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SangLipides et risque cardiovasculairePreuve émergente

Rapport triglycérides sur HDL

Aussi appelée TG/HDL · Rapport TG/HDL-c · Ratio triglycérides/HDL · Indice TG/HDL

Les repères

  • Sous le seuil de McLaughlin (adulte en surpoids, calcul en g moins de 3 rapport sans unité (triglycéri
  • Au-dessus : insulinorésistance plus probable plus de 3 rapport sans unité (triglycéri

Source : McLaughlin T et al., Annals of Internal Medicine 2003 (seuil de 3,0 en unités traditionnelles). Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

Le rapport triglycérides sur HDL se calcule à partir d'un simple bilan lipidique. Il sert de repère indirect d'insulinorésistance chez l'adulte en surpoids, à condition de respecter l'unité de calcul et ses limites.

Pourquoi on la demande

  • Repérer simplement une insulinorésistance probable chez un adulte en surpoids, à partir d'un bilan lipidique courant
  • Mettre en évidence la dyslipidémie athérogène (triglycérides hauts, HDL bas), fréquente dans le diabète, l'obésité et le syndrome métabolique
  • Lire autrement un bilan lipidique dont le LDL cholestérol paraît normal
  • Suivre l'évolution du profil métabolique après une perte de poids ou une reprise d'activité physique

Ce qui peut la fausser

  • Unités : calculé en g/L (ou en mg/dL), le rapport est plus élevé qu'en mmol/L pour un même profil ; vérifiez l'unité avant de comparer à un seuil
  • Repas récent et alcool : les triglycérides montent après un repas, alors que le HDL ne varie pratiquement pas
  • Variations d'un jour à l'autre des triglycérides : près d'un seuil, deux ou trois prélèvements espacés d'au moins une semaine sont plus fiables
  • Origine : le rapport ne repère pas l'insulinorésistance chez les personnes afro-américaines
  • Médicaments modifiant les triglycérides ou le HDL : fibrates, oméga-3 sur prescription, œstrogènes oraux, corticoïdes, rétinoïdes
  • Maladie aiguë récente, chirurgie ou grossesse : à éviter pour un bilan de référence selon les experts EAS/EFLM

Causes d’une valeur haute

  • Surpoids, obésité abdominale, sédentarité
  • Insulinorésistance, prédiabète, diabète de type 2
  • Consommation d'alcool, alimentation riche en sucres simples
  • Tabagisme, qui fait baisser le HDL
  • Hyperlipidémie familiale combinée ou autre hypertriglycéridémie d'origine génétique
  • Syndrome néphrotique, insuffisance rénale chronique, certains médicaments (corticoïdes, rétinoïdes, antipsychotiques)

Causes d’une valeur basse

  • Activité physique régulière, qui fait baisser les triglycérides et peut augmenter le HDL
  • Poids stable sans excès de graisse abdominale

Prise de sangCalculé à partir du bilan lipidique standard (exploration d'une anomalie lipidique, EAL) ; certains comptes rendus l'affichent, sinon il se calcule en divisant les triglycérides par le HDL

rapport sans unité (triglycériPreuve émergente6 sources

Profil sportif

L'activité physique fait partie des mesures recommandées pour baisser les triglycérides et augmenter le HDL, si bien que le rapport tend à être bas chez les personnes actives. Un repas de récupération copieux ou de l'alcool la veille peuvent toutefois faire monter les triglycérides et fausser le calcul. Un rapport bas ne résume pas tout le risque cardiovasculaire : le LDL cholestérol et la lipoprotéine (a) comptent aussi.

Ce que mesure l’analyse

Ce calcul divise le taux de triglycérides par celui du HDL cholestérol, deux valeurs du bilan lipidique. Un rapport élevé traduit le duo triglycérides hauts et HDL bas, typique d'une mauvaise action de l'insuline, sans en apporter la preuve.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

Le rapport triglycérides sur HDL n’est pas un dosage à part entière : c’est un calcul. On divise le taux de triglycérides par celui du HDL cholestérol, deux valeurs du bilan lipidique standard. Les triglycérides sont des graisses de réserve, transportées surtout par les VLDL fabriquées par le foie. Le HDL cholestérol est le cholestérol transporté par les lipoprotéines de haute densité.

Quand l’insuline agit mal sur les tissus, on parle d’insulinorésistance. Le foie reçoit alors davantage d’acides gras et libère plus de VLDL riches en triglycérides. Par un jeu d’échanges entre lipoprotéines, les HDL perdent du cholestérol et deviennent plus petites. Résultat typique : des triglycérides hauts et un HDL bas. Les experts européens de l’EAS et de l’EFLM décrivent cette dyslipidémie athérogène dans l’insulinorésistance et le syndrome métabolique. Le rapport résume ce déséquilibre en un seul chiffre.

Comment se passe le prélèvement

Il suffit d’un bilan lipidique sur prise de sang veineuse. Les triglycérides augmentent après un repas, alors que le HDL ne bouge pratiquement pas. Le seuil le plus cité a été établi sur des prélèvements à jeun : faites donc le prélèvement à jeun si vous voulez comparer votre résultat à ce seuil, et gardez les mêmes conditions d’une fois sur l’autre. Les triglycérides varient aussi beaucoup d’un jour à l’autre. Près d’un seuil, le consensus EAS/EFLM conseille deux ou trois prélèvements espacés d’au moins une semaine.

Comment lire le résultat

Attention à l’unité. En France, les triglycérides et le HDL figurent en g/L et souvent aussi en mmol/L. Calculé en g/L, le rapport est identique à celui des unités américaines en mg/dL. Calculé en mmol/L, il est plus bas pour un même profil.

Le repère le plus utilisé vient d’une étude de l’université Stanford publiée dans les Annals of Internal Medicine, menée chez 258 adultes en surpoids et non diabétiques. Un rapport de 3,0 ou plus, en unités traditionnelles (donc en g/L), identifiait au mieux les personnes insulinorésistantes, avec une sensibilité de 64 % et une spécificité de 68 %. Autrement dit, environ un tiers des personnes insulinorésistantes restaient sous le seuil, et environ un tiers des personnes non résistantes le dépassaient.

Avec les facteurs de conversion usuels, repris par EAS/EFLM (38,6 pour le cholestérol et 88,5 pour les triglycérides), un rapport de 3,0 en g/L correspond à environ 1,3 en mmol/L. Le résumé de l’étude indique pourtant 1,8 en unités internationales : la conversion arithmétique ne retrouve pas ce chiffre. Avant toute comparaison, vérifiez l’unité de votre calcul.

Ce seuil a été établi chez des adultes en surpoids. Il ne se transpose pas tel quel à une personne mince, à un enfant ou à une personne diabétique traitée.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est émergent. Le rapport est simple et ne coûte rien de plus qu’un bilan lipidique, mais il ne sert pas de critère de décision dans les recommandations françaises et européennes sur les dyslipidémies. Sa performance reste modeste : dans l’étude de référence, elle était proche de celle des triglycérides seuls, avec un seuil de 1,47 mmol/L (1,30 g/L).

Surtout, il ne vaut pas pour tout le monde. Chez 98 Afro-Américains en surpoids, une étude publiée dans les Archives of Internal Medicine n’a trouvé aucune capacité réelle de ce rapport à repérer l’insulinorésistance : la discrimination était proche du hasard, et les critères lipidiques ne repéraient que 17 % des personnes insulinorésistantes. Les auteurs concluent qu’il n’est pas un marqueur fiable dans cette population.

Le rapport reste une mesure indirecte. Les méthodes de référence de l’insulinorésistance, comme le clamp ou le test de suppression de l’insuline utilisé dans l’étude de Stanford, sont réservées à la recherche. En pratique, le rapport se lit avec la glycémie, l’insuline à jeun et le tour de taille.

Les analyses à associer

Les triglycérides et le HDL cholestérol sont les deux composantes du calcul : regardez-les séparément, car un même rapport peut venir de triglycérides hauts ou d’un HDL très bas. L’indice HOMA-IR, calculé à partir de la glycémie et de l’insuline à jeun, estime plus directement l’insulinorésistance. L’hémoglobine glyquée renseigne sur la glycémie moyenne des derniers mois.

À retenir

  • Le rapport triglycérides sur HDL se calcule à partir du bilan lipidique ;
  • Le seuil de 3,0 s’applique à un calcul en g/L (ou en mg/dL), chez l’adulte en surpoids ;
  • En mmol/L, le même profil donne un chiffre plus bas ;
  • C’est un marqueur indirect et modeste, peu fiable chez les personnes afro-américaines ;
  • Il ne remplace ni le LDL cholestérol ni l’évaluation globale du risque.

Testez-vous

4 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Votre rapport triglycérides sur HDL, calculé en g/L, dépasse 3,0. Cela signifie…

  2. 02Ce seuil de 3,0 s'applique-t-il à un calcul en mmol/L ?

  3. 03Le rapport triglycérides sur HDL est-il fiable chez tout le monde ?

  4. 04Un repas copieux la veille peut-il modifier le rapport ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 6

  1. 1McLaughlin T, Abbasi F, Cheal K, et al. Use of metabolic markers to identify overweight individuals who are insulin resistant. Ann Intern Med 2003;139:802-809
  2. 2Sumner AE, Finley KB, Genovese DJ, et al. Fasting triglyceride and the triglyceride-HDL cholesterol ratio are not markers of insulin resistance in African Americans. Arch Intern Med 2005;165:1395-1400
  3. 3Nordestgaard BG, Langlois MR, Langsted A, et al. Quantifying atherogenic lipoproteins for lipid-lowering strategies: consensus-based recommendations from EAS and EFLM. Atherosclerosis 2020;294:46-61
  4. 4Nordestgaard BG, Langsted A, Mora S, et al. Fasting is not routinely required for determination of a lipid profile: a joint consensus statement from EAS and EFLM. Eur Heart J 2016;37:1944-1958

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.