Ce que mesure l’analyse
Le virus de l’hépatite C (VHC) infecte le foie. Selon Santé publique France, il se transmet principalement par le sang. D’après la HAS (2019), certaines infections s’éliminent spontanément, mais la plupart deviennent chroniques. Une infection chronique peut rester silencieuse pendant des années, puis évoluer : selon la HAS, 20 % ou plus des personnes infectées de façon chronique développent une cirrhose ou un cancer du foie.
Le dépistage se fait en deux temps. On recherche d’abord les anticorps anti-VHC, qui montrent un contact avec le virus. S’ils sont présents, on recherche l’ARN du VHC, c’est-à-dire le matériel génétique du virus, qui montre si le virus est encore présent dans le sang.
Comment se passe le prélèvement
Le test de référence est une prise de sang veineuse, analysée par une technique ELISA. Il existe aussi des TROD, des tests rapides d’orientation diagnostique réalisés sur une goutte de sang au bout du doigt. Selon la HAS, un TROD positif doit être confirmé par un test ELISA de troisième génération sur une prise de sang veineuse.
Quand les anticorps sont positifs, la HAS demande une recherche quantitative de l’ARN du virus sur le même prélèvement, ce qui évite une seconde prise de sang.
Comment lire le résultat
Le résultat est qualitatif : il n’y a pas de repère chiffré commun pour les anticorps. La HAS donne cette lecture :
- anticorps négatifs : pas de contact avec le virus, sauf infection très récente, à recontrôler trois mois plus tard, ou immunodépression sévère, où l’on recherche directement l’ARN ;
- anticorps positifs, ARN détectable : infection active ;
- anticorps positifs, ARN indétectable : infection éliminée, spontanément ou après traitement ; la HAS demande alors un suivi régulier.
Un point surprend souvent : les anticorps restent présents après l’élimination du virus. La HAS insiste pour que les patients en soient informés, afin qu’un test positif plus tard ne soit pas mal compris.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est élevé pour la stratégie en deux temps. Le débat porte sur qui dépister.
Les chiffres ont baissé. Selon la HAS, en 2011, 0,75 % des adultes de 18 à 80 ans avaient des anticorps, soit environ 344 500 personnes, et 0,42 % avaient une infection chronique. Selon Santé publique France, en 2016, environ 133 000 personnes vivaient avec une hépatite C chronique en France métropolitaine, dont 19 % sans le savoir.
Deux positions coexistent. L’AFEF, la société savante des spécialistes du foie, recommande depuis 2018 de dépister chaque adulte au moins une fois dans sa vie, en combinant hépatite B, hépatite C et VIH, car le dépistage ciblé sur les facteurs de risque a ses limites. La HAS a conclu fin 2019 que ce dépistage universel ne serait pas efficient en France, du fait d’une prévalence en baisse, et a préféré renforcer le dépistage ciblé, en surveillant le risque de nouvelle infection chez les personnes très exposées.
Le dépistage reste d’autant plus utile que les traitements actuels sont très efficaces : la HAS leur attribue une efficacité virologique supérieure à 90 %. Le choix et le suivi d’un traitement reviennent au médecin.
Les analyses à associer
- Alanine aminotransférase : une hausse inexpliquée est une raison de dépister.
- Sérologie hépatite B et sérologie VIH : un dépistage souvent combiné.
- Score de fibrose hépatique : en cas d’infection chronique.
À retenir
- Le dépistage se fait en deux temps : anticorps, puis ARN du virus.
- Des anticorps positifs ne suffisent pas à dire que l’infection est active.
- Les anticorps persistent après l’élimination du virus.
- Un test négatif peut être trop précoce : la HAS conseille de le refaire trois mois plus tard.
- L’AFEF recommande un dépistage de chaque adulte ; la HAS privilégie un dépistage ciblé.