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Citrinine

Aussi appelée CIT · Dihydrocitrinone (DHC) · HO-CIT · Citrinine urinaire

La citrinine est une mycotoxine de céréales et de fruits stockés. Son dosage urinaire documente une exposition récente, mais aucune valeur de référence n'est publiée.

Recueil d’urinesFamille : mycotoxinesPreuve émergente

Testez-vous en 5 questions

En bref

Cette analyse recherche dans l'urine une toxine de moisissures qui contaminent des céréales et des fruits stockés, ainsi que son métabolite. Elle reflète une exposition, non une maladie.

À lire avec

Recueil d’urinesPanels de mycotoxines urinaires proposés par des laboratoires spécialisés, souvent avec l'ochratoxine A, la zéaralénone et d'autres toxines émergentes.

µg/g de créatininePreuve émergente

Profil sportif

Aucune étude publiée n'a étudié la citrinine urinaire chez le sportif. Après un effort long ou par forte chaleur, l'urine est concentrée : rapportez le résultat à la créatinine. Une alimentation riche en céréales ou en produits stockés peut augmenter l'exposition, sans donnée spécifique au sport.

Pourquoi on la demande

  • Évaluer l'exposition à une mycotoxine de céréales ou de fruits stockés
  • Intégrer le résultat dans un bilan de mycotoxines demandé par un médecin
  • Documenter l'exposition d'une personne qui consomme beaucoup de céréales ou de produits stockés
  • Comprendre un résultat de panel de mycotoxines déjà réalisé

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur haute

  • Consommation d'aliments stockés contaminés (céréales, fruits)
  • Exposition liée à la saison de récolte ou de stockage
  • Exposition simultanée à d'autres mycotoxines, par exemple l'ochratoxine A
  • Urine concentrée si le résultat n'est pas corrigé par la créatinine

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Alimentation des jours précédents, notamment céréales et fruits stockés
  • Saison de récolte ou de stockage
  • Dosage de la citrinine seule ou avec son métabolite, la dihydrocitrinone
  • Dilution de l'urine (hydratation, transpiration, effort long)
  • Moment du prélèvement
  • Conservation et délai d'acheminement

Ce que mesure l’analyse

La citrinine est une mycotoxine, c’est-à-dire une toxine fabriquée par des champignons. Elle est produite par plusieurs moisissures qui contaminent les céréales et les fruits stockés (Visintin et al., 2025)1. Elle est décrite comme toxique pour le foie et les reins dans des études de laboratoire.

Dans l’organisme, une partie de la citrinine est transformée en dihydrocitrinone (DHC), un métabolite, c’est-à-dire un produit de transformation. Les laboratoires dosent la citrinine seule ou avec la DHC. Dans une étude nigériane, la DHC était détectée plus souvent que la citrinine elle-même (Ezekiel et al., 2025)2. Demandez ce que dose votre laboratoire.

Le dosage urinaire sert de biomarqueur d’exposition : il détecte ce qui a été absorbé puis éliminé. Il ne mesure pas l’effet de la toxine sur vos reins ni sur votre foie.

Comment se passe le prélèvement

Le prélèvement est un recueil d’urine. Les études de biosurveillance utilisent des urines ponctuelles. Votre laboratoire précisera le flacon, le moment du recueil et le délai d’envoi. Quelques conseils :

  • notez votre alimentation des jours précédents, surtout les céréales et les fruits conservés ;
  • utilisez le flacon fourni, refermez-le aussitôt ;
  • conservez-le comme indiqué, en général au frais, et respectez le délai d’envoi.

Certains travaux de recherche mesurent aussi la citrinine dans le sang ou les selles, mais ce n’est pas la pratique habituelle des laboratoires de biologie courante.

Comment lire le résultat

Il n’existe pas de valeur de référence validée pour la citrinine urinaire. Chaque laboratoire a ses normes, ses unités et son seuil de détection : cette fiche n’affiche donc pas de cadran, faute de repère publié dans PubMed. Les résultats sont souvent exprimés par gramme de créatinine, pour corriger la dilution de l’urine.

Les fréquences de détection varient beaucoup d’une population à l’autre. Dans l’étude nigériane, la citrinine était détectée dans 37 % des urines et la DHC dans 60 % (Ezekiel et al., 2025). Dans une étude portugaise nationale, la citrinine n’était détectée que dans 11,5 % des urines (Maris et al., 2026)3. Ces différences viennent de l’alimentation, du climat, du stockage des aliments et de la méthode.

La citrinine peut aussi se retrouver dans le sang : dans une cohorte de femmes enceintes américaines, elle était détectée dans 32 % des sérums, avec une médiane de 0,02 ng/mL (Krausová et al., 2024)4. Le sang et l’urine ne se comparent pas directement.

Quelques règles de lecture :

  • un résultat positif indique une exposition, pas une atteinte des reins ou du foie ;
  • un résultat négatif n’exclut pas une exposition, car un seuil de détection existe ;
  • un seul prélèvement ne résume pas l’exposition de l’année : elle varie avec la saison et l’alimentation.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est émergent : la citrinine est étudiée comme mycotoxine émergente, mais aucun usage clinique individuel n’est validé.

Ce qui est démontré :

  • l’exposition humaine est répandue : la citrinine est détectée dans l’urine de populations de plusieurs pays ;
  • elle varie selon la saison et le lieu : dans l’étude nigériane, les citrinines urinaires différaient selon la récolte, le stockage et l’État étudié (Ezekiel et al., 2025) ;
  • sa cinétique chez l’humain a été étudiée sur de petites doses : après une prise orale unique de 200 ng/kg de poids corporel, des prélèvements de sang capillaire, de selles et d’urine ont été suivis pendant 48 heures (Visintin et al., 2025). Les auteurs en ont déduit une variabilité interindividuelle de 1,92, qu’ils jugent protectrice avec le facteur d’incertitude habituel.

Ce qui reste discuté :

  • les risques pour la santé aux niveaux d’exposition alimentaire courants : les études de biosurveillance estiment des apports, mais ne montrent pas d’effet sur un individu ;
  • la meilleure cible à doser (citrinine, DHC ou les deux) et le lien entre concentration urinaire et dose absorbée, car les auteurs n’ont pas disposé d’étalons pour tous les métabolites ;
  • des seuils utilisables en pratique clinique : il n’en existe pas.

Les analyses à associer

  • Ochratoxine A : autre toxine des aliments stockés, souvent retrouvée avec la citrinine ;
  • Zéaralénone : mycotoxine alimentaire qui complète le panel ;
  • Sterigmatocystine : mycotoxine émergente étudiée avec la citrinine ;
  • Créatinine : elle corrige la dilution de l’urine.

À retenir

  • La citrinine est une toxine de moisissures de céréales et de fruits stockés, mesurée dans l’urine avec ou sans son métabolite, la dihydrocitrinone.
  • Aucun repère publié : chaque laboratoire a ses normes.
  • La fréquence de détection varie beaucoup selon les pays, les saisons et les méthodes.
  • Le résultat reflète une exposition, pas une maladie : discutez-le avec un médecin.

Sources éditoriales et fact-checking4 sources vérifiées4 études[+]

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01La citrinine est-elle détectée chez tout le monde ?

  2. 02Qu'est-ce que la dihydrocitrinone (DHC) ?

  3. 03La citrinine se mesure-t-elle seulement dans l'urine ?

  4. 04Existe-t-il une valeur de référence publiée pour la citrinine urinaire ?

  5. 05La concentration urinaire de citrinine varie-t-elle avec la saison ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : ce qui peut fausser le chiffre.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.