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Régimes alimentaires

Le jeûne intermittent pourrait protéger le cerveau du stress chronique

Par · Diététicienne nutritionnistePublié le Relu par THAI Jimmy, Rédacteur en chef
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jeune intermittent pourrait proteger cerveau stress chronique
Crédit photo © Docteur-Fitness.com
Sommaire

Le stress chronique ne se contente peut-être pas de fatiguer le cerveau.

Il pourrait aussi toucher une structure beaucoup plus discrète, mais essentielle au fonctionnement des neurones : la myéline. Cette substance qui entoure certaines fibres nerveuses permet aux signaux électriques de circuler efficacement dans le cerveau.

Et c’est là que le jeûne intermittent devient particulièrement intéressant.

Une nouvelle étude publiée dans Translational Psychiatry1 suggère qu’il pourrait limiter les dégâts provoqués par un stress prolongé sur le cerveau. Mais le résultat le plus surprenant ne se trouve peut-être pas dans le cerveau lui-même.

Il se trouve dans l’intestin.

L’étude en brefÉtude chez l'animal

Le jeûne intermittent peut-il protéger le cerveau du stress chronique ?

  • Participants32 souris mâles C57BL/6J
  • Durée14 jours de stress chronique
  • Publiée dansTranslational Psychiatry

Ce qu’elle montre

Chez les souris soumises au stress chronique, le jeûne intermittent a atténué les comportements de type dépressif et la démyélinisation observée dans plusieurs régions cérébrales.

Ses limites

Étude réalisée uniquement chez la souris. Les résultats n’établissent pas un effet protecteur du jeûne intermittent chez l’être humain ni un lien causal avec les bactéries identifiées.

Quand le stress s’attaque à la myéline

Pour comprendre l’expérience, il faut d’abord regarder ce que les chercheurs ont fait subir aux animaux.

Des souris mâles ont été soumises pendant 14 jours à un stress chronique particulièrement marqué. Elles étaient placées quatre heures par jour dans un dispositif limitant fortement leurs mouvements.

Les chercheurs ont ensuite observé leur comportement et leur cerveau.

Chez les souris soumises au stress et nourries normalement, plusieurs signes associés à un comportement dépressif ont été observés. Elles restaient notamment davantage immobiles lors du test de nage forcée et manifestaient moins d’intérêt pour une solution sucrée.

Mais ce n’était pas le seul changement.

Les chercheurs ont constaté une diminution de la myéline dans plusieurs régions cérébrales, notamment le corps calleux, le cortex préfrontal médian et l’hippocampe. Ces régions participent notamment à la communication entre différentes zones du cerveau, à la régulation émotionnelle et à la mémoire.

Puis les chercheurs ont introduit le jeûne intermittent.

Et les résultats ont changé.

Un cerveau moins touché par le stress

Les souris soumises au stress chronique mais placées dans le groupe de jeûne intermittent présentaient moins de comportements considérés comme dépressifs dans les tests utilisés par les chercheurs.

Surtout, les anomalies de la myéline étaient nettement atténuées.

Dans le corps calleux, les analyses utilisant la coloration Black-Gold II ont montré une diminution de la perte de myéline chez les souris soumises au jeûne. Les chercheurs ont également observé une restauration de la protéine basique de la myéline, appelée MBP, dans plusieurs régions cérébrales.

Ce résultat est intéressant parce qu’il suggère que le stress chronique n’agit pas uniquement sur ce que l’on ressent ou sur le comportement.

Il pourrait aussi modifier physiquement certains éléments qui permettent aux neurones de communiquer correctement.

Mais une question reste entière : comment une modification de l’alimentation pourrait-elle agir sur la myéline du cerveau ?

C’est ici que l’étude prend une autre direction.

Vrai ou faux ?

Le jeûne intermittent a déjà démontré qu’il protège le cerveau humain contre le stress chronique.

C’est faux.

Faux. L’étude a été réalisée chez des souris mâles. Elle montre un effet sur des comportements de type dépressif et sur la myéline, mais ces résultats n’ont pas encore été validés chez l’être humain.

Le véritable acteur pourrait être dans l’intestin

Les chercheurs ont analysé les bactéries présentes dans l’intestin des souris.

Et le jeûne intermittent avait profondément modifié leur composition.

Les analyses ont montré des changements de la diversité du microbiote et de la structure globale de la communauté bactérienne. Certaines espèces devenaient plus abondantes, d’autres diminuaient.

Deux bactéries, Prevotellamassilia timonensis et Muricoprocola aceti, étaient notamment associées à une meilleure intégrité de la myéline et à certains résultats comportementaux plus favorables.

À l’inverse, Anaeroplasma abactoclasticum était associée à des marqueurs moins favorables de l’intégrité de la myéline.

Attention toutefois à ne pas aller trop vite.

Les chercheurs ont observé des associations entre ces bactéries, la myéline et les comportements des animaux. Cela ne signifie pas qu’une de ces bactéries est responsable à elle seule de l’effet du jeûne.

L’étude ne démontre pas non plus que le microbiote transmet directement un signal protecteur au cerveau.

Elle montre surtout que les deux phénomènes évoluent ensemble.

Le jeûne agirait donc sur l’axe intestin-cerveau ?

C’est l’hypothèse proposée par les auteurs.

Le stress chronique peut modifier le microbiote intestinal. Le jeûne intermittent modifie à son tour cet environnement bactérien. Ces changements pourraient influencer certains mécanismes métaboliques et immunitaires susceptibles d’affecter le cerveau et la myéline.

Les analyses réalisées dans l’étude suggèrent d’ailleurs que le jeûne intermittent pouvait partiellement normaliser certaines fonctions métaboliques perturbées par le stress.

Mais il manque encore une pièce importante au puzzle.

Les chercheurs n’ont pas démontré que ces bactéries sont indispensables à l’effet observé. Ils n’ont pas non plus testé le rôle du nerf vague, une voie majeure de communication entre l’intestin et le cerveau.

Autrement dit, le microbiote apparaît comme une piste sérieuse, pas comme une explication définitive.

Et chez l’être humain ?

C’est probablement la partie la plus importante de cette étude.

Pour le moment, on ne sait pas.

L’expérience a été réalisée sur seulement des souris mâles. Chaque groupe comptait huit animaux. Le protocole de jeûne était par ailleurs particulièrement marqué : les souris jeûnaient pendant 24 heures un jour sur deux, avec une journée d’alimentation libre entre deux périodes de jeûne.

Ce protocole ne peut donc pas être assimilé automatiquement au traditionnel jeûne intermittent pratiqué chez l’être humain.

Il serait surtout prématuré d’affirmer que le jeûne intermittent protège le cerveau contre la dépression ou empêche la perte de myéline chez l’homme.

L’étude apporte autre chose.

Elle révèle un mécanisme possible, jusque-là peu visible : face à un stress chronique, modifier le rythme alimentaire pourrait influencer simultanément le microbiote intestinal, certains marqueurs cérébraux et certains comportements.

La découverte est donc moins « le jeûne soigne la dépression » que « le rythme auquel on mange pourrait modifier la manière dont le cerveau réagit au stress ».

Et cette nuance change beaucoup de choses.

Les auteurs eux-mêmes considèrent leurs résultats comme une base pour de futures recherches. Des études chez l’être humain seront nécessaires pour déterminer si le phénomène existe réellement chez nous et, surtout, si son ampleur est suffisante pour avoir une quelconque importance clinique.

Quiz

Testez vos connaissances

3 questions
  1. Question 1 sur 3

    Sur quels animaux cette étude a-t-elle été réalisée ?

    Bonne réponse : A. L’étude a utilisé des souris mâles C57BL/6J.

  2. Question 2 sur 3

    Quelle structure cérébrale a notamment montré une atteinte de la myéline après le stress ?

    Bonne réponse : A. Le corps calleux, le cortex préfrontal médian et l’hippocampe présentaient notamment des signes de démyélinisation.

  3. Question 3 sur 3

    Que peut-on conclure concernant l’être humain ?

    Bonne réponse : C. Les résultats sont précliniques et n’ont pas encore été validés chez l’être humain.

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Sources éditoriales et fact-checking1 source vérifiée1 étude[+]

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