Aller au contenu

SangFoie et voies biliairesPreuve validée

Phosphatases alcalines

Aussi appelée PAL · ALP · Phosphatase alcaline

Les repères

  • Sous l'intervalle de référence moins de 43 UI/L
  • Intervalle de référence : 43 à 115 UI/L 43 à 115 UI/L
  • Au-dessus de l'intervalle de référence plus de 115 UI/L

Homme · Source : Schumann G et al., Clin Chem Lab Med 2011 (procédure de référence IFCC à 37 °C), intervalles préliminaires, homme de 20 ans et plus. Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

Les phosphatases alcalines (PAL) sont des enzymes produites surtout par le foie et l'os. Leur dosage aide à repérer une gêne à l'écoulement de la bile ou une maladie osseuse, et une valeur basse peut révéler une maladie rare méconnue.

Pourquoi on la demande

  • Rechercher une cholestase, c'est-à-dire un ralentissement de l'écoulement de la bile
  • Explorer une maladie osseuse : fracture en consolidation, maladie de Paget, lésion osseuse
  • Bilan d'une carence en vitamine D
  • Rechercher une hypophosphatasie devant des valeurs basses répétées
  • Compléter le bilan hépatique de première intention

Ce qui peut la fausser

  • Tube EDTA, citrate ou oxalate : valeurs faussement basses (guide des hôpitaux de Newcastle)
  • Repas gras : hausse d'une forme intestinale, d'où l'intérêt d'être à jeun (Matsushita et al., 1998)
  • Groupe sanguin O ou B chez les personnes « sécrétrices » : forme intestinale plus présente (Matsushita et al., 1998)
  • Croissance : valeurs bien plus hautes chez l'enfant et l'adolescent (Estey et al., 2013)
  • Grossesse : hausse au troisième trimestre, d'origine placentaire (Bacq et al., 1996)
  • Conservation : l'activité peut augmenter dans un sérum stocké, selon le réactif
  • Fracture récente en cours de consolidation

Causes d’une valeur haute

  • Croissance normale de l'enfant et de l'adolescent
  • Carence en vitamine D
  • Cholestase : obstacle des voies biliaires, cholangite biliaire primitive, cholangite sclérosante
  • Grossesse, au troisième trimestre
  • Remodelage osseux accru : fracture en consolidation, lésion osseuse
  • Maladie de Paget

Causes d’une valeur basse

  • Suites d'une chirurgie cardiaque avec circulation extracorporelle
  • Dénutrition
  • Carence en magnésium ou en zinc
  • Hypothyroïdie, anémie sévère
  • Hypophosphatasie, maladie héréditaire liée au gène ALPL
  • Maladie de Wilson
  • Artefact : prélèvement sur tube EDTA ou citraté

Prise de sangBilan hépatique, bilan phosphocalcique, bilan osseux

UI/LPreuve validée14 sources

Profil sportif

Dans une étude portant sur 80 111 jeunes adultes, plus de jours d'exercice aérobie ou de musculation allaient de pair avec des PAL un peu plus basses, sauf chez les hommes pratiquant la musculation (Fragala et al., 2017). Chez le jeune sportif en croissance, des PAL élevées reflètent surtout la construction osseuse, et la GGT aide à écarter une origine hépatique (Newsome et al., 2018).

Ce que mesure l’analyse

Ce test mesure l'activité des phosphatases alcalines, des enzymes venant surtout du foie et des os. Elles montent quand la bile s'écoule mal ou quand l'os se renouvelle vite, comme pendant la croissance.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

Les phosphatases alcalines (PAL) forment une famille d’enzymes qui retirent des groupes phosphate à de nombreuses molécules. Elles travaillent mieux en milieu alcalin, d’où leur nom.

Le dosage additionne plusieurs formes, appelées isoenzymes. Les deux principales viennent du foie et de l’os. L’intestin en libère après un repas gras, et le placenta pendant la grossesse.

Dans l’os, les PAL participent à la minéralisation : elles dégradent le pyrophosphate, un frein naturel au dépôt des minéraux (Whyte, 2016). Dans le foie, elles tapissent les canaux biliaires. Quand la bile s’écoule mal, leur production augmente.

En clair : des PAL élevées disent « foie ou os », sans préciser lequel. D’autres analyses font le tri.

Comment se passe le prélèvement

Une prise de sang sur tube sec ou hépariné, de préférence à jeun. La raison tient au repas. Chez les personnes dites « sécrétrices » de groupe O ou B, une forme intestinale circule en permanence. Une autre forme intestinale monte nettement après un repas gras, chez tout le monde (Matsushita et al., 1998).

Le tube compte aussi. L’EDTA, le citrate ou l’oxalate, présents dans d’autres tubes, font chuter artificiellement l’activité mesurée, selon le guide des hôpitaux de Newcastle. Une valeur basse inattendue doit donc d’abord faire vérifier le prélèvement.

Enfin, l’activité peut augmenter dans un sérum conservé, surtout après réfrigération ou congélation, selon la notice d’un fabricant de réactifs.

Comment lire le résultat

Le résultat s’exprime en UI/L, mesuré à 37 °C. Selon la publication de la procédure de référence de l’IFCC, les intervalles préliminaires de l’adulte sont :

  • Chez l’homme de 20 ans et plus : 43 à 115 UI/L ;
  • Chez la femme de 18 à 49 ans : 33 à 98 UI/L.

Les auteurs ont exclu les femmes de plus de 49 ans, la ménopause modifiant les valeurs (Schumann et al., 2011). Les laboratoires affichent des bornes un peu différentes selon leur réactif : l’intervalle imprimé sur votre compte rendu fait foi.

L’âge change tout. Pendant la croissance, la part osseuse s’envole. Les intervalles pédiatriques CALIPER retiennent 142 à 335 UI/L entre 1 et 9 ans, et jusqu’à 468 UI/L chez le garçon de 13 à 14 ans (Estey et al., 2013). La grossesse les augmente aussi, au troisième trimestre (Bacq et al., 1996).

Ce qui compte vraiment : l’association. Si la GGT est élevée elle aussi, l’origine est hépatique. Si elle est normale, l’os ou une carence en vitamine D deviennent les pistes les plus probables (Newsome et al., 2018).

Une valeur basse mérite aussi l’attention. Sur près de 70 000 dosages, 0,19 % étaient inférieurs à 30 UI/L, surtout après une chirurgie cardiaque ou en cas de dénutrition (Lum, 1995).

Ce que dit la science

Les PAL font partie du bilan hépatique de première intention au Royaume-Uni. L’American College of Gastroenterology définit l’atteinte cholestatique par une hausse prédominante des PAL et conseille de vérifier leur origine hépatique (Kwo et al., 2017). Niveau de preuve : validé.

Leur valeur dépasse le diagnostic. Dans une méta-analyse de 19 cohortes, le tiers de PAL le plus haut avait un risque de décès toutes causes 1,38 fois plus élevé que le tiers le plus bas (Kunutsor et al., 2014).

Les PAL basses restent, elles, le parent pauvre de la biologie. Dans un hôpital parisien, 0,13 % des patients avaient des PAL durablement inférieures à 40 UI/L, mais l’anomalie n’était relevée que dans 3 % des comptes rendus de sortie (Maman et al., 2016).

Or elle peut révéler l’hypophosphatasie, une maladie héréditaire liée à quelque 300 mutations du gène ALPL. Elle fragilise les os et les dents. Un taux sanguin élevé de phosphate de pyridoxal, la forme active de la vitamine B6, en est un marqueur sensible et spécifique (Whyte, 2016). Le diagnostic a des conséquences : certains traitements de l’ostéoporose, les antirésorbeurs, sont à éviter dans cette maladie.

Chez le sportif, les données sont rassurantes. Chez 80 111 jeunes adultes, plus de jours d’exercice allaient de pair avec des PAL un peu plus basses (Fragala et al., 2017).

Les analyses à associer

  • Gamma-glutamyl transférase : élevée elle aussi, elle confirme l’origine hépatique ;
  • Phosphatases alcalines osseuses : isolent la part osseuse en cas de doute ;
  • Bilirubine totale : complète le tableau d’une gêne à l’écoulement de la bile ;
  • Vitamine D : sa carence est une cause fréquente de PAL isolément élevées.

À retenir

  • Les PAL viennent surtout du foie et de l’os : la GGT fait le tri ;
  • Repère IFCC chez l’homme adulte : 43 à 115 UI/L ;
  • Chez l’enfant, des valeurs bien plus hautes sont normales ;
  • Des PAL basses à plusieurs reprises méritent d’être signalées au médecin.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Chez un homme adulte, des PAL entre 43 et 115 UI/L sont...

  2. 02Chez une femme de 18 à 49 ans, au-delà de quelle valeur les PAL dépassent-elles l'intervalle de l'IFCC ?

  3. 03Un enfant a des PAL bien plus hautes qu'un adulte : est-ce inquiétant ?

  4. 04Quelle analyse aide à savoir si des PAL élevées viennent du foie ?

  5. 05Des PAL basses à plusieurs reprises : faut-il en parler au médecin ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 14

  1. 1Schumann G, Klauke R, Canalias F, et al. IFCC primary reference procedures for the measurement of catalytic activity concentrations of enzymes at 37 °C. Part 9: reference procedure for the measurement of catalytic concentration of alkaline phosphatase. Clin Chem Lab Med 2011;49(9):1439-46. PMID 21702699
  2. 2Estey MP, Cohen AH, Colantonio DA, et al. CLSI-based transference of the CALIPER database of pediatric reference intervals from Abbott to Beckman, Ortho, Roche and Siemens Clinical Chemistry Assays: direct validation using reference samples from the CALIPER cohort. Clin Biochem 2013;46(13-14):1197-219. PMID 23578738
  3. 3University of Iowa Health Care, Pathology Laboratory Handbook. Alkaline Phosphatase : intervalles pédiatriques et adultes
  4. 4Newsome PN, Cramb R, Davison SM, et al. Guidelines on the management of abnormal liver blood tests. Gut 2018;67(1):6-19. PMID 29122851

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.