Ce que mesure l’analyse
La rubéole est une infection virale, souvent bénigne. Son danger concerne la grossesse : une première infection au début de la grossesse peut atteindre le fœtus et provoquer une rubéole congénitale, avec des malformations. Selon Eurofins Biomnis, le risque de malformation dépasse 80 % vers 12 semaines d’aménorrhée, baisse à environ 10 % vers 18 à 20 semaines, puis devient presque nul.
La sérologie recherche les IgG, qui signent une immunité, et parfois les IgM, qui peuvent évoquer une infection récente. L’avidité des IgG, c’est-à-dire la force avec laquelle elles s’accrochent au virus, aide à dater une infection.
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang classique, sans préparation. La HAS (2009) a fixé les règles pendant la grossesse :
- une sérologie au premier examen prénatal, en l’absence de preuve écrite de l’immunité, sauf si deux vaccinations sont documentées ;
- la recherche des seules IgG, sur un seul prélèvement ;
- chez une femme non immunisée, une seule nouvelle sérologie, à 20 semaines d’aménorrhée ;
- les IgM réservées à la démarche diagnostique, en cas de contact ou de signes.
Après un contact récent, Eurofins Biomnis rappelle qu’un premier prélèvement avec des IgG sous le seuil impose un second prélèvement trois à quatre semaines plus tard.
Comment lire le résultat
Les IgG s’expriment en UI/mL. Le manuel de l’OMS rappelle que le seuil de protection historique, 15 UI/mL, a été abaissé à 10 UI/mL par la plupart des programmes. Il souligne aussi que l’absence d’IgG détectables ne signifie pas toujours une absence de protection, et que les trousses ne sont pas parfaitement standardisées. Dans une comparaison de huit trousses commerciales qu’il cite, lire les résultats équivoques comme positifs ne faisait pas perdre de spécificité.
En pratique, chaque laboratoire rend sa propre zone équivoque. Vauloup-Fellous, du Centre national de référence (CNR) de la rubéole, insiste : les résultats obtenus avec des techniques différentes ne se comparent pas. Un résultat discordant peut être vérifié par une technique de confirmation, l’immunoblot.
Les IgM sont un piège classique. Selon Eurofins Biomnis, elles peuvent persister plus de six mois après une vaccination, parfois plus d’un an, apparaître lors d’une réinfection, ou résulter d’une stimulation par un autre virus, comme un herpèsvirus ou le parvovirus B19. Une avidité élevée exclut une infection datant de moins de trois mois environ. Enfin, un taux très élevé d’IgG n’a pas de signification particulière.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est élevé : la sérologie rubéole fait partie du suivi de grossesse encadré en France. La vaccination l’a rendue rare. La HAS (2009) rapportait une incidence de la rubéole pendant la grossesse d’environ 0,9 pour 100 000 naissances vivantes en 2006, et une rubéole congénitale malformative passée de 1,1 pour 100 000 en 1997 à zéro en 2006.
Chez une femme non immunisée, la HAS recommande la vaccination juste après l’accouchement, si possible avant la sortie de la maternité ; l’allaitement n’est pas une contre-indication. La vaccination est contre-indiquée pendant la grossesse, mais une vaccination faite par mégarde ne justifie ni diagnostic prénatal ni interruption de grossesse : le risque théorique maximal est estimé à 0,4 à 0,5 %. Les réinfections, souvent sans symptômes, n’entraînent que très rarement une atteinte du fœtus, selon Eurofins Biomnis.
Les analyses à associer
- Sérologie toxoplasmose et sérologie syphilis : le premier examen prénatal.
- Sérologie cytomégalovirus : désormais recommandée au premier trimestre.
- hCG : pour dater la grossesse.
À retenir
- La sérologie rubéole vise surtout à protéger le fœtus en début de grossesse.
- La plupart des programmes retiennent un seuil de protection de 10 UI/mL.
- Une femme non immunisée est recontrôlée une seule fois, à 20 semaines d’aménorrhée.
- Des IgM positives ne prouvent pas une rubéole récente.
- La vaccination se fait après l’accouchement, jamais pendant la grossesse.