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Étude · Maladies et pathologies

Sieste et démence : ce type de sieste serait un signal d’alerte après 65 ans

Par · JournalistePublié le
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sieste et demence ce type de sieste serait un signal alerte apres 65 ans
Crédit photo © Docteur-Fitness.com
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La sieste a bonne réputation. Elle repose, elle recharge les batteries, et beaucoup de seniors en ont fait un rituel quotidien. Mais derrière cette habitude anodine pourrait se cacher un signal que le cerveau envoie discrètement.

Une étude américaine qui a suivi près de 1 000 personnes de plus de 65 ans pendant une dizaine d’années montre que certaines façons de faire la sieste sont associées à un risque plus élevé de démence. Pas toutes, loin de là. Et le résultat le plus surprenant concerne la durée.

Le chiffre48 %
De hausse relative du hazard de démence associé aux siestes fréquentes, par rapport à l’absence de sieste, après ajustement statistique.Source : Jiang et al., The Journals of Gerontology: Series A

Près de 1 000 seniors suivis pendant dix ans

Les chercheurs de l’école de santé publique Johns Hopkins, aux États-Unis, ont utilisé les données d’une grande enquête nationale sur la santé et le vieillissement. Ils ont retenu 995 personnes âgées de 65 ans et plus, toutes sans démence au début de l’étude.

Au départ, chaque participant a décrit ses habitudes de sieste selon trois critères :

  • La fréquence : pas de sieste, des siestes occasionnelles ou fréquentes ;
  • L’intention : des siestes voulues ou des endormissements involontaires ;
  • La durée : 30 minutes ou moins, ou plus de 30 minutes.

Les chercheurs ont ensuite suivi les participants jusqu’à dix ans pour voir qui développait une démence possible ou probable.

Les siestes qui posent question

Les résultats, publiés dans The Journals of Gerontology, Series A1, tiennent compte de nombreux facteurs, dont la durée du sommeil nocturne, la somnolence dans la journée et le risque d’apnée du sommeil. Par rapport aux personnes qui ne faisaient pas la sieste :

  • Les personnes qui faisaient fréquemment la sieste avaient un risque de démence 48 % plus élevé ;
  • Celles qui s’endormaient sans le vouloir avaient un risque 39 % plus élevé ;
  • Celles qui faisaient des siestes de 30 minutes ou moins avaient un risque 40 % plus élevé.

Et les autres ?

En revanche, aucun lien n’a été trouvé pour les siestes occasionnelles ni pour les siestes volontaires. Autrement dit, la personne qui choisit de s’allonger de temps en temps après le déjeuner ne semble pas concernée.

Le paradoxe des siestes courtes

C’est le résultat le plus inattendu. On conseille souvent les siestes courtes, réputées plus réparatrices. Pourtant, ici, ce sont les siestes de 30 minutes ou moins qui étaient associées à un risque plus élevé.

Les siestes de plus de 30 minutes montraient aussi un lien au départ, mais celui-ci n’était plus assez net une fois pris en compte la qualité du sommeil nocturne, la somnolence et le risque d’apnée. L’étude ne permet pas d’expliquer ce paradoxe : les chercheurs appellent à des travaux plus détaillés sur les caractéristiques des siestes.

Cause ou symptôme ?

C’est la grande question. Les chercheurs pensent que la relation fonctionne probablement dans les deux sens. La sieste pourrait être un facteur de risque. Mais la démence, dès ses débuts, peut aussi abîmer les zones du cerveau qui régulent l’éveil et la vigilance, ce qui pousserait à somnoler davantage dans la journée.

« Des siestes plus fréquentes pourraient être un indicateur de changements cérébraux, plutôt qu’une cause de changements cérébraux menant à la démence », souligne Adam Spira, professeur à l’école Johns Hopkins et auteur principal.

L’étude a aussi ses limites : elle repose sur des habitudes déclarées par les participants une seule fois, au début du suivi. Elle montre une association, sans prouver de lien de cause à effet.

Vrai ou faux ?

Faire une sieste de 30 minutes ou moins provoque la démence.

C’est faux.

L’étude observe une association statistique, pas une relation de cause à effet. Elle ne démontre pas que les siestes courtes provoquent la démence.

Ce qu’il faut retenir

Pas question de culpabiliser les amateurs de sieste. Mais pour les chercheurs, surveiller ses habitudes peut être utile. « Le suivi des siestes pourrait constituer un indicateur précoce et accessible permettant d’identifier les personnes âgées présentant un risque accru de démence », estime Kening Jiang, première auteure.

Concrètement, ce n’est pas la sieste choisie qui interroge, mais celle qui s’impose : un senior qui se met soudain à piquer du nez plusieurs fois par jour sans le vouloir mérite sans doute d’en parler à son médecin. Pas pour s’alarmer, mais parce que ce changement pourrait être l’un des premiers signes que quelque chose évolue dans le cerveau.

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