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SangUrinesReins et urinesPreuve émergente

NGAL

Aussi appelée Lipocaline associée à la gélatinase des neutrophiles · Lipocaline-2 · LCN2 · uNGAL

Les repères

  • Urine : sous le 95e percentile de l'adulte sain (Abbott Arch moins de 107 ng/mL
  • Urine : au-dessus du 95e percentile de l'adulte sain plus de 107 ng/mL

Adulte · Source : Cullen et al., Ann Clin Biochem 2012, NGAL urinaire sur Abbott Architect. Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

Le NGAL est une petite protéine libérée en grande quantité par les cellules du rein quand elles souffrent. Son dosage, dans les urines ou le sang, peut signaler une atteinte rénale avant la créatinine, mais il reste peu utilisé en France.

Pourquoi on la demande

  • Évaluer, chez l'enfant hospitalisé en réanimation, le risque d'insuffisance rénale aiguë dans les jours suivants (usage autorisé aux États-Unis)
  • Repérer tôt une souffrance des reins après une chirurgie cardiaque, surtout dans le cadre de la recherche
  • Distinguer une atteinte des cellules du rein d'une simple baisse de la filtration, par exemple lors d'une déshydratation
  • Estimer le pronostic d'une insuffisance rénale aiguë, comme le risque de recours à la dialyse
  • Étudier l'effet d'un effort extrême sur les reins, dans des protocoles de recherche

Ce qui peut la fausser

  • Une infection urinaire ou la présence de globules blancs dans les urines
  • Une infection grave ou une inflammation généralisée, surtout pour le NGAL du sang
  • Une maladie rénale chronique, qui élève le NGAL en dehors de toute atteinte aiguë
  • Le sexe : les valeurs sont plus élevées chez les femmes
  • Une hémolyse, qui interfère avec certains dosages du NGAL plasmatique
  • Un effort très prolongé dans les 24 heures précédentes, comme un marathon
  • La conservation : un jour à température ambiante, trois jours au réfrigérateur pour l'urine selon la notice ProNephro
  • La trousse et l'automate, qui ne donnent pas tous les mêmes valeurs

Causes d’une valeur haute

  • Infection urinaire ou leucocyturie
  • Effort très prolongé, de façon passagère
  • Infection grave ou inflammation généralisée
  • Maladie rénale chronique
  • Insuffisance rénale aiguë avec atteinte des cellules des tubules
  • Certains cancers

Prise de sang · Recueil d’urinesÉvaluation du risque d'insuffisance rénale aiguë en réanimation pédiatrique (ProNephro AKI, BioPorto, aux États-Unis), protocoles de recherche

ng/mLPreuve émergente20 sources

Profil sportif

Un marathon fait monter le NGAL urinaire de façon passagère : de 8,2 à 47,0 ng/mL en moyenne à l'arrivée, avec un retour à la normale en 24 heures (McCullough et al., 2011). Après 60 km de course, il était multiplié par 7,7 dans les urines et par 1,6 dans le sang (Lippi et al., 2012). Finir une course de 161 km bien hydraté semble limiter la hausse des marqueurs d'atteinte rénale (Linder et al., 2025).

Ce que mesure l’analyse

Ce test mesure le NGAL, une protéine produite par certains globules blancs et par les cellules du rein lorsqu'elles sont agressées. Il sert surtout à repérer tôt une atteinte aiguë des reins, en réanimation ou en recherche.

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À lire avec

Ce que mesure l’analyse

Le NGAL, ou lipocaline associée à la gélatinase des neutrophiles, est une petite protéine d’environ 25 kilodaltons. Elle a d’abord été isolée dans les neutrophiles, des globules blancs (Kjeldsen et al., 1993). Son rôle premier est de défense : elle capte les sidérophores, de petites molécules que certaines bactéries utilisent pour voler le fer, et freine ainsi leur croissance (Goetz et al., 2002).

Le NGAL est aussi produit par les cellules immunitaires, le foie et les cellules des tubules du rein, les petits canaux qui transforment le filtrat en urine (Schmidt-Ott et al., 2007). Quand ces cellules sont agressées, sa production explose. Chez la souris, le NGAL urinaire vient surtout de la partie terminale du néphron, l’unité de filtration du rein (Paragas et al., 2011).

D’où son intérêt : la créatinine, le marqueur habituel, reflète la filtration et monte avec retard. Le NGAL, lui, signale une atteinte des cellules du rein, parfois avant toute baisse de la filtration.

Comment se passe le prélèvement

Le NGAL se dose dans les urines, sur un échantillon simple, ou dans le sang. Pour le test urinaire autorisé aux États-Unis, l’échantillon se conserve un jour à température ambiante et trois jours au réfrigérateur (FDA). Une autre étude a trouvé des résultats stables après 48 heures à 4 °C ou à 25 °C (Parikh et al., 2014). Pour le sang, une hémolyse peut fausser certains dosages (Pedersen et al., 2010).

Signalez une infection urinaire, une infection récente ou une maladie rénale connue. Évitez aussi un effort très prolongé dans les 24 heures qui précèdent.

Comment lire le résultat

Le NGAL s’exprime en nanogrammes par millilitre (ng/mL), équivalents aux microgrammes par litre (µg/L). Il n’existe pas de valeur de référence universelle : chaque trousse a les siennes.

Dans les urines, chez l’adulte sain, le 95e percentile se situait à 107 ng/mL sur l’automate Abbott Architect, avec des valeurs plus élevées chez la femme (Cullen et al., 2012). Dans le plasma, une étude sur le même automate a obtenu un intervalle de 38,7 à 157,6 ng/mL chez l’homme et de 24,4 à 142,5 ng/mL chez la femme (Makris et al., 2015).

Le seuil le mieux encadré concerne l’enfant. La FDA a autorisé le test ProNephro AKI (BioPorto) chez les enfants de 3 mois à moins de 22 ans admis en réanimation, dans les 24 premières heures. Au-delà de 125 ng/mL dans les urines, le risque d’insuffisance rénale aiguë modérée à sévère dans les 48 à 72 heures augmente. La sensibilité était de 72,3 % et la spécificité de 86,3 % ; surtout, un résultat sous le seuil s’accompagnait d’une absence d’insuffisance rénale modérée à sévère dans 96,9 % des cas. Chez l’enfant en bonne santé, le 97,5e percentile atteignait 50 ng/mL chez les garçons et 96 ng/mL chez les filles (Baker et al., 2025).

Ce qui compte vraiment

Le NGAL n’est pas spécifique du rein. Une infection urinaire ou des globules blancs dans les urines l’élèvent (Decavele et al., 2011). Une infection grave élève le NGAL du sang, même sans atteinte rénale (Mårtensson et al., 2010). Il augmente enfin à mesure que la fonction rénale chronique baisse (Bolignano et al., 2009).

Ce que dit la science

Le NGAL est un marqueur prometteur, mais son usage reste limité et discuté. Niveau de preuve : émergent.

L’étude fondatrice portait sur des enfants opérés du cœur. Deux heures après la circulation extracorporelle, le NGAL urinaire passait de 1,6 à 147 µg/L en moyenne, alors que la créatinine ne permettait le diagnostic qu’un à trois jours plus tard (Mishra et al., 2005). Une méta-analyse de 19 études et 2 538 patients a confirmé une bonne capacité à prédire l’insuffisance rénale aiguë, meilleure chez l’enfant que chez l’adulte (Haase et al., 2009).

Le consensus international ADQI suggère d’associer marqueurs d’atteinte, comme le NGAL, et marqueurs de fonction, comme la créatinine, avec le contexte clinique. Il rappelle aussi que, dans deux essais randomisés, le NGAL plasmatique n’a pas amélioré le choix du moment de la dialyse (Ostermann et al., 2020).

En France, les recommandations formalisées d’experts de la SFAR et de la SRLF déconseillent d’utiliser les biomarqueurs rénaux pour diagnostiquer précocement une insuffisance rénale aiguë (Ichai et al., 2016).

Côté sport, le NGAL a beaucoup servi à étudier le rein des coureurs. Après un marathon, le NGAL urinaire passait en moyenne de 8,2 à 47,0 ng/mL et revenait à la normale en 24 heures (McCullough et al., 2011). Dans une autre cohorte, 82 % des marathoniens avaient une hausse de créatinine compatible avec une insuffisance rénale aiguë, avec un pic des marqueurs à l’arrivée (Mansour et al., 2017). Après 60 km, le NGAL était multiplié par 7,7 dans les urines et par 1,6 dans le sang (Lippi et al., 2012). Sur un trail de 120 km, les marqueurs urinaires montaient sans baisse significative de la filtration (Poussel et al., 2020). Enfin, sur une course de 161 km, finir bien hydraté semblait limiter la hausse des marqueurs d’atteinte rénale (Linder et al., 2025).

Les analyses à associer

  • Créatinine : le marqueur classique de la filtration, qui monte plus tard ;
  • Cystatine C : un autre marqueur de la filtration, moins lié à la masse musculaire ;
  • Examen cytobactériologique des urines : écarte une infection urinaire ;
  • Protéine C réactive : signale une inflammation, qui peut élever le NGAL du sang.

À retenir

  • Le NGAL signale une agression des cellules du rein, parfois avant la créatinine ;
  • Ses valeurs dépendent de la trousse et du sexe ; il n’existe pas de norme universelle ;
  • Infection urinaire, infection grave et maladie rénale chronique l’élèvent aussi ;
  • Un marathon le fait monter pendant quelques heures ;
  • En France, il n’est pas recommandé pour diagnostiquer tôt une insuffisance rénale aiguë.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Chez un enfant en réanimation, un NGAL urinaire de 125 ng/mL ou plus signifie...

  2. 02Un NGAL urinaire au-dessus de 107 ng/mL chez un adulte en bonne santé, c'est...

  3. 03Une infection urinaire peut-elle faire monter le NGAL urinaire ?

  4. 04Un marathon peut-il faire monter le NGAL ?

  5. 05Les recommandations françaises conseillent-elles ce dosage pour diagnostiquer tôt une insuffisance rénale aiguë ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 20

  1. 1U.S. Food and Drug Administration. 510(k) K232761, ProNephro AKI (NGAL), BioPorto Diagnostics : NGAL urinaire, seuil de 125 ng/mL chez l'enfant de 3 mois à moins de 22 ans admis en réanimation.
  2. 2Baker TM, Bird CA, Broyles DL, et al. Determination of Urinary Neutrophil Gelatinase-Associated Lipocalin (uNGAL) Reference Intervals in Healthy Adult and Pediatric Individuals Using a Particle-Enhanced Turbidimetric Immunoassay. Diagnostics (Basel). 2025;15(1). doi:10.3390/diagnostics15010095. PMID 39795623.
  3. 3Cullen MR, Murray PT, Fitzgibbon MC. Establishment of a reference interval for urinary neutrophil gelatinase-associated lipocalin. Ann Clin Biochem. 2012;49(Pt 2):190-3. doi:10.1258/acb.2011.011105. PMID 22323662.
  4. 4Makris K, Stefani D, Makri E, et al. Evaluation of a particle enhanced turbidimetric assay for the measurement of neutrophil gelatinase-associated lipocalin in plasma and urine on Architect-8000: Analytical performance and establishment of reference values. Clin Biochem. 2015;48(18):1291-7. doi:10.1016/j.clinbiochem.2015.08.003. PMID 26297118.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.