Ni l’Agence mondiale antidopage, ni l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) ne certifient de complément alimentaire. La norme antidopage que conseille l’agence française, la NF EN 17444, n’a même pas de logo officiel. Certains fabricants choisissent de créer leur propre logo, qui fait référence à la norme.
Pour savoir si un pot suit cette norme, vous devez donc chercher une phrase précise sur l’emballage. Et cette phrase porte sur un lot, pas sur la marque. Un nom comme Creapure répond à une autre question. Il vous dit d’où vient l’ingrédient, en l’occurrence une créatine fabriquée en Allemagne.
Voici la phrase telle que l’AFLD la donne. Les produits conformes à la NF EN 17444 « doivent présenter » cette mention :
« Ce produit a été développé et fabriqué conformément aux exigences de l’EN 17444 à la date de production du lot. »
Les derniers mots ont un sens précis : la phrase vaut pour un lot, celui du pot que vous achetez, à la date où il a été produit.
Cette mention compte parce qu’un complément n’est pas un médicament. L’expertise collective de l’Inserm sur le dopage, publiée en avril 20261, rappelle qu’il n’est « pas soumis aux exigences d’une évaluation rigoureuse » de son efficacité, de sa sécurité ni même de sa qualité de fabrication. Pour les produits qui « prétendent favoriser le développement musculaire ou la réduction de la masse grasse », jusqu’à 58 % des échantillons analysés « pourraient ainsi être contaminés à des taux susceptibles d’entraîner un contrôle antidopage positif ».
Creapure vous dit qui a fabriqué la créatine
Une étude publiée en 2022 dans la revue Heliyon2 décrit une créatine monohydrate micronisée « fabriquée par AlzChem en Allemagne sous le nom de marque Creapure® » (traduit de l’anglais). Creapure est donc le nom commercial d’une matière première : il vous dit qui l’a fabriquée, et où.
Prenez le cas de Power Nutrition, site de vente en ligne de nutrition sportive, doublé d’une boutique à Cugnaux (Haute-Garonne), près de Toulouse. Power Nutrition, dont la fiche de créatine de marque propre affiche une créatine « labellisée Creapure® », écrit sur son blog que la présence d’une matière première identifiée « ne permet toutefois pas, à elle seule, d’évaluer la qualité globale du complément alimentaire qui l’utilise ».
Derrière « Grass Fed », cherchez un standard
Le mot peut renvoyer à un vrai standard. En Irlande, l’organisme Bord Bia a élaboré en 2020, avec la filière laitière du pays, un standard « Grass-Fed ». Les transformateurs laitiers qui veulent utiliser le logo qui l’accompagne sont audités sur ce standard tous les 12 mois. Là, il y a un organisme nommé derrière la mention3.
Si un pot affiche « Grass Fed », cherchez à côté le nom d’un standard ou d’un certificateur. Sans ce nom, rien sur l’emballage ne vous dit qui a vérifié la mention.
Qui contrôle la norme antidopage ?
La NF EN 17444 repose sur un engagement du fabricant. L’AFLD la décrit comme « une norme d’application volontaire en vertu de laquelle les fabricants s’engagent à respecter certaines exigences de fabrication et de conception ». Rien n’oblige donc un fabricant à la suivre. La phrase sur l’emballage est sa propre déclaration4.
Certains fabricants affichent aussi un label maison. L’IRBMS estime que ces labels « ne peuvent apporter une garantie suffisante, puisque le cahier des charges est établi par le fabricant lui-même ». Pour une vérification par un tiers, la même page cite Sport Protect, « un organisme certificateur privé » dont le label vient « certifier que la norme AFNOR est bien respectée »5.
L’agence française conseille de son côté les produits conformes à la norme, suivis par le programme Sport Protect, ou les deux. Elle cite aussi des programmes d’analyse reconnus par des organisations antidopage étrangères : Informed Sport au Royaume-Uni, NSF Sport aux États-Unis et la Liste de Cologne en Allemagne. Si l’un de ces noms figure sur un pot, vous savez à quel programme le fabricant se réfère.
Ce que la norme ne couvre pas
Comme ce n’est pas une norme de certification de produits, la NF EN 17444 « ne peut garantir à 100 % qu’un produit ne contiendra pas de substances interdites », note l’IRBMS. Elle est aussi « attachée à un produit et non à une marque ».
Au moment d’acheter, cherchez donc la phrase sur le pot lui-même, même si un autre produit de la marque l’affiche déjà. Lisez ensuite la composition à part, car la norme « ne garantit pas la qualité nutritionnelle du produit ».
Vrai ou faux ?
Une créatine portant la marque Creapure garantit que le complément fini est conforme aux exigences antidopage.
C’est faux.
Creapure identifie une matière première de créatine. La conformité antidopage du produit fini doit être évaluée séparément, notamment au regard de la norme NF EN 17444 et des programmes de contrôle éventuels.
Testez vos connaissances
3 questionsQuestion 1 sur 3
Que signifie la mention relative à la norme NF EN 17444 ?
Bonne réponse : B. La mention porte sur le lot concerné. L’AFLD ne certifie pas les compléments alimentaires.
Question 2 sur 3
Que garantit principalement le nom Creapure ?
Bonne réponse : B. Creapure est une marque de matière première de créatine, et non une certification antidopage de chaque produit fini.
Question 3 sur 3
La norme NF EN 17444 garantit-elle une absence absolue de substances interdites ?
Bonne réponse : B. La norme vise à prévenir les contaminations, mais elle ne garantit pas un risque nul.
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Sources éditoriales et fact-checking5 sources vérifiées1 étude1 institution officielle






