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SangLipides et risque cardiovasculairePreuve courante

Apolipoprotéine E génotype

Aussi appelée ApoE · Génotypage APOE · Génotype de l'apolipoprotéine E · Allèles ε2, ε3, ε4

Le génotypage de l'apolipoprotéine E identifie les deux formes du gène APOE héritées de vos parents. Il aide à confirmer une maladie rare des lipides et conditionne désormais certains traitements de la maladie d'Alzheimer, mais il ne prédit pas un destin individuel.

Pourquoi on la demande

  • Confirmer une dysbêtalipoprotéinémie familiale (hyperlipoprotéinémie de type III) quand le bilan lipidique la suggère
  • Explorer une hyperlipidémie mixte avec xanthomes, ces dépôts de cholestérol dans la peau ou les tendons, ou une maladie cardiovasculaire précoce
  • Avant un traitement anti-amyloïde de la maladie d'Alzheimer : en Europe, le lécanémab est exclu chez les personnes porteuses de deux allèles ε4
  • Dans une consultation spécialisée de la mémoire ou de génétique, avec un conseil génétique, et non comme test de prédiction chez une personne sans symptôme

Ce qui peut la fausser

  • Le génotype ne varie pas : ni le jeûne, ni l'heure, ni l'effort, ni l'alimentation ne le modifient
  • Greffe de moelle osseuse d'un donneur : l'ADN des globules blancs peut être celui du donneur
  • Méthode : le génotypage ε2/ε3/ε4 standard ne détecte pas les mutations rares de l'APOE responsables de formes dominantes de dysbêtalipoprotéinémie
  • Le génotype ne fait pas le diagnostic à lui seul : la plupart des personnes ε2/ε2 n'ont pas de dysbêtalipoprotéinémie
  • Tests génétiques vendus en ligne : interdits en France hors cadre médical, sans garantie de qualité ni accompagnement

Causes d’une valeur haute

  • Allèle ε4 (ε3/ε4, ε4/ε4) : LDL cholestérol en moyenne plus élevé et risque nettement accru de maladie d'Alzheimer
  • Génotype ε2/ε2 associé à un facteur aggravant (obésité, insulinorésistance) : accumulation de remnants et dysbêtalipoprotéinémie
  • Mutations rares et dominantes du gène APOE, en dehors des trois allèles courants

Causes d’une valeur basse

  • Allèle ε2 (ε2/ε3) : LDL cholestérol en moyenne plus bas et risque coronarien plus faible que ε3/ε3

Prise de sangGénotypage de l'apoE sur prescription médicale, avec consentement écrit (par exemple Eurofins Biomnis, contexte dyslipidémie ou maladie neurodégénérative)

génotype (combinaison de deuxPreuve courante10 sources

Profil sportif

Le génotype ne change ni avec l'entraînement, ni avec le régime, ni avec la déshydratation : il se teste une fois dans la vie. Chez un sportif porteur ε2/ε2, une hausse simultanée du cholestérol et des triglycérides mérite un bilan, même avec une bonne hygiène de vie.

Ce que mesure l’analyse

Ce test génétique lit les deux versions du gène de l'apolipoprotéine E, une protéine qui aide le foie à éliminer certaines lipoprotéines. Selon la combinaison, le cholestérol et le risque de maladie d'Alzheimer varient en moyenne, sans certitude pour une personne donnée.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

L’apolipoprotéine E (ApoE) est une protéine portée par plusieurs lipoprotéines, notamment les restes de VLDL et de chylomicrons, appelés remnants. Elle sert de clé : elle permet au foie de reconnaître ces particules et de les retirer du sang grâce à ses récepteurs, dont le récepteur des LDL.

Le gène APOE existe sous trois formes courantes, appelées allèles : ε2, ε3 et ε4. Chacun reçoit un allèle de chaque parent, d’où six génotypes possibles : ε2/ε2, ε2/ε3, ε2/ε4, ε3/ε3, ε3/ε4 et ε4/ε4. L’analyse lit ces deux allèles dans l’ADN des globules blancs. La forme ε2 se fixe mal au récepteur des LDL : chez les personnes ε2/ε2, les remnants peuvent s’accumuler dans le sang.

Comment se passe le prélèvement

Une prise de sang suffit, sur le tube demandé par le laboratoire pour l’extraction de l’ADN (souvent un tube EDTA), sans jeûne. Le génotype ne varie ni avec les repas, ni avec l’heure, ni avec l’entraînement : il se teste une fois dans la vie.

En France, l’examen des caractéristiques génétiques d’une personne n’est autorisé qu’à des fins médicales ou de recherche scientifique, sur prescription, après information et consentement écrit. Chez Eurofins Biomnis, par exemple, le formulaire de consentement fait préciser le contexte : dyslipidémie ou maladie neurodégénérative. Solliciter un test génétique en dehors de ce cadre, par exemple sur un site étranger, expose à une amende de 3 750 euros (article 226-28-1 du Code pénal). Le Conseil économique, social et environnemental a proposé de faire évoluer la loi pour les tests généalogiques.

Comment lire le résultat

Le compte rendu donne un génotype, pas un chiffre. Une grande méta-analyse publiée dans JAMA montre une relation presque linéaire entre génotype et LDL cholestérol : en allant de ε2/ε2 vers ε4/ε4, le LDL monte. Les personnes ε2/ε2 ont en moyenne un LDL inférieur d’environ 31 % à celui des personnes ε4/ε4. Par rapport aux personnes ε3/ε3, les porteurs de ε2 ont un risque coronarien inférieur d’environ 20 %, et les porteurs de ε4 un risque à peine plus élevé.

Le génotype ε2/ε2 demande de la nuance. La plupart des personnes ε2/ε2 n’ont aucune maladie. Selon une revue publiée dans Current Opinion in Endocrinology, Diabetes and Obesity, environ 15 % d’entre elles développent une dysbêtalipoprotéinémie familiale, souvent sous l’effet d’un facteur aggravant comme l’obésité ou l’insulinorésistance. Cette maladie associe cholestérol et triglycérides élevés, parfois des xanthomes, et un risque cardiovasculaire précoce. Environ 10 % des cas sont dus à des mutations dominantes rares de l’APOE, que le génotypage standard ne détecte pas.

Point pratique : le consensus français des sociétés savantes (SFE, SFD, NSFA et SFC) indique qu’un rapport cholestérol total sur apolipoprotéine B supérieur à 2,6, en g/L, oriente vers une dysbêtalipoprotéinémie avec une très bonne sensibilité et spécificité, sans test génétique nécessaire. Le génotype peut alors servir de confirmation.

Ce que dit la science

Pour les lipides, le niveau de preuve est courant : l’apport du génotype dans la dysbêtalipoprotéinémie est établi, mais il n’est plus indispensable au diagnostic. Pour la maladie d’Alzheimer, l’allèle ε4 est un facteur de risque génétique majeur. Dans une méta-analyse publiée dans JAMA, portant sur près de 6 000 malades, le risque était multiplié par environ 3 chez les personnes ε3/ε4 et par environ 15 chez les personnes ε4/ε4, dans les populations d’origine européenne suivies en consultation. L’effet variait selon l’origine, l’âge et le sexe, et diminuait après 70 ans.

Ces chiffres décrivent des groupes, pas un destin individuel. Les sociétés américaines de génétique médicale (ACMG et NSGC) soulignent l’utilité limitée de ce test pour prédire la maladie et insistent sur le conseil génétique avant tout examen.

Une nouvelle indication est apparue avec les traitements anti-amyloïdes. Les personnes ε4/ε4 traitées par lécanémab ont davantage d’anomalies cérébrales visibles à l’IRM, comme un œdème ou des microsaignements, regroupées sous le nom d’ARIA. L’Agence européenne du médicament a donc exclu les personnes ε4/ε4 de l’indication, et le génotype doit être connu avant le traitement, dans un parcours spécialisé.

Les analyses à associer

Le cholestérol total et l’apolipoprotéine B permettent de calculer le rapport qui oriente vers une dysbêtalipoprotéinémie. Les triglycérides et le remnant cholestérol montrent l’accumulation des restes de lipoprotéines, cœur de cette maladie.

À retenir

  • Le génotype ApoE se teste une fois dans la vie, sur prescription et avec consentement ;
  • ε2/ε2 ne suffit pas au diagnostic de dysbêtalipoprotéinémie : le bilan lipidique reste indispensable ;
  • ε4 est associé à un LDL un peu plus élevé et à un risque accru de maladie d’Alzheimer, sans valeur de prédiction individuelle ;
  • Le génotype conditionne désormais l’accès à certains traitements anti-amyloïdes ;
  • Les tests génétiques en ligne hors cadre médical sont interdits en France.

Testez-vous

4 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Être ε2/ε2, est-ce avoir une dysbêtalipoprotéinémie ?

  2. 02Peut-on légalement commander un test ApoE en ligne depuis la France ?

  3. 03L'allèle ε4 est surtout associé à…

  4. 04Le génotype ApoE peut-il changer avec le régime ou le sport ?

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Envoyez-lui cette fiche : ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 10

  1. 1Koopal C, Marais AD, Visseren FL. Familial dysbetalipoproteinemia: an underdiagnosed lipid disorder. Curr Opin Endocrinol Diabetes Obes 2017;24:133-139
  2. 2Bennet AM, Di Angelantonio E, Ye Z, et al. Association of apolipoprotein E genotypes with lipid levels and coronary risk. JAMA 2007;298:1300-1311
  3. 3Farrer LA, Cupples LA, Haines JL, et al. Effects of age, sex, and ethnicity on the association between apolipoprotein E genotype and Alzheimer disease. A meta-analysis. JAMA 1997;278:1349-1356
  4. 4Goldman JS, Hahn SE, Catania JW, et al. Genetic counseling and testing for Alzheimer disease: joint practice guidelines of the ACMG and the NSGC. Genet Med 2011;13:597-605

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.