On sait que le surpoids pèse sur la santé à long terme. Mais à quel moment l’horloge commence-t-elle vraiment à s’emballer ? Une étude finlandaise suggère que tout pourrait se jouer beaucoup plus tôt qu’on ne l’imagine.
En suivant des participants depuis l’enfance jusqu’au milieu de leur vie d’adulte, des chercheurs ont découvert qu’un poids élevé à l’adolescence était lié à un vieillissement biologique plus rapide des décennies plus tard. Et grâce à une méthode particulière, ils ont pu aller plus loin qu’une simple association.
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Âge réel, âge biologique : deux horloges différentes
Votre âge sur votre carte d’identité ne dit pas tout. Le corps vieillit plus ou moins vite selon les personnes. Les chercheurs parlent d’âge biologique pour désigner l’état réel de l’organisme. Un vieillissement biologique accéléré est associé à un risque plus élevé de maladies chroniques et de mort prématurée.
Pour le mesurer, les scientifiques utilisent des « horloges épigénétiques ». Elles reposent sur de petites marques chimiques qui se déposent sur l’ADN avec le temps, appelées méthylation. Certaines de ces horloges estiment même la vitesse à laquelle une personne vieillit en ce moment.
Des participants suivis pendant environ 40 ans
L’équipe de l’université de Jyväskylä, en Finlande, a utilisé les données d’une grande étude nationale sur le risque cardiovasculaire chez les jeunes. Au total, 3 596 participants avaient entre 3 et 18 ans au début du suivi, et ont été suivis pendant environ 40 ans.
Les chercheurs disposaient de plusieurs types d’informations :
- L’indice de masse corporelle (IMC), qui rapporte le poids à la taille, mesuré à 9, 12, 15 et 18 ans ;
- L’âge biologique, estimé chez 2 045 participants à partir de prises de sang réalisées à trois moments, entre 15 et 56 ans ;
- Un score génétique résumant l’effet de 941 variations de l’ADN associées à l’IMC.
Un IMC élevé à l’adolescence, un vieillissement plus rapide
Les résultats, publiés dans l’International Journal of Obesity1, montrent que les personnes génétiquement prédisposées à un IMC élevé vieillissaient plus vite biologiquement, de la fin de l’adolescence jusqu’au milieu de l’âge adulte.
« Une partie de ce lien pourrait s’expliquer par le fait que cette prédisposition héritée se traduit par un IMC plus élevé à l’adolescence », explique Anni Pitkänen, doctorante et première auteure. Autrement dit, les gènes ne jouent pas seuls : ils passent en partie par le poids pris pendant l’adolescence.
Un lien probablement causal
Pour aller plus loin, les chercheurs ont utilisé une méthode appelée randomisation mendélienne. Le principe : se servir des variations génétiques, attribuées au hasard à la naissance, pour tester si un facteur provoque réellement un effet, et pas seulement s’il y est associé. Une sorte d’essai clinique offert par la nature.
Les résultats vont dans le sens d’un effet causal : un IMC plus élevé à l’adolescence semble accélérer le vieillissement biologique à l’âge adulte. Le lien était le plus net avec l’horloge qui mesure la vitesse du vieillissement.
Avez-vous bien compris l’étude ?
3 questionsQuestion 1 sur 3
Quel indicateur les chercheurs ont-ils utilisé pour estimer le vieillissement biologique ?
Bonne réponse : B. Les chercheurs ont utilisé des horloges épigénétiques fondées sur la méthylation de l’ADN.
Question 2 sur 3
À quoi sert la randomisation mendélienne dans cette étude ?
Bonne réponse : B. Cette méthode exploite des variations génétiques pour examiner un éventuel effet causal, sans éliminer toutes les hypothèses et limites.
Question 3 sur 3
Quel résultat est le plus cohérent avec les conclusions des chercheurs ?
Bonne réponse : B. L’association était plus cohérente avec DunedinPACE qu’avec PC-GrimAge et ne permet pas d’attribuer le vieillissement au seul poids.
Pourquoi c’est important
Mesurer le vieillissement biologique pourrait permettre de repérer les risques liés au surpoids avant qu’ils ne se traduisent par des maladies visibles lors d’un examen médical. « Les adolescents qui ont à la fois une prédisposition génétique à un IMC élevé et un IMC élevé pourraient connaître un vieillissement biologique accéléré », souligne Anni Pitkänen. Avec, à la clé, un risque accru de maladies liées à l’obésité et de décès prématuré.
Les chercheurs restent prudents : une partie de ce lien pourrait refléter le poids à l’âge adulte, puisqu’un IMC élevé à l’adolescence se prolonge souvent par la suite. Mais leur message est clair : la prévention du surpoids ne commence pas à 40 ans. L’adolescence apparaît comme une période décisive, où le poids pourrait déjà régler la vitesse à laquelle le corps vieillira.
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Sources éditoriales et fact-checking1 source vérifiée1 étude







