Aller au contenu

SangGlycémie et insulinePreuve courante

Proinsuline

Aussi appelée Proinsulinémie · Précurseur de l'insuline

Les repères

  • Sous le seuil sensible de 5 pmol/L moins de 5 pmol/L (pendant une hypoglycém
  • Intervalle de référence à jeun (Mayo, ECLIA) 3,6 à 22 pmol/L
  • Seuil sensible (> 95 %) mais peu spécifique (≈ 40 %) 5 à 22 pmol/L (pendant une hypoglycém
  • Au-dessus de l'intervalle de référence plus de 22 pmol/L
  • Seuil très spécifique (≈ 100 %), sensibilité ≈ 75 % plus de 22 pmol/L (pendant une hypoglycém

Source : Mayo Clinic Laboratories, test PINS (ECLIA), plasma EDTA, pmol/L. Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

La proinsuline est la forme de départ de l'insuline, fabriquée par le pancréas. Son dosage sert surtout à explorer une hypoglycémie, avec d'autres marqueurs prélevés au même moment.

Pourquoi on la demande

  • Explorer une hypoglycémie documentée chez une personne non diabétique, avec la glycémie, l'insuline, le peptide C et le bêta-hydroxybutyrate prélevés pendant l'épisode.
  • Rechercher un insulinome, une tumeur rare du pancréas qui sécrète de l'insuline, notamment pendant une épreuve de jeûne.
  • Rechercher un déficit en proconvertase 1/3, une maladie génétique rare.

Ce qui peut la fausser

  • Jeûne : huit heures exigées par Mayo ; six heures au plus chez l'enfant de moins de deux ans.
  • Conservation : tube EDTA refroidi, sang sur glace au moins dix minutes, centrifugation au froid, plasma congelé.
  • Hémolyse importante : l'échantillon est refusé.
  • Glycémie au moment du prélèvement : la proinsuline ne s'interprète, pour un insulinome, que si la glycémie est basse.
  • Diabète de type 2 et insuffisance rénale chronique : proinsuline augmentée sans hypoglycémie.

Causes d’une valeur haute

  • Diabète de type 2 ou insuffisance rénale chronique (sans glycémie basse)
  • Insulinome (pendant une hypoglycémie)
  • Variants génétiques de la proinsuline, sans autre anomalie hormonale
  • Déficit en proconvertase 1/3 (très rare)

Prise de sangÉpreuve de jeûne prolongé ; bilan d'une hypoglycémie de l'adulte non diabétique.

pmol/LPreuve courante2 sources

Ce que mesure l’analyse

Ce test mesure le précurseur de l'insuline dans le sang. Il aide à comprendre une glycémie trop basse, notamment pour rechercher une tumeur rare du pancréas, et se lit toujours avec la glycémie, l'insuline et le peptide C.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

La proinsuline est la forme de départ de l’insuline. Dans les cellules bêta du pancréas, elle est coupée en deux morceaux : l’insuline et le peptide C. Selon Mayo Clinic Laboratories, seuls 1 à 3 % passent intacts dans le sang. Mais comme elle y reste plus longtemps que l’insuline, la proinsuline peut atteindre 5 à 30 % du taux d’insuline.

Ce dosage sert surtout à comprendre une hypoglycémie, c’est-à-dire une glycémie trop basse. Normalement, quand le sucre manque, le pancréas freine sa sécrétion. S’il continue à sécréter, l’insuline, le peptide C et la proinsuline restent élevés. C’est ce qu’on observe avec un insulinome, une tumeur rare du pancréas qui fabrique de l’insuline sans tenir compte de la glycémie. Mayo précise que la proinsuline y monte encore pendant le jeûne.

Comment se passe le prélèvement

Le prélèvement est exigeant. Mayo Clinic Laboratories demande :

  • un jeûne de huit heures, ou de six heures au plus chez l’enfant de moins de deux ans ;
  • un tube EDTA (bouchon violet) refroidi dans la glace ;
  • le sang placé sur glace au moins dix minutes, puis centrifugé au froid ;
  • le plasma congelé dans un tube en plastique, où il reste stable trente jours.

Une hémolyse importante, c’est-à-dire des globules rouges abîmés dans le tube, fait refuser l’échantillon. En pratique, la proinsuline se dose souvent pendant une épreuve de jeûne surveillée : on prélève au moment où la glycémie baisse.

Comment lire le résultat

La proinsuline s’exprime en pmol/L. L’intervalle de référence à jeun de Mayo, obtenu par électrochimiluminescence (ECLIA), va de 3,6 à 22 pmol/L. Cette technique ne réagit ni avec l’insuline ni avec le peptide C.

Le résultat n’a de sens qu’avec la glycémie du même prélèvement. Pendant une hypoglycémie, avec une glycémie sous 0,60 g/L, Mayo indique :

  • au-dessus de 22 pmol/L, une spécificité proche de 100 % pour un insulinome, pour une sensibilité d’environ 75 % ;
  • plus de 80 % des insulinomes au-dessus de la limite haute de référence ;
  • avec un seuil de 5 pmol/L, une sensibilité supérieure à 95 %, mais une spécificité d’environ 40 %.

Autrement dit, aucun seuil ne suffit seul. Le diagnostic repose sur un ensemble : glycémie, insuline, peptide C, bêta-hydroxybutyrate et recherche de sulfamides hypoglycémiants, des médicaments qui stimulent le pancréas.

Une proinsuline élevée ne signifie pas forcément une tumeur. Mayo rappelle que le diabète de type 2 et l’insuffisance rénale chronique peuvent élever la proinsuline, l’insuline et le peptide C, sans glycémie basse. Des variants génétiques de la proinsuline l’élèvent aussi, sans autre anomalie hormonale.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est bon, mais dans une indication précise. La recommandation de l’Endocrine Society (Cryer et al., Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism, 2009) demande d’abord de documenter la triade de Whipple : des symptômes d’hypoglycémie, une glycémie basse mesurée, et leur disparition quand la glycémie remonte. Ensuite seulement, chez une personne non diabétique chez qui l’on soupçonne un excès de sécrétion d’insuline, elle conseille de doser pendant l’épisode la glycémie, l’insuline, le peptide C, la proinsuline, le bêta-hydroxybutyrate et les hypoglycémiants oraux, puis les anticorps anti-insuline.

Hors de ce cadre, la proinsuline n’a pas d’usage validé en routine. Elle est aussi très élevée dans une maladie génétique rare, le déficit en proconvertase 1/3, du nom de l’enzyme qui coupe la proinsuline. Selon Mayo, cette maladie associe diabète, insuffisance surrénale, infertilité et obésité ; la proinsuline y monte encore après les repas, avec une insuline basse ou indétectable.

Les analyses à associer

  • Glycémie à jeun : indispensable pour lire la proinsuline.
  • Insuline à jeun : prélevée au même moment.
  • Peptide C : la sécrétion propre du pancréas.
  • Corps cétoniques sanguins : le bêta-hydroxybutyrate du bilan d’hypoglycémie.

À retenir

  • La proinsuline est le précurseur de l’insuline.
  • Elle se dose surtout pour explorer une hypoglycémie documentée.
  • Le prélèvement se fait sur glace et le plasma est congelé.
  • Aucun seuil ne suffit seul : le résultat se lit avec la glycémie, l’insuline et le peptide C.
  • Diabète et insuffisance rénale peuvent l’élever sans tumeur.

Testez-vous

4 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Chez Mayo, quel est l'intervalle de référence de la proinsuline à jeun ?

  2. 02Pendant une hypoglycémie, un seuil de proinsuline à 5 pmol/L…

  3. 03Une proinsuline élevée sans glycémie basse signe-t-elle forcément une tumeur ?

  4. 04Comment le prélèvement doit-il être traité ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 2

  1. 1Mayo Clinic Laboratories (Rochester, États-Unis). Proinsulin, Plasma, test PINS (80908) : immunodosage par électrochimiluminescence (ECLIA), pmol/L.
  2. 2Cryer PE, Axelrod L, Grossman AB, et al. Evaluation and management of adult hypoglycemic disorders: an Endocrine Society Clinical Practice Guideline. J Clin Endocrinol Metab. 2009;94(3):709-728. PMID 19088155.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.