Ce que mesure l’analyse
La toxoplasmose est due à un parasite, Toxoplasma gondii. On l’attrape surtout en mangeant de la viande crue ou peu cuite, des crudités mal lavées, ou au contact de la terre souillée par des déjections de chat. Chez l’adulte en bonne santé, l’infection passe le plus souvent inaperçue. Le parasite reste ensuite dans l’organisme, sous une forme dormante, et protège contre une nouvelle infection.
Le danger concerne surtout la grossesse. Une première infection pendant la grossesse peut atteindre le fœtus : c’est la toxoplasmose congénitale. La sérologie recherche les anticorps IgG et IgM contre le parasite, et parfois l’avidité des IgG pour dater l’infection.
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang classique. Selon la HAS (2017), la France impose la recherche des IgG et IgM au premier trimestre chez les femmes qui ne peuvent prouver leur immunité. Chez celles qui ne sont pas immunisées, le contrôle est mensuel jusqu’à la fin de la grossesse, avec un dernier contrôle deux à quatre semaines après l’accouchement.
Signalez une supplémentation en biotine à forte dose : Mayo Clinic Laboratories (États-Unis) demande d’attendre au moins 8 heures après la dernière prise pour sa technique.
Comment lire le résultat
Selon la HAS, la cinétique des anticorps guide la lecture. Les IgM apparaissent en général la semaine suivant l’infection, atteignent un pic vers un à deux mois, puis diminuent lentement ; elles restent le plus souvent détectables un an ou plus. Les IgG apparaissent deux à trois semaines après l’infection, culminent vers deux à trois mois, puis persistent à vie.
- IgG et IgM négatives : pas d’immunité ; surveillance mensuelle pendant la grossesse ;
- IgG positives, IgM négatives : infection ancienne, immunité ;
- IgM positives, IgG négatives : confirmation des IgM par une seconde technique, puis contrôle environ deux semaines plus tard ;
- IgG et IgM positives : test d’avidité et contrôle à deux ou trois semaines.
Les seuils dépendent de la trousse. À titre d’exemple, Mayo donne pour les IgG : négatif sous 1 UI/mL, zone limite de 1 à 3 UI/mL, positif à partir de 3 UI/mL. En zone limite, Mayo conseille un nouveau prélèvement deux à trois semaines plus tard pour rechercher une séroconversion.
L’avidité aide surtout à rassurer. Selon la HAS, une avidité élevée permet d’exclure une infection récente ; Mayo précise qu’elle indique une infection d’au moins quatre mois. Une avidité faible, en revanche, ne suffit pas à affirmer une infection récente.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est élevé : le dépistage et la surveillance de la toxoplasmose pendant la grossesse sont encadrés en France depuis longtemps. La HAS a actualisé en 2017 les règles du diagnostic biologique chez le sujet immunocompétent, dont la femme enceinte.
La protection naturelle recule. Selon la HAS, la proportion de femmes enceintes déjà immunisées en France est passée de 84 % en 1960 à 44 % en 2003, puis 37 % en 2010. Plus de femmes sont donc exposées à une première infection pendant la grossesse, ce qui justifie la surveillance mensuelle et les mesures de prévention alimentaire.
Chez la personne immunodéprimée, les anticorps peuvent manquer : Mayo signale des faux négatifs, et la recherche d’ADN du parasite par PCR est alors utilisée.
Les analyses à associer
- Sérologie rubéole, sérologie syphilis et sérologie cytomégalovirus : le bilan infectieux de la grossesse.
- hCG : pour confirmer et dater la grossesse.
À retenir
- La toxoplasmose est sans gravité chez l’adulte en bonne santé, mais dangereuse pour le fœtus.
- La sérologie est obligatoire en début de grossesse sans preuve d’immunité.
- Une femme enceinte non immunisée est surveillée chaque mois.
- Les IgM peuvent persister un an ou plus : elles ne datent pas seules l’infection.
- Une avidité élevée des IgG permet d’exclure une infection récente.