Ce que mesure l’analyse
Les virus herpès simplex (HSV) sont de deux types. Le HSV-1 donne surtout l’herpès labial, le « bouton de fièvre », mais peut aussi toucher les organes génitaux. Le HSV-2 donne surtout l’herpès génital. Après la première infection, le virus reste dans l’organisme à vie, dans les nerfs, et peut se réactiver.
La sérologie recherche les IgG produites contre ces virus. Selon le CDC (2021), les anticorps apparaissent dans les premières semaines et persistent indéfiniment. Les tests utiles sont dits spécifiques de type : ils visent une protéine propre à chaque virus, la glycoprotéine G1 pour le HSV-1 et G2 pour le HSV-2. Les autres tests ne distinguent pas les deux virus.
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang classique, sans préparation. Le délai compte. Le CDC indique une sensibilité de 80 à 98 % pour les tests HSV-2, avec plus de faux négatifs au début de l’infection ; en cas d’exposition récente, il conseille de refaire le test 12 semaines après l’exposition supposée. Quest Diagnostics précise que le test peut détecter les IgG dès trois semaines après les premiers symptômes, mais que certaines personnes ne se positivent qu’au bout de six mois ou plus.
Devant une lésion, la sérologie n’est pas le bon outil : le diagnostic repose sur la recherche du virus dans la lésion.
Comment lire le résultat
Le résultat s’exprime par un index, un rapport entre le signal mesuré et un seuil. Le piège principal concerne les résultats faibles. Le CDC rapporte que le test le plus utilisé, HerpeSelect HSV-2, est souvent faussement positif pour un index de 1,1 à 3,0. Une étude citée par le CDC trouvait une spécificité de seulement 39,8 % pour un index de 1,1 à 2,9. Le CDC demande donc une confirmation par une seconde méthode avant toute conclusion. Quest Diagnostics, de son côté, confirme automatiquement les résultats HSV-2 positifs dont l’index va de 1,10 à 6,00.
- HSV-2 positif : le CDC le considère comme le signe d’une infection anogénitale, presque toujours acquise par voie sexuelle ;
- HSV-1 positif : plus difficile à interpréter, car l’infection est souvent orale et acquise dans l’enfance ;
- IgM : non spécifiques du type et parfois positives lors des récurrences ; le CDC ne recommande pas de les rechercher.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est intermédiaire : la sérologie spécifique de type est utile dans des situations précises, mais pas en dépistage. Le CDC la juge utile en cas de symptômes génitaux récidivants ou atypiques avec une recherche virale négative, d’herpès diagnostiqué à l’examen sans confirmation, ou de partenaire atteint. Il ne recommande pas le dépistage du HSV-2 dans la population générale. L’USPSTF a réaffirmé en 2023 sa recommandation contre le dépistage sérologique systématique chez les adolescents et les adultes sans symptômes, femmes enceintes comprises, estimant que les inconvénients l’emportent sur les bénéfices.
Le sport de combat est un cas particulier. Belongia et ses collègues (NEJM, 1991) ont décrit une épidémie d’herpès cutané à HSV-1 dans un stage de lutte : 60 lutteurs sur 175 ont été infectés, avec des lésions sur la tête dans 73 % des cas. Anderson (Med Sci Sports Exerc, 2003) a estimé à 32,7 % la probabilité de transmission aux partenaires d’entraînement, avec un délai de 4 à 11 jours entre l’exposition et les lésions.
Les analyses à associer
- Sérologie syphilis et sérologie VIH : le bilan d’infections sexuellement transmissibles.
- Sérologie varicelle-zona : un virus de la même famille.
À retenir
- Seuls les tests spécifiques de type distinguent HSV-1 et HSV-2.
- Un index HSV-2 entre 1,1 et 3,0 est souvent faussement positif : il doit être confirmé.
- La recherche des IgM n’est pas recommandée.
- Le dépistage systématique sans symptôme n’est pas recommandé.
- Devant une lésion, on recherche le virus dans la lésion plutôt que les anticorps.