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SangLipides et risque cardiovasculairePreuve courante

Phytostérols sanguins

Aussi appelée Sitostérol · Campestérol · Stérols végétaux · Bêta-sitostérol

Les repères

  • Sitostérol : sous la limite haute de Mayo Clinic Laboratorie moins de 15 mg/L
  • Sitostérol : au-dessus de la limite haute de Mayo Clinic Lab plus de 15 mg/L

Source : Mayo Clinic Laboratories, test STER (Sterols, Plasma), valeurs de référence. Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

Le dosage des phytostérols sanguins mesure le sitostérol et le campestérol, des stérols d'origine végétale qui reflètent l'absorption intestinale du cholestérol. Il sert surtout à rechercher une maladie génétique rare, la sitostérolémie, et à éclairer le métabolisme du cholestérol.

Pourquoi on la demande

  • Rechercher une sitostérolémie (ou phytostérolémie), maladie génétique rare où l'intestin absorbe et retient trop les stérols végétaux
  • Xanthomes tendineux avec un cholestérol normal, ou hypercholestérolémie d'allure familiale sans mutation retrouvée
  • Estimer l'absorption intestinale du cholestérol, avec les marqueurs de synthèse (lathostérol, desmostérol), en consultation spécialisée ou en recherche
  • Mesurer l'effet de la consommation régulière d'aliments enrichis en stérols végétaux sur les taux sanguins

Ce qui peut la fausser

  • Aliments enrichis en stérols végétaux (margarines, produits laitiers) : leur consommation régulière double environ les taux sanguins
  • Huiles végétales riches en stérols : légère hausse possible selon Mayo Clinic Laboratories
  • Statines : sous pravastatine, le campestérol a augmenté d'environ 50 % et le sitostérol d'environ 25 % dans l'essai PROSPER
  • Lumière : les stérols se dégradent, l'échantillon doit en être protégé (hôpitaux de Newcastle)
  • Jeûne : les valeurs de référence de Mayo Clinic Laboratories ont été établies sur des prélèvements à jeun
  • Méthode et unité : chromatographie gazeuse et spectrométrie de masse, en mg/L ou en µmol/L, avec des références très différentes selon les laboratoires
  • Taux de cholestérol : une hypercholestérolémie familiale peut entraîner une hausse modérée, d'où l'intérêt du rapport au cholestérol

Causes d’une valeur haute

  • Alimentation riche en stérols végétaux ou en aliments enrichis
  • Forte absorption intestinale du cholestérol (profil « absorbeur »), variants des gènes ABCG5 ou ABCG8
  • Hypercholestérolémie familiale et autres dyslipidémies primaires (hausse modérée)
  • Sitostérolémie, due à des mutations des deux copies d'ABCG5 ou d'ABCG8 : valeurs très élevées

Causes d’une valeur basse

  • Médicament qui réduit l'absorption intestinale du cholestérol (ézétimibe)
  • Insulinorésistance : absorption du cholestérol plutôt diminuée au profit de la synthèse

Prise de sangProfil des stérols plasmatiques par chromatographie gazeuse et spectrométrie de masse (test STER, Mayo Clinic Laboratories ; dosage sitostérol et campestérol des hôpitaux de Newcastle upon Tyne, Royaume-Uni)

mg/LPreuve courante10 sources

Profil sportif

Il n'existe pas de repère propre au sportif. Les produits enrichis en stérols végétaux, parfois adoptés pour faire baisser le cholestérol, augmentent nettement les taux sanguins : signalez-les au médecin qui interprète le résultat.

Ce que mesure l’analyse

Cette analyse mesure dans le sang les stérols apportés par les végétaux, surtout le sitostérol et le campestérol. Leur taux reflète la capacité de l'intestin à absorber le cholestérol et devient très élevé dans une maladie génétique rare, la sitostérolémie.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

Les phytostérols sont l’équivalent du cholestérol chez les plantes. Les plus abondants dans le sang humain sont le sitostérol et le campestérol. L’organisme ne sait pas les fabriquer : ils viennent uniquement de l’alimentation (huiles végétales, oléagineux, céréales, produits enrichis).

L’intestin n’en absorbe qu’une petite partie. Deux transporteurs, codés par les gènes ABCG5 et ABCG8, renvoient l’essentiel des stérols végétaux vers l’intestin et favorisent leur élimination dans la bile. Les taux sanguins de phytostérols reflètent donc l’efficacité avec laquelle l’intestin absorbe les stérols, cholestérol compris. Une étude finlandaise publiée dans l’American Journal of Epidemiology a montré que le campestérol et le sitostérol suivaient l’absorption du cholestérol, tandis que le lathostérol et le desmostérol suivaient sa fabrication par l’organisme.

Comment se passe le prélèvement

Une prise de sang suffit. Les valeurs de référence du laboratoire américain Mayo Clinic Laboratories ont été établies sur des prélèvements à jeun : le jeûne est donc préférable. Mayo accepte du plasma sur héparine, EDTA ou ACD, envoyé de préférence congelé. Le laboratoire des hôpitaux de Newcastle, au Royaume-Uni, demande de protéger l’échantillon de la lumière, qui dégrade les stérols, et de préciser tout traitement hypolipémiant. Signalez aussi la consommation d’aliments enrichis en stérols végétaux.

Comment lire le résultat

La technique de référence est la chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse. Les résultats s’expriment en mg/L ou en µmol/L, et les valeurs de référence varient beaucoup d’un laboratoire à l’autre. Chez Mayo Clinic Laboratories, la limite haute est de 15,0 mg/L pour le sitostérol et de 8,0 mg/L pour le campestérol. Aux hôpitaux de Newcastle, elle est de 8,7 µmol/L pour le sitostérol et de 13,7 µmol/L pour le campestérol chez l’adulte, avec un rapport sitostérol sur cholestérol attendu entre 0,21 et 1,90 µmol/mmol. Ces écarts montrent qu’un résultat ne se lit qu’avec les références de son propre laboratoire.

Le rapport au cholestérol compte autant que la valeur brute. Une hypercholestérolémie familiale peut entraîner une hausse modérée des phytostérols. Rapporter le sitostérol au cholestérol aide à distinguer cette situation d’une vraie sitostérolémie, où les valeurs sont très élevées. Le diagnostic de sitostérolémie se confirme toujours par l’analyse génétique.

Ce que dit la science

Pour le diagnostic de la sitostérolémie, maladie génétique rare et récessive due à des mutations des deux copies d’ABCG5 ou d’ABCG8, le dosage est la méthode biochimique de référence : le niveau de preuve est courant, en milieu spécialisé. On y pense devant des xanthomes tendineux avec un cholestérol normal, ou devant une hypercholestérolémie d’allure familiale sans mutation retrouvée.

Pour le risque cardiovasculaire de la population générale, les résultats sont discordants. Une méta-analyse de 17 études, publiée dans l’European Heart Journal, n’a trouvé aucune association entre les taux sanguins de sitostérol ou de campestérol et les maladies cardiovasculaires. À l’inverse, deux grands travaux génétiques suggèrent un rôle de l’absorption. Dans le Journal of the American College of Cardiology, une forte absorption intestinale du cholestérol était associée aux maladies cardiovasculaires et à des variants d’ABCG8. Dans l’European Heart Journal, des variants rares d’ABCG5 et d’ABCG8, qui élèvent les phytostérols, doublaient le risque coronarien pour chaque hausse de 1 mmol/L du cholestérol non-HDL qu’ils provoquaient, contre une hausse de 54 % pour d’autres variants à effet égal sur ce cholestérol.

Les traitements modifient aussi ces marqueurs. Dans l’essai PROSPER, la pravastatine, qui freine la fabrication du cholestérol, s’accompagnait d’une hausse compensatoire de l’absorption : le campestérol augmentait d’environ 50 % et le sitostérol d’environ 25 %. Les aliments enrichis en stérols végétaux, utilisés pour baisser le LDL, doublent environ les taux sanguins de phytostérols. Le consensus français récent des sociétés savantes (SFE, SFD, NSFA, SFC) ne recommande pas les compléments à base de phytostérols.

Les analyses à associer

Le lathostérol et le desmostérol mesurent la fabrication du cholestérol : avec les phytostérols, ils dessinent un profil plutôt « absorbeur » ou plutôt « synthétiseur ». Le cholestérol total sert à calculer les rapports aux stérols. Le LDL cholestérol reste le marqueur de risque principal.

À retenir

  • Le sitostérol et le campestérol reflètent l’absorption intestinale des stérols ;
  • Le dosage sert d’abord à rechercher la sitostérolémie, maladie génétique rare ;
  • Les aliments enrichis en stérols végétaux augmentent nettement les taux sanguins ;
  • Les valeurs de référence diffèrent fortement d’un laboratoire à l’autre ;
  • Le lien avec le risque cardiovasculaire de la population générale reste discuté.

Testez-vous

4 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Consommer régulièrement des margarines enrichies en stérols végétaux…

  2. 02Chez Mayo Clinic Laboratories, la limite haute du sitostérol est de…

  3. 03Des phytostérols élevés suffisent-ils à diagnostiquer une sitostérolémie ?

  4. 04Les phytostérols sanguins prédisent-ils le risque cardiovasculaire dans la population générale ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 10

  1. 1Mayo Clinic Laboratories. Test STER, Sterols, Plasma : indications, méthode GC-MS et valeurs de référence (sitostérol ≤ 15,0 mg/L ; campestérol ≤ 8,0 mg/L)
  2. 2Copie du catalogue Mayo STER (valeurs de référence et précautions d'interprétation), Marshfield Labs
  3. 3Newcastle upon Tyne Hospitals NHS, Sitosterol and campesterol in plasma (références adultes et rapports au cholestérol)
  4. 4Miettinen TA, Tilvis RS, Kesäniemi YA. Serum plant sterols and cholesterol precursors reflect cholesterol absorption and synthesis in volunteers of a randomly selected male population. Am J Epidemiol 1990;131:20-31

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.