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Gliotoxine

Aussi appelée GTX · Gliotoxine urinaire

La gliotoxine est une toxine produite surtout par Aspergillus fumigatus, une moisissure très répandue. Son dosage urinaire cherche à documenter une exposition, mais son intérêt clinique n'est pas validé.

Recueil d’urinesFamille : mycotoxinesPreuve non validée

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En bref

Cette analyse recherche dans l'urine une toxine fabriquée par certaines moisissures, surtout Aspergillus fumigatus. Elle témoigne d'une exposition éventuelle, pas d'une maladie ni d'une cause précise.

À lire avec

Recueil d’urinesPanels de mycotoxines urinaires proposés par certains laboratoires spécialisés, souvent avec l'ochratoxine A, les aflatoxines et d'autres toxines de moisissures.

µg/g de créatininePreuve non validée

Profil sportif

Aucune étude publiée sur la gliotoxine urinaire n'a été menée chez le sportif. Après un effort long ou par forte chaleur, l'urine est plus concentrée : un résultat brut peut paraître plus élevé, d'où l'intérêt de le rapporter à la créatinine. Un local d'entraînement humide ou mal ventilé est une source d'exposition possible aux moisissures, mais aucun lien avec la gliotoxine n'est démontré.

Pourquoi on la demande

  • Un logement ou un local avec humidité, moisissures visibles ou odeur de moisi, et des symptômes persistants que votre médecin cherche à documenter
  • Un métier exposé aux poussières de moisissures (compost, traitement de déchets organiques, silos), dans une logique de biosurveillance
  • Un bilan de mycotoxines proposé par un médecin de médecine environnementale ou fonctionnelle
  • Un suivi avant et après des travaux d'assainissement (usage non validé)
  • Une infection à Aspergillus déjà suspectée, en complément des examens habituels (usage non validé)

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur haute

  • Inhalation de poussières ou d'aérosols contenant des moisissures productrices, dont Aspergillus fumigatus
  • Ingestion d'aliments moisis
  • Colonisation ou infection par Aspergillus, à explorer par d'autres examens médicaux
  • Interférence ou faux positif analytique, selon la méthode du laboratoire

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Dilution de l'urine : boire beaucoup ou peu, transpirer, faire un effort long
  • Moment du prélèvement par rapport à l'exposition
  • Contamination de l'échantillon (flacon non conforme, recueil dans un environnement moisi)
  • Conservation et délai d'acheminement avant l'analyse
  • Méthode et seuil de détection propres au laboratoire
  • Exposition récente, professionnelle ou domestique, que le laboratoire ne connaît pas

Ce que mesure l’analyse

La gliotoxine est une toxine fabriquée par certains champignons microscopiques, surtout Aspergillus fumigatus. Cette moisissure est très répandue dans les sols, le compost et les matières organiques en décomposition. La gliotoxine est donc une mycotoxine : une molécule produite par un champignon, qui peut être toxique pour d’autres organismes.

En laboratoire, cette molécule agit sur les cellules du système immunitaire. Cette toxicité est surtout décrite sur des cellules en culture et chez l’animal. Elle explique l’intérêt porté à la gliotoxine, mais elle ne dit pas ce qui se passe chez un adulte en bonne santé exposé à de faibles quantités.

L’analyse recherche la gliotoxine dans l’urine, parfois avec ses dérivés selon le laboratoire. Elle sert de biomarqueur d’exposition : un résultat positif signifie que la molécule est entrée dans l’organisme puis a été éliminée par les reins. Il ne dit ni quelle moisissure l’a produite, ni où vous l’avez rencontrée, ni si elle explique un symptôme.

Pour les mycotoxines urinaires les mieux étudiées, la plupart des dosages publiés reposent sur la chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem, ou LC-MS/MS, avec des étalons marqués (Sabbioni et al., 2022)1. Cette technique sépare les molécules puis les identifie par leur masse. Demandez à votre laboratoire quelle méthode il emploie pour la gliotoxine et quel est son seuil de détection : ces deux informations conditionnent le sens d’un résultat.

Comment se passe le prélèvement

Le prélèvement est un simple recueil d’urine. Les études de biosurveillance utilisent des urines ponctuelles, c’est-à-dire un échantillon pris à un moment donné, sans recueil sur 24 heures. Votre laboratoire vous indiquera le flacon, le moment du recueil (certains protocoles demandent les premières urines du matin) et le délai d’acheminement.

Quelques précautions de bon sens aident à obtenir un résultat interprétable :

  • utilisez le flacon fourni et ne le laissez pas ouvert, pour limiter la contamination par l’environnement ;
  • conservez-le comme indiqué par le laboratoire, en général au frais, et respectez le délai d’envoi ;
  • notez le contexte : lieu de vie ou de travail, travaux récents, symptômes, traitements en cours.

Ce contexte compte autant que la valeur elle-même. Une même concentration n’a pas le même sens chez une personne qui vient de quitter un local humide et chez une autre qui en est éloignée depuis des semaines.

Comment lire le résultat

Il n’existe pas de valeur de référence validée pour la gliotoxine urinaire. Les repères d’un test spécialisé sont propres au laboratoire qui le réalise : chaque laboratoire a ses normes, sa méthode et son seuil de détection. Faute d’article PubMed qui publie des valeurs, cette fiche n’affiche pas de cadran, plutôt que d’en inventer un.

Le résultat est souvent exprimé en microgrammes par gramme de créatinine. La créatinine est un déchet du muscle éliminé par les reins à un débit assez régulier. En rapportant la toxine à la créatinine, on corrige la dilution : une urine claire après beaucoup d’eau et une urine foncée après un effort ne se comparent pas autrement.

Pour situer ce que l’on peut attendre, une étude allemande a recherché dix biomarqueurs de mycotoxines dans les urines de 50 travailleurs d’installations de traitement de déchets organiques et de 37 volontaires non exposés. La gliotoxine n’a été détectée dans aucun échantillon (Schmied et al., 2026)2. Même dans un milieu riche en bioaérosols de moisissures, cette toxine n’est donc pas apparue dans l’urine de ce groupe.

Deux erreurs de lecture sont à éviter :

  • Un résultat positif indique une exposition, pas une maladie. Il ne donne ni la dose reçue, ni la source, ni la cause d’un symptôme.
  • Un résultat négatif n’exclut pas une exposition. La toxine peut être absente de l’urine au moment du recueil ou rester sous le seuil de détection.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est non validé : l’intérêt clinique du dosage urinaire de la gliotoxine n’est pas démontré. À notre connaissance au moment de la rédaction, une seule étude humaine indexée dans PubMed a cherché la gliotoxine dans l’urine, et elle ne l’a pas détectée (étude allemande citée plus haut).

Ce qui est établi :

  • la gliotoxine est produite par des moisissures courantes, dont Aspergillus fumigatus ;
  • elle est toxique pour des cellules immunitaires dans des modèles de laboratoire ;
  • elle peut être mesurée par LC-MS/MS dans l’urine.

Ce qui n’est pas démontré :

  • une valeur seuil au-delà de laquelle un effet sur la santé apparaît ;
  • un lien entre une concentration urinaire et des symptômes chez un patient ;
  • la capacité du test à confirmer ou à écarter une infection à Aspergillus ;
  • son utilité pour juger de l’efficacité d’un assainissement.

Soyez prudent face aux offres commerciales qui présentent ce dosage comme un diagnostic. Une exposition aux moisissures se documente d’abord sur le bâtiment et sur l’histoire clinique. Une infection fongique se recherche par des examens ciblés (imagerie, sérologies, prélèvements respiratoires), décidés par un médecin.

Les analyses à associer

La gliotoxine n’a guère de sens isolée. Voici ce qui aide à la replacer dans son contexte :

  • Ochratoxine A et aflatoxines : elles sont dosées dans le même type de panel et renseignent sur l’exposition alimentaire ou environnementale ;
  • Chaetoglobosine A : toxine d’une autre moisissure des bâtiments humides ;
  • Immunoglobulines E spécifiques : elles explorent une allergie aux moisissures, mécanisme distinct de la toxicité ;
  • un avis médical et, si besoin, un diagnostic du bâtiment par un professionnel.

À retenir

  • La gliotoxine urinaire est un biomarqueur d’exposition aux moisissures, pas un test de maladie.
  • Aucun repère publié ne permet de la classer en normale ou anormale : chaque laboratoire a ses normes.
  • Dans l’unique étude humaine retrouvée, elle n’a été détectée chez personne, y compris chez des travailleurs exposés.
  • Un résultat se discute avec un médecin, avec le contexte de vie et de travail, jamais seul.

Sources éditoriales et fact-checking2 sources vérifiées2 études[+]

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Existe-t-il une valeur normale universelle pour la gliotoxine urinaire ?

  2. 02Une gliotoxine détectée dans l'urine prouve-t-elle que vos symptômes viennent des moisissures ?

  3. 03Dans l'étude allemande sur des travailleurs du traitement de déchets organiques, la gliotoxine a-t-elle été retrouvée dans les urines ?

  4. 04Pourquoi rapporte-t-on souvent le résultat à la créatinine ?

  5. 05Un résultat négatif exclut-il toute exposition aux moisissures ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : ce qui peut fausser le chiffre.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.