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Aflatoxines B1, B2, G1, G2

Aussi appelée Aflatoxine B1 (AFB1) · Aflatoxine B2 (AFB2) · Aflatoxine G1 (AFG1) · Aflatoxine G2 (AFG2)

Les aflatoxines B1, B2, G1 et G2 sont des toxines de moisissures présentes dans certains aliments. Leur dosage urinaire documente une exposition, mais ces formes parentes sont rarement détectées.

Recueil d’urinesFamille : mycotoxinesPreuve émergente

Testez-vous en 5 questions

En bref

Cette analyse recherche dans l'urine plusieurs toxines de moisissures présentes dans certains aliments. Elles sont rarement détectées sous leur forme d'origine : le résultat documente une exposition, sans valeur diagnostique.

À lire avec

Recueil d’urinesProfils multi-mycotoxines urinaires, avec l'aflatoxine M1, l'ochratoxine A et la zéaralénone.

ng/g de créatininePreuve émergente

Profil sportif

Aucune étude retenue ne montre que l'effort modifie les aflatoxines urinaires. Chez le sportif, l'alimentation compte plus que l'entraînement : de grandes quantités de céréales, de fruits à coque ou de poudres multiplient les occasions d'exposition. La déshydratation concentre l'urine, d'où l'intérêt de la correction par la créatinine.

Pourquoi on la demande

  • Rechercher une exposition aux aflatoxines parentes, produites par certaines moisissures des aliments
  • Compléter un bilan de mycotoxines urinaires demandé par un médecin
  • Documenter une exposition professionnelle (élevage, manutention de céréales ou d'aliments pour animaux)
  • Évaluer l'exposition après un séjour dans une région où les aliments sont fréquemment contaminés
  • Compléter le dosage de l'aflatoxine M1 pour mieux caractériser l'exposition

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur haute

  • Consommation récente d'aliments fortement contaminés par les aflatoxines
  • Exposition professionnelle en élevage ou en manutention d'aliments pour animaux
  • Séjour ou vie dans une région chaude et humide où le stockage favorise les moisissures
  • Contamination d'un lot alimentaire particulier

À savoir : ce qui peut la fausser

  • L'alimentation récente : céréales, fruits à coque et épices peuvent contenir des aflatoxines
  • L'hydratation : l'urine diluée ou concentrée modifie la valeur brute, d'où la correction par la créatinine
  • La limite de détection du laboratoire : les aflatoxines parentes sont souvent « non détectées »
  • La méthode : le panel de toxines recherchées et la sensibilité varient d'un laboratoire à l'autre
  • Une exposition professionnelle récente (poussières d'aliments pour animaux)
  • Le moment du recueil, souvent les premières urines du matin dans les études

Ce que mesure l’analyse

Les aflatoxines sont des mycotoxines, c’est-à-dire des toxines produites par des moisissures, surtout du genre Aspergillus. Quatre formes principales existent : B1, B2, G1 et G2, dont la lettre renvoie à la fluorescence bleue (B) ou verte (G) observée sous lumière ultraviolette. Elles contaminent des céréales, des fruits à coque et des épices, en particulier après un stockage chaud et humide. L’aflatoxine B1 est la plus toxique et est reconnue cancérogène pour le foie.

L’analyse recherche ces quatre formes dans l’urine. Un point essentiel doit être compris : une fois ingérées, les aflatoxines sont en grande partie transformées par l’organisme. Leur métabolite urinaire le plus souvent détecté est l’aflatoxine M1, qui fait l’objet d’une analyse séparée. Dans une étude nigériane, le risque lié à l’aflatoxine B1 a été estimé à partir de l’aflatoxine M1 retrouvée dans l’urine, et non à partir de la B1 elle-même (Ezekiel et al., 2025)1. Les formes parentes sont donc surtout recherchées pour compléter le tableau.

Comment se passe le prélèvement

Le recueil est urinaire. Beaucoup d’études utilisent les premières urines du matin ; le laboratoire fournit la consigne exacte de recueil, de flacon et de conservation. Respectez-la : ces toxines sont dosées à de très faibles concentrations.

Le dosage reflète une exposition récente et peut varier d’un jour à l’autre selon l’alimentation. Il ne dit rien de l’exposition de toute une vie.

Comment lire le résultat

Le résultat est généralement rapporté à la créatinine, un déchet musculaire éliminé à débit à peu près stable. Cette correction compense la dilution de l’urine. L’unité varie selon les laboratoires (ng/mL, ng/g de créatinine) : vérifiez-la toujours sur votre compte rendu.

Aucun repère chiffré n’est présenté ici. Les repères d’un test spécialisé comme celui-ci sont propres au laboratoire qui le réalise, et nous n’avons pas trouvé dans PubMed de valeur de référence individuelle publiée et validée. Chaque laboratoire a ses normes et sa limite de détection.

Il faut s’attendre à des résultats « non détectés ». Dans une étude allemande de 101 personnes, les aflatoxines B1, B2, G2 et M1 faisaient partie des 23 biomarqueurs recherchés, mais aucune ne figurait parmi les six biomarqueurs détectés ; l’exposition de cette population a été jugée faible (Gerding et al., 2014)2. Un résultat négatif est donc fréquent et attendu dans les populations peu exposées ; il n’est pas une garantie d’absence d’exposition passée.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est émergent : l’analyse relève de la biosurveillance et de la recherche. Les autorités de santé ne la recommandent pas pour décider d’une prise en charge individuelle.

Les études appliquent ces dosages à des groupes exposés. Dans une étude pilote italienne portant sur 35 éleveurs de porcs et 30 témoins, plusieurs biomarqueurs urinaires ont été mesurés, dont l’aflatoxine B1 et l’aflatoxine M1. C’est l’aflatoxine M1 qui s’est révélée le plus souvent détectable chez les éleveurs, avec 22,8 % des échantillons au-dessus de la limite de détection contre 10 % chez les témoins (Paci et al., 2026)3. Cela confirme que le métabolite est un meilleur indicateur que les formes parentes, mais l’étude est petite et exploratoire.

Limites à connaître : la sensibilité analytique varie d’un laboratoire à l’autre, l’urine reflète une exposition récente, et aucune valeur individuelle n’est validée. Un résultat ne remplace ni un bilan hépatique, ni l’avis d’un médecin.

Les analyses à associer

  • Aflatoxine M1 : le métabolite urinaire, qui complète utilement la lecture.
  • Ochratoxine A et fumonisines : autres mycotoxines fréquemment co-détectées.
  • Alanine aminotransférase : enzyme du foie, organe cible des aflatoxines, à discuter avec un médecin.

À retenir

  • Les aflatoxines B1, B2, G1 et G2 sont des toxines de moisissures ; l’urine contient surtout leur métabolite M1.
  • Les formes parentes sont souvent « non détectées », ce qui est banal dans les populations peu exposées.
  • Chaque laboratoire a ses normes : aucun repère universel n’est validé.
  • Le résultat documente une exposition récente ; il ne diagnostique rien.

Sources éditoriales et fact-checking3 sources vérifiées3 études[+]

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Quelle forme d'aflatoxine retrouve-t-on le plus souvent dans l'urine ?

  2. 02Un résultat « non détecté » est-il inhabituel ?

  3. 03L'analyse permet-elle de diagnostiquer une atteinte du foie ?

  4. 04Le travail peut-il laisser une trace dans l'urine ?

  5. 05Existe-t-il des normes universelles pour ces aflatoxines urinaires ?

Un proche attend ses résultats ?

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Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.