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Désoxynivalénol

Aussi appelée DON · Vomitoxine · Désoxynivalénol urinaire

Le désoxynivalénol est une mycotoxine très courante des céréales, détectée dans presque toutes les urines étudiées. Son dosage mesure surtout l'exposition alimentaire récente.

Recueil d’urinesFamille : mycotoxinesPreuve émergente

Testez-vous en 5 questions

En bref

Cette analyse mesure dans l'urine une mycotoxine produite par des champignons du blé, de l'orge ou du maïs. Elle reflète une exposition récente, surtout alimentaire, et non une maladie.

À lire avec

Recueil d’urinesPanels de mycotoxines urinaires (DON, zéaralénone, ochratoxine A, aflatoxines, fumonisines), bilans de biosurveillance, certains bilans environnementaux ou fonctionnels.

µg/g de créatininePreuve émergente

Profil sportif

Les sportifs mangent souvent beaucoup de pain, de pâtes et de flocons de céréales, ce qui peut augmenter l'exposition alimentaire au DON. Après un effort long ou par forte chaleur, l'urine est plus concentrée : le résultat doit être rapporté à la créatinine. Celle-ci dépend un peu de la masse musculaire, ce qui peut biaiser légèrement les ratios.

Pourquoi on la demande

  • Évaluer l'exposition alimentaire aux céréales (blé, orge, maïs) chez une personne qui en consomme beaucoup
  • Surveiller une exposition professionnelle aux poussières de céréales ou de déchets organiques
  • Documenter l'exposition aux mycotoxines d'un patient dans un bilan environnemental ou fonctionnel
  • Suivre l'effet d'un changement d'alimentation sur l'exposition (usage de recherche)
  • Comprendre un résultat de panel de mycotoxines déjà réalisé

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Faible consommation de céréales exposées, sans signification clinique en soi

Causes d’une valeur haute

  • Consommation importante de céréales ou de produits céréaliers contaminés, en particulier le blé
  • Exposition professionnelle aux poussières de céréales (silos, minoteries) ou de déchets organiques
  • Récolte ou lot de céréales particulièrement contaminés selon la saison et la région
  • Urine très concentrée si le résultat n'est pas corrigé par la créatinine
  • Intoxication alimentaire aiguë avec vomissements, situation rare et relevant d'un avis médical

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Alimentation des jours précédents, surtout les produits à base de blé
  • Dosage du DON libre ou du DON total (avec ses formes conjuguées) : les résultats ne sont pas comparables
  • Moment du prélèvement, notamment après un poste de travail en milieu poussiéreux
  • Dilution de l'urine (boire beaucoup, transpirer, effort long)
  • Contamination de l'échantillon par des poussières de céréales
  • Conservation et délai d'acheminement
  • Variations d'une région ou d'une saison de récolte à l'autre

Ce que mesure l’analyse

Le désoxynivalénol, ou DON, est une mycotoxine, c’est-à-dire une toxine fabriquée par des champignons. Elle est produite surtout par des Fusarium qui infectent le blé, l’orge et le maïs avant la récolte. On l’appelle aussi vomitoxine, car de fortes doses provoquent des vomissements chez l’animal. Elle appartient aux trichothécènes simples et bloque la synthèse des protéines dans les cellules.

Dans l’organisme, le DON est absorbé après un repas puis éliminé en bonne partie dans l’urine. Son dosage urinaire sert de biomarqueur d’exposition : il reflète ce que vous avez absorbé récemment, pas une maladie. Il ne mesure ni l’effet sur vos cellules ni le risque individuel.

L’Europe a retenu le DON parmi les mycotoxines prioritaires pour la biosurveillance, avec l’urine comme matrice privilégiée (Sabbioni et al., 2022)1. Cette matrice est facile à recueillir et l’analyse se fait par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse.

Point de méthode important : certains laboratoires dosent le DON libre, d’autres le DON total, qui inclut les formes liées à d’autres molécules (formes conjuguées) après une étape de traitement. Les chiffres ne sont pas comparables d’un cas à l’autre.

Comment se passe le prélèvement

Le prélèvement est un recueil d’urine. Les études utilisent des urines ponctuelles. Votre laboratoire précisera le flacon, le moment du recueil et le délai d’envoi. Quelques éléments de bon sens :

  • notez ce que vous avez mangé dans les 24 heures qui précèdent, surtout pain, pâtes, biscuits et céréales du petit déjeuner ;
  • indiquez votre activité professionnelle, notamment si vous êtes exposé à des poussières de céréales ;
  • utilisez le flacon fourni, refermez-le aussitôt et conservez-le comme demandé, en général au frais.

Le DON ne reste pas longtemps dans l’organisme : l’urine reflète donc surtout les derniers repas. Pour comparer deux dosages, placez-vous dans des conditions voisines (même moment, même alimentation habituelle).

Comment lire le résultat

Il n’existe pas de valeur de référence validée du DON urinaire chez l’adulte. Chaque laboratoire a ses normes et ses unités : cette fiche n’affiche donc pas de cadran, faute de repère publié dans PubMed. Les résultats sont souvent rapportés en microgrammes par gramme de créatinine, pour corriger la dilution de l’urine.

Les valeurs publiées varient fortement selon les populations, l’alimentation et la méthode. Chez des femmes enceintes américaines, le DON urinaire avait une médiane de 23 ng/mL (Krausová et al., 2024)2. Chez des adultes sains hongrois, la concentration moyenne était de 2,30 ng/mL (Szabó-Fodor et al., 2021)3. On ne peut pas comparer directement une médiane et une moyenne, ni deux méthodes, mais l’écart rappelle qu’un chiffre isolé n’a pas de sens sans son contexte.

Dans une étude allemande, le DON était détecté dans 96 % des urines, chez les travailleurs comme chez les témoins. Les travailleurs d’installations de traitement de déchets organiques avaient des valeurs plus élevées après leur poste qu’un groupe témoin : médianes de 2,94 contre 1,69 µg/g de créatinine (Schmied et al., 2026)4. Un DON détectable est donc banal, et c’est le contexte qui donne le sens.

Les variations au cours du temps comptent aussi. Chez des ouvriers de silos français, la concentration urinaire de DON était plus élevée après le poste qu’avant : 22,1 µg/L contre 9,9 µg/L (Ndaw et al., 2021)5. Un seul prélèvement ne résume donc pas l’exposition d’une personne.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est émergent : le dosage du DON est bien établi comme marqueur d’exposition dans la recherche et la biosurveillance, mais son utilité clinique individuelle n’est pas validée.

Ce qui est démontré :

  • le DON est présent dans l’urine de la quasi-totalité des participants des études de biosurveillance ;
  • il reflète l’alimentation : l’étude hongroise sur 2020 trouve une corrélation de 0,69 entre la consommation de blé et de produits dérivés et le DON urinaire (Schieszl et al., 2026)6 ;
  • il peut aussi refléter une exposition professionnelle aux poussières.

Ce qui reste discuté :

  • le calcul de l’apport quotidien à partir de l’urine dépend du taux d’excrétion supposé et comporte une incertitude importante, comme le souligne l’étude hongroise de Szabó-Fodor ;
  • la comparaison à des seuils d’apport tolérable est un outil de santé publique, pas un diagnostic individuel ;
  • aucune donnée solide ne montre qu’un DON urinaire plus élevé explique un symptôme chez un individu.

Un point de prudence : les résultats d’un laboratoire ne sont pas toujours transposables à un autre. Gardez le même laboratoire si vous voulez suivre une évolution.

Les analyses à associer

Le DON voyage rarement seul dans les céréales. Les mycotoxines urinaires voisines aident à interpréter l’ensemble :

  • Zéaralénone : autre toxine de Fusarium, souvent présente dans les mêmes céréales ;
  • Ochratoxine A : toxine alimentaire d’une autre famille de moisissures ;
  • Fumonisines : toxines du maïs, utiles pour repérer l’origine de l’exposition ;
  • Aflatoxine M1 : elle renseigne sur une autre voie d’exposition alimentaire.

À retenir

  • Le DON est détectable chez presque tout le monde : sa présence n’est pas anormale.
  • Le dosage reflète surtout l’alimentation et l’exposition récentes, notamment le blé et les poussières de céréales.
  • Libre ou total, la méthode change le chiffre : gardez le même laboratoire pour comparer.
  • Aucun diagnostic ne se pose sur ce seul dosage : discutez le résultat avec un médecin.

Sources éditoriales et fact-checking6 sources vérifiées6 études[+]

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Détecter du DON dans l'urine est-il anormal ?

  2. 02Manger du blé peut-il influencer le DON urinaire ?

  3. 03Chez des travailleurs de silos, quand le DON urinaire est-il le plus élevé ?

  4. 04Les résultats de DON libre et de DON total sont-ils comparables ?

  5. 05Un DON urinaire élevé est-il un diagnostic d'intoxication ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : ce qui peut fausser le chiffre.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.