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Vitamine D

Aussi appelée 25-hydroxyvitamine D · 25(OH)D · Calcidiol · Vitamine D totale (D2 + D3)

Le dosage de la 25-hydroxyvitamine D mesure le stock de vitamine D de l'organisme. Il aide à repérer un déficit, en tenant compte de la saison, des compléments et du contexte.

Prise de sangFamille : vitaminesPreuve courante

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Le cadran

ng/mL

Les seuils changent d’un laboratoire à l’autre : ceux de votre compte rendu passent avant. Rien n’est envoyé, le calcul se fait dans votre navigateur.

En bref

La 25(OH)D est la forme de réserve de la vitamine D, fabriquée par la peau au soleil ou apportée par l'alimentation. Son dosage indique si le stock est suffisant pour les os et le calcium.

À lire avec

Prise de sangBilan phosphocalcique (calcium, phosphore, parathormone), bilan osseux, bilan de malabsorption, bilan de dénutrition, bilan de santé du sportif.

ng/mLPreuve courante

Profil sportif

Les sportifs d'intérieur ou ceux qui s'entraînent tôt le matin ou tard le soir manquent plus facilement de soleil. Les athlètes en endurance sur de longues périodes à l'abri de la lumière sont aussi exposés. Le dosage ne donne que le stock : il ne mesure pas l'effet sur la performance, que les études ne démontrent pas de façon univoque.

Pourquoi on la demande

  • Évaluer le statut en vitamine D chez une personne à risque : peau foncée, peu d'exposition solaire, port de vêtements couvrants, âge avancé
  • Bilan d'une fragilité osseuse : ostéoporose, fractures, douleurs osseuses, ostéomalacie
  • Maladies qui perturbent l'absorption : maladie cœliaque, maladie inflammatoire de l'intestin, chirurgie bariatrique
  • Insuffisance rénale chronique et suivi d'un trouble du calcium ou de la parathormone
  • Suivi d'une supplémentation prescrite par un médecin

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Exposition solaire insuffisante, surtout en hiver
  • Peau foncée, qui synthétise moins la vitamine D pour une même exposition
  • Apports alimentaires faibles (peu de poissons gras, d'œufs)
  • Obésité
  • Malabsorption digestive : maladie cœliaque, maladie de Crohn, chirurgie de l'obésité
  • Insuffisance rénale ou hépatique
  • Certains médicaments (antiépileptiques inducteurs enzymatiques, rifampicine, glucocorticoïdes au long cours)

Causes d’une valeur haute

  • Supplémentation, y compris par des gouttes ou des ampoules à forte dose
  • Exposition solaire importante et récente
  • Surdosage en vitamine D, rare, avec risque d'hypercalcémie
  • Certaines maladies granulomateuses (sarcoïdose), qui augmentent la forme active plus que la 25(OH)D

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Saison du prélèvement : les valeurs sont plus basses à la fin de l'hiver et plus hautes à la fin de l'été
  • Compléments de vitamine D (D2 ou D3) : ils font monter la valeur ; certaines techniques dosent mal la D2
  • Technique de dosage : les méthodes immunologiques et la chromatographie ne donnent pas toujours les mêmes résultats, d'où l'intérêt de refaire le contrôle dans le même laboratoire
  • Exposition solaire récente ou séjour au soleil et lampes UV
  • Obésité : la vitamine D est séquestrée dans le tissu adipeux, ce qui abaisse la valeur circulante
  • Médicaments qui accélèrent le catabolisme de la vitamine D (certains antiépileptiques, rifampicine)
  • Maladies hépatiques ou rénales sévères, qui modifient le métabolisme

Ce que mesure l’analyse

La vitamine D est une hormone fabriquée dans la peau sous l’effet des rayons UVB, ou apportée par l’alimentation (poissons gras, jaune d’œuf) et les compléments. Elle existe sous deux formes, la D2 (végétale) et la D3 (animale et cutanée). Le foie la transforme en 25-hydroxyvitamine D, ou 25(OH)D, aussi appelée calcidiol. C’est cette molécule que l’on dose.

On dose la 25(OH)D plutôt que la forme active, le calcitriol, parce que la première reflète les réserves de l’organisme : sa demi-vie est plus longue que celle de la forme active (Kafentzi et al., 2025)1. Le calcitriol, lui, est régulé de près par la parathormone et peut rester normal malgré un stock bas.

Le calcidiol est ensuite activé en calcitriol, surtout dans le rein. Cette hormone favorise l’absorption intestinale du calcium et du phosphore, et participe à la minéralisation de l’os.

Comment se passe le prélèvement

Il s’agit d’une simple prise de sang, à n’importe quelle heure de la journée. La 25(OH)D varie peu au cours de la journée. Beaucoup de laboratoires ne demandent pas d’être à jeun, mais suivez leurs consignes.

Gardez en tête la saison et vos compléments. Un prélèvement en fin d’hiver donne souvent une valeur plus basse qu’un prélèvement en fin d’été. Si vous prenez de la vitamine D, signalez la forme (D2 ou D3), la dose et la date de la dernière prise : cela change l’interprétation.

Comment lire le résultat

Le résultat est rendu en ng/mL ou en nmol/L selon le laboratoire. Regardez l’unité avant de comparer à des seuils trouvés sur Internet, car l’erreur d’unité est fréquente.

Dans l’étude de Kafentzi et al., la carence est définie par une valeur sous 20 ng/mL, ce que l’on retrouvait chez 36,4 % de 184 patients atteints de maladie inflammatoire de l’intestin. D’autres textes utilisent le seuil de 50 nmol/L : dans les études d’observation, des taux inférieurs à ce seuil sont associés de façon constante à des maladies chroniques (Cianferotti et al., 2017)2. Ces repères varient selon les sociétés savantes ; votre compte rendu indique les valeurs de référence de votre laboratoire.

Pour interpréter une valeur, trois éléments comptent : la saison du prélèvement, la prise récente de compléments, et la présence de symptômes ou de facteurs de risque osseux. Un résultat isolé légèrement bas chez une personne sans risque ne se traite pas de la même manière qu’un déficit chez une personne atteinte d’ostéoporose.

Ce que dit la science

Pour l’os, le rôle de la vitamine D est solidement établi : un statut suffisant favorise la santé du squelette, et une supplémentation est recommandée chez les personnes à haut risque de fractures. Pour le reste (cœur, diabète, cancer, maladies auto-immunes, mortalité), le tableau est moins clair. Les études d’observation montrent des taux bas associés à davantage de maladies, mais les essais randomisés sont contradictoires, et les auteurs européens concluent qu’aucune recommandation de supplémentation généralisée ne peut être faite pour ces maladies extra-osseuses. Ils précisent aussi que viser des taux bien supérieurs au seuil utile pour l’os n’est pas recommandé, la sécurité n’étant pas confirmée (Cianferotti et al., 2017). Cette association observée ne prouve pas que la vitamine D en soit la cause : un taux bas peut aussi refléter une moindre activité physique ou une maladie sous-jacente.

Un autre point utile : une seule mesure de l’alimentation ne prédit pas bien le taux sanguin. Dans une cohorte de personnes âgées, l’apport en vitamine D estimé par le dernier questionnaire alimentaire n’était pas relié à la 25(OH)D plasmatique, alors que la moyenne de plusieurs questionnaires répétés sur des années l’était, ce qui soutient l’usage de la 25(OH)D comme indicateur des apports habituels (Shea et al., 2026)3.

Niveau de preuve : courante. Le dosage est utile pour des indications précises, mais le consensus sur les seuils reste partiel et le dépistage chez toute personne sans risque n’est pas recommandé par défaut.

Les analyses à associer

Le calcium total et le phosphore, pour vérifier l’effet d’un déficit sur le métabolisme minéral. La parathormone, qui monte pour compenser un manque de vitamine D. Les phosphatases alcalines, marqueur de remodelage osseux. En cas de suspicion de trouble de l’activation, le calcitriol complète le bilan, mais il ne remplace pas la 25(OH)D.

À retenir

  • On dose la 25(OH)D, forme de réserve, et non le calcitriol, pour juger du stock.
  • Le résultat varie avec la saison, les compléments, l’obésité et certains médicaments.
  • Vérifiez l’unité (ng/mL ou nmol/L) avant de comparer à un seuil.
  • Pour l’os, la vitamine D est indispensable ; pour les maladies extra-osseuses, les preuves de bénéfice d’une supplémentation restent insuffisantes.
  • Une valeur basse est une piste à discuter avec un médecin, pas un diagnostic.

Sources éditoriales et fact-checking3 sources vérifiées3 études[+]

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Quelle forme dose-t-on pour juger des réserves en vitamine D ?

  2. 02Faut-il absolument être à jeun ?

  3. 03Que signifie un résultat sous 20 ng/mL ?

  4. 04Le résultat varie-t-il avec la saison ?

  5. 05Atteindre des taux très élevés de 25(OH)D est-il recommandé ?

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Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.