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Sterigmatocystine

Aussi appelée STC · STG · Sterigmatocystin

La sterigmatocystine est une mycotoxine d'Aspergillus, proche de l'aflatoxine B1 et classée cancérogène possible pour l'humain. Son dosage urinaire documente une exposition, mais son interprétation individuelle reste non validée.

Recueil d’urinesFamille : mycotoxinesPreuve non validée

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En bref

Cette analyse recherche dans l'urine une toxine fabriquée par des moisissures de type Aspergillus, qui peut contaminer certains aliments. Elle renseigne sur une exposition, pas sur un risque individuel.

À lire avec

Recueil d’urinesPanels de mycotoxines urinaires de laboratoires spécialisés, souvent avec les aflatoxines, l'ochratoxine A et la citrinine.

ng/g de créatininePreuve non validée

Profil sportif

Aucune donnée publiée ne décrit un effet du sport sur la sterigmatocystine urinaire. Une déshydratation ou une forte sudation concentre l'urine : la valeur brute peut paraître plus haute, d'où l'intérêt de la correction par la créatinine.

Pourquoi on la demande

  • Documenter une exposition alimentaire aux moisissures du genre Aspergillus (céréales, fromages, épices, café, bière)
  • Compléter un panel de mycotoxines urinaires chez une personne préoccupée par son alimentation ou son logement
  • Chercher, avec les aflatoxines, un profil d'exposition aux toxines d'Aspergillus
  • Suivre à titre exploratoire un changement d'alimentation ou un assainissement du logement

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur haute

  • Alimentation comportant des produits contaminés par des Aspergillus
  • Exposition dans un bâtiment humide ou moisi
  • Urine très concentrée, quand le résultat n'est pas corrigé par la créatinine
  • Contamination de l'échantillon lors du recueil

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Consommation récente d'aliments contaminés : céréales, fromages, épices, café, bière
  • Dilution de l'urine : hydratation, chaleur et effort modifient la concentration brute
  • Contamination du flacon ou de l'échantillon lors du recueil
  • Délai ou température de conservation non conformes aux consignes du laboratoire
  • Méthode propre à chaque laboratoire : seuil de détection, déconjugaison, étalonnage
  • Aucune interférence médicamenteuse n'est documentée dans les sources consultées

Ce que mesure l’analyse

La sterigmatocystine est une mycotoxine, une molécule toxique produite surtout par des moisissures du genre Aspergillus. Elle est apparentée à l’aflatoxine B1 : c’en est un précurseur biosynthétique, c’est-à-dire une étape de sa fabrication, et les deux molécules ont plusieurs ressemblances de structure et d’effets. Elle a été signalée dans des céréales, des produits à base de céréales, du fromage, du café, des épices et de la bière (Zingales et al., 2020)1.

Elle n’est pas seule de son espèce : une revue recense 72 sterigmatocystines différentes, à côté de 20 aflatoxines (Li et al., 2024)2. Le dosage urinaire cible une molécule précise de cette famille.

La mesure repose sur la chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem (LC-MS/MS) : l’appareil sépare les composés présents dans l’urine, puis les identifie par leur masse et leurs fragments. Les quantités recherchées sont minuscules, ce qui rend la méthode exigeante et dépendante du laboratoire.

Comment se passe le prélèvement

Il s’agit d’un recueil d’urine, dans un flacon adapté, selon les consignes du laboratoire. Le moment de la journée, le délai d’acheminement et la température de conservation sont fixés par chaque laboratoire : suivez-les à la lettre, car la stabilité de ces molécules n’est pas la même pour toutes.

Évitez de contaminer le flacon avec la poussière ou l’humidité de l’environnement. Signalez à l’équipe vos médicaments, vos compléments et vos habitudes alimentaires récentes, notamment les aliments cités plus haut. Aucune règle de jeûne n’est publiée pour cette analyse dans les sources consultées ; fiez-vous aux instructions du laboratoire.

Comment lire le résultat

Le résultat s’exprime par quantité de toxine par volume d’urine, ou rapportée à la créatinine. L’unité varie selon les laboratoires : lisez-la sur votre compte rendu. La créatinine est un déchet musculaire éliminé à un rythme assez régulier ; elle permet de corriger l’effet d’une urine plus ou moins diluée.

Il n’existe pas de repère publié dans PubMed pour la sterigmatocystine urinaire. Chaque laboratoire a ses normes, qui dépendent de sa méthode et de son seuil de détection, c’est-à-dire de la plus petite quantité qu’il sait repérer de façon fiable. « Non détecté » signifie seulement que la quantité est sous ce seuil. Un résultat détecté indique la présence de la molécule, sans dire s’il y a un risque pour vous.

Pour mesurer ce que peut représenter l’exposition alimentaire, un exemple parle : dans une étude sur 155 échantillons d’épices et d’herbes consommées en Russie, 4 % contenaient de la sterigmatocystine, à des concentrations de 0,4 à 7,8 µg/kg (Chalyy et al., 2023)3. Cela montre que l’exposition par l’alimentation est possible, mais pas forcément fréquente ni élevée.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve de l’analyse est celui d’un marqueur non validé : l’intérêt clinique du dosage urinaire n’est pas démontré. En revanche, la toxicologie de la molécule est assez bien décrite.

La sterigmatocystine est toxique pour le foie et les reins chez l’animal. Elle est classée cancérogène possible pour l’humain (groupe 2B) par le Centre international de recherche sur le cancer. Elle est aussi génotoxique : elle peut former des adduits à l’ADN, c’est-à-dire se fixer sur l’ADN, et provoquer des dommages (Zingales et al., 2020). Les mécanismes décrits incluent un stress oxydant, une atteinte des mitochondries, la mort cellulaire programmée, un blocage du cycle cellulaire et une modification de la réponse immunitaire.

Un point surprenant mérite d’être signalé : malgré cette forte cytotoxicité, aucune évaluation de risque n’a été réalisée par les autorités, faute de données de toxicité suffisantes (Zingales et al., 2020). Il n’existe donc pas de dose tolérable officielle qui servirait de repère pour interpréter un résultat urinaire.

Plusieurs limites en découlent pour les lecteurs. D’abord, les données de toxicité viennent de cellules et d’animaux, pas d’études cliniques chez l’humain relient un taux urinaire à un effet. Ensuite, nous n’avons pas trouvé dans PubMed de repères publiés pour l’urine. Enfin, un dosage ponctuel reflète une exposition récente, pas un risque durable : une seule mesure ne permet pas de conclure.

Il faut aussi distinguer l’exposition alimentaire, souvent diffuse et modeste, de situations plus rares où la contamination est importante. Dans les deux cas, le résultat seul ne dit pas quelle quantité a été absorbée, ni combien de temps, ni avec quelles autres toxines. C’est pour cette raison que les laboratoires et les médecins prudents présentent le résultat comme une aide à la discussion et non comme une preuve.

Les analyses à associer

  • Aflatoxines B1, B2, G1, G2 : la sterigmatocystine précède l’aflatoxine B1 dans la chaîne de fabrication, les lire ensemble situe l’exposition aux toxines d’Aspergillus.
  • Ochratoxine A : autre mycotoxine alimentaire fréquemment recherchée.
  • Alanine aminotransférase : enzyme du foie, qui donne un repère sur l’état hépatique, la sterigmatocystine étant toxique pour le foie chez l’animal.
  • Créatinine : permet de corriger la dilution de l’urine.

À retenir

  • La sterigmatocystine est une toxine d’Aspergillus, précurseur de l’aflatoxine B1, dosée dans l’urine par LC-MS/MS.
  • Elle est classée cancérogène possible pour l’humain, mais aucune évaluation officielle de risque n’existe.
  • Aucun repère n’est publié dans PubMed : chaque laboratoire a ses normes.
  • Un résultat détecté signale une exposition, pas un diagnostic ni un risque individuel.
  • Discutez-le avec un médecin, avec votre alimentation et votre environnement en tête.

Sources éditoriales et fact-checking3 sources vérifiées3 études[+]

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Quel lien existe entre la sterigmatocystine et l'aflatoxine B1 ?

  2. 02Comment le CIRC classe-t-il la sterigmatocystine ?

  3. 03Un résultat détecté dans l'urine permet-il de prédire un cancer ?

  4. 04Existe-t-il un repère validé pour la sterigmatocystine urinaire ?

  5. 05Dans quels aliments a-t-on décrit la sterigmatocystine ?

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