommandations prévues pour novembre 2026. Si elle était adoptée, la question des rattrapages chez les enfants de 2 à 12 ans sans antécédent serait aussi étudiée. La HAS rappelle que les vaccins sont autorisés à partir de 12 mois, ou 9 mois en situation d’épidémie, et que plusieurs pays utilisent deux doses : une première vers 12 à 15 mois, une seconde plus tard dans l’enfance.
Les analyses à associer
- Sérologie rubéole et sérologie toxoplasmose : le point sur l’immunité autour de la grossesse.
- Sérologie herpès simplex : un virus de la même famille.
- Sérologie cytomégalovirus : souvent associée dans les bilans avant greffe.
À retenir
- Le virus de la varicelle reste dans les nerfs et peut ressortir sous forme de zona.
- Des IgG anti-VZV positives traduisent une immunité, par infection ou vaccination.
- Les seuils dépendent de la technique ; chez Mayo, un index d’au moins 1,1 est positif.
- La sérologie avant vaccination d’un adolescent ou d’une jeune femme est facultative.
- Le vaccin est contre-indiqué pendant la grossesse.