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SangAuto-immunitéPreuve validée

Anticorps anticytoplasme des polynucléaires neutrophiles

Aussi appelée ANCA · c-ANCA et p-ANCA · Anti-PR3 et anti-MPO · Anticorps anti-protéinase 3 et anti-myéloperoxydase

Les repères

  • Négatif moins de 0,4 U (anti-MPO, Mayo)
  • Négatif moins de 0,4 U (anti-PR3, Mayo)
  • Équivoque 0,4 à 0,9 U (anti-MPO, Mayo)
  • Équivoque 0,4 à 0,9 U (anti-PR3, Mayo)
  • Positif plus de 1 U (anti-MPO, Mayo)
  • Positif plus de 1 U (anti-PR3, Mayo)

Source : Mayo Clinic Laboratories, test MPO, immunodosage multiplex, unités U ; Mayo Clinic Laboratories, test PR3, immunodosage multiplex, unités U. Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

Les ANCA sont des auto-anticorps dirigés contre des protéines des polynucléaires neutrophiles. Leur recherche, surtout des anti-PR3 et anti-MPO, est centrale dans le diagnostic de certaines vascularites des petits vaisseaux.

Pourquoi on la demande

  • Rechercher une vascularite associée aux ANCA devant une atteinte des reins, des poumons, des sinus, de la peau ou des nerfs.
  • Explorer une perte rapide de la fonction des reins avec du sang ou des protéines dans les urines.
  • Compléter le bilan d'un asthme d'apparition tardive avec beaucoup de polynucléaires éosinophiles.
  • Suivre une vascularite connue, en appui de l'examen clinique.

Ce qui peut la fausser

  • Technique : immunofluorescence ou immunodosages (ELISA, Luminex) ; seuils et unités propres à chaque trousse.
  • Infections : endocardite, bartonellose, tuberculose peuvent s'accompagner d'ANCA.
  • Maladies inflammatoires de l'intestin : ANCA possibles, souvent atypiques.
  • Cocaïne coupée au lévamisole et certains médicaments : ANCA, souvent anti-MPO et anti-PR3 à la fois.
  • Traitement en cours : le taux peut baisser.

Causes d’une valeur haute

  • Granulomatose avec polyangéite (surtout anti-PR3)
  • Polyangéite microscopique (surtout anti-MPO)
  • Granulomatose éosinophilique avec polyangéite (anti-MPO dans environ un tiers des cas)
  • Vascularite toxique ou médicamenteuse (cocaïne coupée au lévamisole)
  • Infections chroniques, maladies inflammatoires de l'intestin (ANCA souvent atypiques)

Prise de sangBilan de vascularite ; bilan d'une atteinte rénale rapidement progressive ; panel vascularite (anti-PR3, anti-MPO, immunofluorescence).

U (anti-PR3 et anti-MPO, selonPreuve validée5 sources

Ce que mesure l’analyse

Ces auto-anticorps visent des enzymes contenues dans certains globules blancs, les polynucléaires neutrophiles. Ils orientent vers des vascularites, des inflammations des petits vaisseaux qui peuvent toucher les reins, les poumons ou les sinus.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

Les ANCA (anticorps anticytoplasme des polynucléaires neutrophiles) sont des auto-anticorps dirigés contre des enzymes contenues dans le cytoplasme des polynucléaires neutrophiles, des globules blancs de la défense immédiate. Deux cibles comptent surtout :

  • la protéinase 3 (PR3), visée par les anti-PR3 ;
  • la myéloperoxydase (MPO), visée par les anti-MPO.

Ces anticorps sont associés à des vascularites, des inflammations de la paroi des petits vaisseaux sanguins. Les principales sont la granulomatose avec polyangéite, la polyangéite microscopique et la granulomatose éosinophilique avec polyangéite. Elles peuvent toucher les reins, les poumons, les sinus, la peau ou les nerfs.

Comment se passe le prélèvement

C’est une prise de sang classique, sans préparation particulière. Deux familles de techniques existent. L’immunofluorescence indirecte sur polynucléaires décrit un aspect : cytoplasmique (c-ANCA) ou périnucléaire (p-ANCA). Les immunodosages (ELISA, Luminex, dot) identifient directement la cible, PR3 ou MPO.

Le consensus international de 2017 (Bossuyt et al., Nature Reviews Rheumatology) propose d’utiliser des immunodosages de bonne qualité en première intention, sans recours systématique à l’immunofluorescence. Le PNDS des vascularites associées aux ANCA (HAS, 2026) reprend cette approche, tout en rappelant qu’un immunodosage peut être faussement négatif et qu’un autre test peut alors aider. En France, selon le document Biomnis sur la nomenclature, des ANCA positifs conduisent au typage anti-PR3 et anti-MPO.

Comment lire le résultat

Seuils et unités dépendent de la trousse. À titre d’exemple, Mayo Clinic Laboratories (États-Unis) donne pour ses immunodosages anti-MPO et anti-PR3 : négatif sous 0,4 U, équivoque de 0,4 à 0,9 U, positif à partir de 1,0 U.

La cible oriente. Selon le PNDS, les anti-PR3 se trouvent dans la plupart des granulomatoses avec polyangéite, environ 60 % des formes localisées et 85 % des formes systémiques. Les anti-MPO se trouvent dans environ 60 % des polyangéites microscopiques et un tiers des granulomatoses éosinophiliques avec polyangéite.

Des ANCA peuvent aussi apparaître hors de ces vascularites : lors de certaines infections (endocardite, bartonellose, tuberculose), de maladies inflammatoires de l’intestin, ou après exposition à de la cocaïne coupée au lévamisole, souvent avec une double positivité anti-MPO et anti-PR3. Le PNDS cite aussi des vascularites d’origine médicamenteuse.

Les deux approches se recoupent. Les critères de classification cités par le PNDS associent l’aspect cytoplasmique aux anti-PR3 et l’aspect périnucléaire aux anti-MPO. Mayo considère qu’un anti-MPO positif avec un aspect périnucléaire, dans un contexte évocateur, est compatible avec une polyangéite microscopique ou une granulomatose éosinophilique avec polyangéite. Ce qui compte vraiment, c’est donc la cible et le contexte clinique, bien plus que la valeur exacte du chiffre.

Un résultat négatif n’exclut pas une vascularite, rappelle Mayo. La biopsie, notamment rénale, garde alors une place essentielle.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est élevé. Dans un contexte évocateur de vascularite, la spécificité des ANCA approche 100 % selon le PNDS de la HAS. Ils font partie des critères de classification de ces maladies.

Leur intérêt dans le suivi est plus nuancé. Selon le PNDS, une hausse ou une réapparition des ANCA ne suffit pas à diagnostiquer une rechute, mais justifie une surveillance plus rapprochée. Les anti-MPO sont moins souvent associés aux rechutes que les anti-PR3, et la persistance des ANCA sous traitement d’entretien est associée à un risque de rechute. Mayo rappelle que le taux ne doit pas servir seul à juger la réponse au traitement.

Les analyses à associer

  • Créatinine et protéinurie des 24 heures : pour rechercher une atteinte des reins.
  • Protéine C réactive : pour mesurer l’inflammation.
  • Anticorps antinucléaires : pour écarter une autre maladie auto-immune.

À retenir

  • Les ANCA visent surtout deux enzymes des neutrophiles : la PR3 et la MPO.
  • Les anti-PR3 orientent vers la granulomatose avec polyangéite, les anti-MPO vers la polyangéite microscopique.
  • Seuils et unités dépendent de la trousse : positif à partir de 1,0 U chez Mayo, par exemple.
  • Infections, maladies de l’intestin et cocaïne coupée au lévamisole peuvent aussi donner des ANCA.
  • Une remontée des ANCA ne signe pas à elle seule une rechute.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Chez Mayo Clinic Laboratories, un anti-PR3 à 1,0 U ou plus est…

  2. 02Quelle spécificité domine dans la granulomatose avec polyangéite ?

  3. 03Des ANCA positifs suffisent-ils à affirmer une vascularite ?

  4. 04Chez une personne suivie, une remontée des ANCA signe-t-elle à coup sûr une rechute ?

  5. 05Quelle substance peut faire apparaître des ANCA, souvent anti-MPO et anti-PR3 à la fois ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 5

  1. 1HAS, Groupe français d'étude des vascularites, filière FAI²R. Protocole national de diagnostic et de soins (PNDS) Vascularites associées aux ANCA, janvier 2026.
  2. 2Bossuyt X, Cohen Tervaert JW, Arimura Y, et al. Position paper: Revised 2017 international consensus on testing of ANCAs in granulomatosis with polyangiitis and microscopic polyangiitis. Nat Rev Rheumatol. 2017;13(11):683-692. PMID 28905856.
  3. 3Mayo Clinic Laboratories (Rochester, États-Unis). Myeloperoxidase Antibodies, IgG, Serum, test MPO : immunodosage multiplex en flux.
  4. 4Mayo Clinic Laboratories (Rochester, États-Unis). Proteinase 3 Antibodies, IgG, Serum, test PR3 : immunodosage multiplex en flux.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.