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UrinesReins et urinesPreuve validée

Protéinurie des 24 heures

Aussi appelée Protéinurie de 24 heures · Protéines urinaires des 24 heures · Débit urinaire de protéines

Les repères

  • Normal à légèrement augmenté moins de 0,15 g/24 h
  • Modérément augmenté 0,15 à 0,5 g/24 h
  • Sévèrement augmenté 0,5 à 3 g/24 h
  • Niveau néphrotique (syndrome néphrotique si albumine sanguin plus de 3 g/24 h

Source : KDIGO 2012, Kidney Int Suppl 2013;3(1):1-150, catégories de protéinurie des 24 heures (tableau 7) ; HAS, PNDS glomérulonéphrite extramembraneuse, synthèse pour le médecin généraliste (définition du syndrome néphrotique). Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

La protéinurie des 24 heures mesure la quantité totale de protéines perdues dans les urines en une journée. Elle quantifie une atteinte rénale et sert à repérer et suivre un syndrome néphrotique.

Pourquoi on la demande

  • Quantifier précisément une protéinurie repérée sur bandelette ou sur échantillon
  • Rechercher et suivre un syndrome néphrotique
  • Suivre une maladie glomérulaire et sa réponse au traitement
  • Explorer une protéinurie qui n'est pas de l'albumine (chaînes légères d'un myélome, atteinte des tubules)
  • Rechercher une protéinurie liée à la station debout chez l'adolescent ou le jeune adulte
  • Surveiller une grossesse compliquée d'hypertension

Ce qui peut la fausser

  • Recueil incomplet ou mal minuté
  • Effort intense pendant le recueil ou la veille
  • Fièvre ou infection urinaire
  • Station debout prolongée chez l'adolescent ou le jeune adulte
  • Contamination par les règles ou des sécrétions vaginales
  • Récipient mal conservé ou mal mélangé avant l'analyse

Causes d’une valeur haute

  • Hausse passagère : effort intense, fièvre, infection
  • Protéinurie de position debout (orthostatique), sans gravité chez le jeune
  • Atteinte rénale liée au diabète ou à l'hypertension
  • Maladies glomérulaires (néphropathie à IgA, glomérulonéphrite extramembraneuse, hyalinose segmentaire et focale)
  • Prééclampsie pendant la grossesse
  • Myélome et autres maladies produisant des chaînes légères
  • Amylose, lupus

Recueil d’urinesBilan néphrologique ; suivi d'une maladie glomérulaire ou d'un syndrome néphrotique ; bilan d'hypertension de la grossesse

g/24 hPreuve validée4 sources

Profil sportif

Après un effort prolongé ou intense, une protéinurie passagère est fréquente et disparaît rapidement sans conséquence. Le recueil doit donc se faire sur une journée calme, sans compétition ni séance difficile. Une protéinurie qui persiste au repos n'est pas « normale pour un sportif » et mérite un avis médical.

Ce que mesure l’analyse

Cette analyse dose toutes les protéines éliminées dans les urines recueillies pendant une journée complète. Un rein sain en laisse passer très peu ; une perte plus importante signale une atteinte du rein ou une cause passagère.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

La protéinurie des 24 heures mesure la quantité totale de protéines éliminées dans les urines en une journée. Un rein sain en laisse passer très peu : moins de 150 mg par jour, selon les recommandations internationales KDIGO.

Ces protéines n’ont pas toutes la même origine. Quand le filtre du rein, le glomérule, est abîmé, c’est surtout l’albumine qui fuit : on parle de protéinurie glomérulaire. Quand les tubules réabsorbent mal, de petites protéines apparaissent : c’est la protéinurie tubulaire. Enfin, l’excès de certaines protéines dans le sang, comme les chaînes légères d’immunoglobulines dans un myélome, peut déborder dans les urines.

Mesurer les protéines totales capte ces trois mécanismes, là où le dosage de l’albumine ne voit que le premier.

Comment se passe le prélèvement

Tout repose sur un recueil complet des urines pendant exactement 24 heures, dans le récipient fourni par le laboratoire.

  • Au lever, urinez dans les toilettes et notez l’heure : c’est le départ ;
  • Recueillez ensuite toutes les urines du jour et de la nuit ;
  • Le lendemain, à la même heure, urinez une dernière fois dans le récipient ;
  • Gardez le récipient au frais pendant le recueil et apportez-le rapidement au laboratoire.

Un oubli suffit à fausser le résultat. Le laboratoire dose souvent la créatinine des 24 heures pour vérifier que le recueil est complet. Choisissez une journée calme : un effort intense, une fièvre, une infection urinaire ou les règles peuvent augmenter les protéines urinaires de façon passagère.

Comment lire le résultat

En France, le résultat s’exprime en g/24 h. Les recommandations KDIGO distinguent trois niveaux :

  • Moins de 0,15 g/24 h : normal à légèrement augmenté ;
  • De 0,15 à 0,5 g/24 h : modérément augmenté ;
  • Plus de 0,5 g/24 h : sévèrement augmenté.

Au-delà de 3 g/24 h, la protéinurie est dite de niveau néphrotique. Associée à une albumine sanguine inférieure à 30 g/L, elle définit le syndrome néphrotique, selon le protocole national de diagnostic et de soins publié par la HAS sur la glomérulonéphrite extramembraneuse. Le même document admet un équivalent sur échantillon : un rapport protéines sur créatinine urinaire supérieur à 300 mg/mmol.

Un résultat élevé ne dit pas d’où viennent les protéines. Le médecin s’appuie sur le contexte, l’albumine urinaire, la présence de sang dans les urines et parfois une électrophorèse des protéines urinaires.

Une alternative plus simple

Le recueil de 24 heures est contraignant et souvent incomplet. Pour le dépistage et le suivi, KDIGO privilégie un rapport mesuré sur un simple échantillon : le rapport albumine sur créatinine, ou à défaut le rapport protéines sur créatinine, normal en dessous de 15 mg/mmol. La protéinurie des 24 heures garde sa place quand une quantification précise est nécessaire, par exemple dans les maladies glomérulaires.

Ce que dit la science

Niveau de preuve : validé. La protéinurie est un marqueur d’atteinte rénale reconnu par la HAS et par KDIGO, et un facteur de pronostic : plus elle est abondante, plus le risque d’évolution de la maladie rénale est élevé.

La méthode a toutefois ses limites pratiques. Les erreurs de recueil sont fréquentes, et le résultat dépend de l’activité de la journée. Chez l’adolescent et le jeune adulte, la station debout prolongée peut provoquer une protéinurie dite orthostatique, sans gravité, absente des urines de la nuit : un recueil séparé du jour et de la nuit permet de la reconnaître.

Enfin, la bandelette urinaire ne remplace pas ce dosage. Sa réponse dépend de la concentration des urines (KDIGO), et elle détecte surtout l’albumine.

Les analyses à associer

Le rapport albumine sur créatinine urinaire précise la part d’albumine. L’albumine sanguine, avec la protéinurie, permet de parler de syndrome néphrotique. Le débit de filtration glomérulaire situe la fonction rénale. L’électrophorèse des protéines sériques recherche une protéine anormale, comme dans le myélome.

À retenir

  • Un rein sain élimine moins de 0,15 g de protéines par 24 heures ;
  • Le recueil doit être complet et fait sur une journée calme ;
  • Au-delà de 3 g/24 h, on parle de niveau néphrotique ;
  • Un rapport sur échantillon d’urine est souvent plus simple pour le suivi.

Testez-vous

4 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Une protéinurie à 0,10 g/24 h, c'est...

  2. 02Une protéinurie à 0,8 g/24 h, c'est...

  3. 03À partir de quel niveau parle-t-on de protéinurie de niveau néphrotique ?

  4. 04Une protéinurie après un marathon est-elle forcément grave ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 4

  1. 1Kidney Disease: Improving Global Outcomes (KDIGO) CKD Work Group. KDIGO 2012 Clinical Practice Guideline for the Evaluation and Management of Chronic Kidney Disease. Kidney Int Suppl. 2013;3(1):1-150
  2. 2Kidney Disease: Improving Global Outcomes (KDIGO) CKD Work Group. KDIGO 2024 Clinical Practice Guideline for the Evaluation and Management of Chronic Kidney Disease. Kidney Int. 2024;105(4S):S117-S314. doi:10.1016/j.kint.2023.10.018
  3. 3Haute Autorité de santé. Protocole national de diagnostic et de soins : glomérulonéphrite extramembraneuse, synthèse à destination du médecin généraliste (2022)
  4. 4Haute Autorité de santé. Guide du parcours de soins : maladie rénale chronique de l'adulte (2021, mis à jour en 2023)

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.