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SangInfections et sérologiesPreuve validée

Sérologie rubéole

Aussi appelée IgG anti-rubéole · IgM anti-rubéole · Immunité rubéole

Les repères

  • Sous le seuil de protection retenu par la plupart des progra moins de 10 UI/mL
  • Au-delà du seuil de protection retenu plus de 10 UI/mL

Source : OMS, manuel de surveillance biologique de la rougeole et de la rubéole, section 9.3 : seuil de protection abaissé de 15 à 10 UI/mL. Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

La sérologie rubéole vérifie si vous êtes protégée contre un virus dangereux pour le fœtus en début de grossesse. Elle repose surtout sur les IgG ; les IgM sont réservées aux situations de contact ou de symptômes.

Pourquoi on la demande

  • Vérifier l'immunité au premier examen prénatal, en l'absence de preuve écrite d'immunité ou de deux vaccinations documentées.
  • Recontrôler une femme enceinte sans immunité, une seule fois, à 20 semaines d'aménorrhée.
  • Explorer un contact avec la rubéole ou une éruption pendant la grossesse, avec la recherche des IgM.
  • Proposer la vaccination après l'accouchement à une femme non immunisée.

Ce qui peut la fausser

  • Techniques différentes : les valeurs en UI/mL ne se comparent pas d'une trousse à l'autre.
  • IgM après vaccination : elles peuvent persister plus de six mois, parfois plus d'un an.
  • IgM non spécifiques : réinfection ou stimulation du système immunitaire par un autre virus (herpès, parvovirus B19).
  • Prélèvement trop précoce après un contact : IgG encore sous le seuil ; un second prélèvement trois à quatre semaines plus tard est nécessaire.
  • Un taux très élevé d'IgG n'a pas de signification particulière.

Causes d’une valeur haute

  • Immunité après vaccination ou rubéole ancienne
  • Primo-infection récente (IgM positives et avidité faible)
  • Réinfection, le plus souvent sans symptôme

Causes d’une valeur basse

  • Pas d'immunité : contrôle pendant la grossesse et vaccination après l'accouchement

Prise de sangPremier examen prénatal ; contrôle à 20 semaines d'aménorrhée chez la femme non immunisée ; bilan d'un contact ou d'une éruption pendant la grossesse.

UI/mLPreuve validée4 sources

Ce que mesure l’analyse

Ce test recherche les anticorps contre le virus de la rubéole. Il indique si vous êtes protégée, ce qui compte surtout avant et pendant la grossesse, car une première infection précoce peut entraîner des malformations.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

La rubéole est une infection virale, souvent bénigne. Son danger concerne la grossesse : une première infection au début de la grossesse peut atteindre le fœtus et provoquer une rubéole congénitale, avec des malformations. Selon Eurofins Biomnis, le risque de malformation dépasse 80 % vers 12 semaines d’aménorrhée, baisse à environ 10 % vers 18 à 20 semaines, puis devient presque nul.

La sérologie recherche les IgG, qui signent une immunité, et parfois les IgM, qui peuvent évoquer une infection récente. L’avidité des IgG, c’est-à-dire la force avec laquelle elles s’accrochent au virus, aide à dater une infection.

Comment se passe le prélèvement

C’est une prise de sang classique, sans préparation. La HAS (2009) a fixé les règles pendant la grossesse :

  • une sérologie au premier examen prénatal, en l’absence de preuve écrite de l’immunité, sauf si deux vaccinations sont documentées ;
  • la recherche des seules IgG, sur un seul prélèvement ;
  • chez une femme non immunisée, une seule nouvelle sérologie, à 20 semaines d’aménorrhée ;
  • les IgM réservées à la démarche diagnostique, en cas de contact ou de signes.

Après un contact récent, Eurofins Biomnis rappelle qu’un premier prélèvement avec des IgG sous le seuil impose un second prélèvement trois à quatre semaines plus tard.

Comment lire le résultat

Les IgG s’expriment en UI/mL. Le manuel de l’OMS rappelle que le seuil de protection historique, 15 UI/mL, a été abaissé à 10 UI/mL par la plupart des programmes. Il souligne aussi que l’absence d’IgG détectables ne signifie pas toujours une absence de protection, et que les trousses ne sont pas parfaitement standardisées. Dans une comparaison de huit trousses commerciales qu’il cite, lire les résultats équivoques comme positifs ne faisait pas perdre de spécificité.

En pratique, chaque laboratoire rend sa propre zone équivoque. Vauloup-Fellous, du Centre national de référence (CNR) de la rubéole, insiste : les résultats obtenus avec des techniques différentes ne se comparent pas. Un résultat discordant peut être vérifié par une technique de confirmation, l’immunoblot.

Les IgM sont un piège classique. Selon Eurofins Biomnis, elles peuvent persister plus de six mois après une vaccination, parfois plus d’un an, apparaître lors d’une réinfection, ou résulter d’une stimulation par un autre virus, comme un herpèsvirus ou le parvovirus B19. Une avidité élevée exclut une infection datant de moins de trois mois environ. Enfin, un taux très élevé d’IgG n’a pas de signification particulière.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est élevé : la sérologie rubéole fait partie du suivi de grossesse encadré en France. La vaccination l’a rendue rare. La HAS (2009) rapportait une incidence de la rubéole pendant la grossesse d’environ 0,9 pour 100 000 naissances vivantes en 2006, et une rubéole congénitale malformative passée de 1,1 pour 100 000 en 1997 à zéro en 2006.

Chez une femme non immunisée, la HAS recommande la vaccination juste après l’accouchement, si possible avant la sortie de la maternité ; l’allaitement n’est pas une contre-indication. La vaccination est contre-indiquée pendant la grossesse, mais une vaccination faite par mégarde ne justifie ni diagnostic prénatal ni interruption de grossesse : le risque théorique maximal est estimé à 0,4 à 0,5 %. Les réinfections, souvent sans symptômes, n’entraînent que très rarement une atteinte du fœtus, selon Eurofins Biomnis.

Les analyses à associer

  • Sérologie toxoplasmose et sérologie syphilis : le premier examen prénatal.
  • Sérologie cytomégalovirus : désormais recommandée au premier trimestre.
  • hCG : pour dater la grossesse.

À retenir

  • La sérologie rubéole vise surtout à protéger le fœtus en début de grossesse.
  • La plupart des programmes retiennent un seuil de protection de 10 UI/mL.
  • Une femme non immunisée est recontrôlée une seule fois, à 20 semaines d’aménorrhée.
  • Des IgM positives ne prouvent pas une rubéole récente.
  • La vaccination se fait après l’accouchement, jamais pendant la grossesse.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Des IgG anti-rubéole au-delà de 10 UI/mL…

  2. 02Une femme enceinte non immunisée est-elle recontrôlée ?

  3. 03Faut-il une sérologie si deux vaccinations sont documentées ?

  4. 04Des IgM anti-rubéole positives prouvent-elles une rubéole récente ?

  5. 05Un taux très élevé d'IgG protège-t-il mieux ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 4

  1. 1HAS. Surveillance sérologique et prévention de la toxoplasmose et de la rubéole au cours de la grossesse : synthèse des recommandations, octobre 2009.
  2. 2OMS. Manual for the laboratory-based surveillance of measles, rubella, and congenital rubella syndrome, section 9.3 « Determination of rubella immunity » (TechNet-21).
  3. 3Eurofins Biomnis. Précis de biopathologie, analyses médicales spécialisées : Rubéole, 2015.
  4. 4Vauloup-Fellous C. Pièges diagnostiques des sérologies (CMV, rubéole, toxoplasmose), séminaire du DES de maladies infectieuses, octobre 2022, CNR des infections rubéoleuses materno-fœtales.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.