Ce que mesure l’analyse
La tuberculose est due à Mycobacterium tuberculosis, le bacille de Koch. Après un contact, la plupart des personnes infectées ne tombent pas malades : le bacille reste contrôlé par le système immunitaire. C’est l’infection tuberculeuse latente, sans symptôme ni contagiosité, qui peut toutefois évoluer plus tard vers une tuberculose maladie, surtout si l’immunité baisse.
Le Quantiféron est un test IGRA (interferon gamma release assay). Il repose sur la mémoire immunitaire : des lymphocytes T qui ont déjà rencontré le bacille libèrent une molécule, l’interféron gamma, quand on les remet en présence de protéines du bacille. Selon la HAS (2015), ces protéines, ESAT-6 et CFP-10, sont absentes du vaccin BCG et de la plupart des mycobactéries de l’environnement : le test n’est donc pas influencé par une vaccination antérieure.
La version actuelle, QuantiFERON-TB Gold Plus, utilise quatre tubes. Selon QIAGEN, le tube TB1 explore la réponse des lymphocytes CD4, le tube TB2 celle des CD4 et des CD8. Un tube « Nil » sert de témoin négatif, un tube « Mitogène » de témoin positif.
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang, souvent dans les quatre tubes spécifiques. Le délai compte : selon QIAGEN, le sang prélevé directement dans ces tubes peut rester jusqu’à 16 heures à température ambiante avant d’être incubé 16 à 24 heures à 37 °C. L’interféron gamma est ensuite dosé par ELISA. La HAS souligne que ces étapes préanalytiques sont critiques et demandent un laboratoire équipé et formé.
Comment lire le résultat
Les résultats s’expriment en UI/mL d’interféron gamma, après soustraction de la valeur du tube Nil. Selon QIAGEN :
- positif : TB1 ou TB2 moins Nil d’au moins 0,35 UI/mL et d’au moins 25 % du Nil ;
- négatif : valeurs sous ces seuils, avec un témoin positif valide (Mitogène moins Nil d’au moins 0,50 UI/mL) ;
- indéterminé : Nil au-dessus de 8,0 UI/mL, ou témoin positif trop faible alors que les tubes TB sont négatifs.
Un résultat indéterminé n’est pas un échec du patient : il traduit souvent une immunité affaiblie ou un problème technique. La HAS note aussi que les résultats proches du seuil peuvent fluctuer d’un test à l’autre.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est élevé : les IGRA sont reconnus par la HAS. Leurs atouts, selon la HAS (2015) : une meilleure spécificité que l’intradermoréaction à la tuberculine (IDR), l’absence de seconde visite pour la lecture, une technique standardisée et un témoin positif qui repère les faux négatifs liés à l’immunodépression. Leurs limites : ils ne disent pas si des bacilles vivants persistent, ne prédisent pas l’évolution vers la maladie, et un résultat négatif n’exclut ni une infection latente ni une tuberculose active.
Les indications se sont élargies. Selon La Revue du Praticien (juin 2026), la HAS a rendu deux avis, le 29 octobre 2025 pour les personnes immunocompétentes et le 1er juin 2026 pour les personnes immunodéprimées. Ils ajoutent notamment les enfants de moins de 15 ans contacts d’un cas, certains migrants récents issus de pays à forte incidence, des groupes précaires, l’insuffisance rénale avancée, et les patients avant une greffe ou une thérapie ciblée immunosuppressive. La HAS estime que l’association avec l’IDR peut être pertinente dans certaines situations à haut risque. Le même article rappelle que trois tuberculoses sur quatre sont pulmonaires et qu’une personne atteinte de tuberculose pulmonaire active peut contaminer 10 à 15 personnes par an.
Les analyses à associer
- Sérologie VIH : un facteur majeur de passage à la maladie.
- Lymphocytes CD4 : un déficit immunitaire peut gêner l’interprétation.
- Créatinine : l’insuffisance rénale avancée fait partie des indications.
À retenir
- Le Quantiféron mesure la réponse des lymphocytes T à des protéines du bacille de la tuberculose.
- Un tube TB est positif à partir de 0,35 UI/mL et d’au moins 25 % du Nil.
- Le vaccin BCG ne fausse pas le résultat.
- Le test ne distingue pas une infection latente d’une tuberculose active.
- La HAS a élargi ses indications en 2025 et 2026.