Ce que mesure l’analyse
La parathormone, ou PTH, est une hormone de 84 acides aminés fabriquée par les glandes parathyroïdes, quatre petites glandes situées derrière la thyroïde. Elles surveillent en permanence le calcium ionisé, la forme active du calcium. Dès qu’il baisse, elles libèrent de la PTH.
La PTH fait remonter le calcium de trois façons : elle mobilise le calcium de l’os, elle limite ses pertes par les reins, et elle active la vitamine D, qui améliore son absorption par l’intestin. Elle fait aussi éliminer le phosphore par les reins.
Le laboratoire mesure la PTH dite intacte. Les dosages de deuxième génération détectent aussi certains fragments, ceux de troisième génération seulement la molécule entière. Le résultat s’exprime en pg/mL ou en ng/L, deux unités équivalentes ; pour passer aux pmol/L, on multiplie par 0,1061 (Sky Lakes).
Comment se passe le prélèvement
La PTH se conserve mieux sur plasma EDTA que sur sérum. Dans une étude, elle restait stable 48 heures à température ambiante sur EDTA, alors qu’elle baissait dès 2 à 4 heures sur sérum (Teal et al., 2003). Le laboratoire Viollier la dose sur plasma EDTA, le matin à jeun (Viollier). Une équipe française recommande aussi un prélèvement le matin, à jeun, tout en préférant le sérum (Souberbielle et al., 2017) : suivez donc la consigne de votre laboratoire. La PTH présente en effet deux pics dans la journée (Redmond et al., 2016).
Signalez la prise de biotine, la vitamine B8. Avec une trousse, une prise quotidienne élevée pendant une semaine abaissait la PTH de 25,8 pg/mL en moyenne ; la trousse Roche testée n’était pas touchée (Li et al., 2017). La version récente de cette trousse tolère des concentrations de biotine bien plus élevées (FDA). Mayo Clinic Laboratories demande d’arrêter la biotine 12 heures avant (Mayo), le consensus international de 2022 au moins 48 heures (Bilezikian et al., 2022).
Comment lire le résultat
Les valeurs dépendent beaucoup de la trousse. Mayo Clinic Laboratories retient 15 à 65 pg/mL chez l’adulte, Viollier 18,4 à 80,1 ng/L, la trousse Roche 17,9 à 58,6 pg/mL. Entre quinze trousses, les écarts allaient de -44,9 % à +123 % : une PTH de 150 ng/L avec la méthode de référence donnait de 83 à 323 ng/L avec les autres (Souberbielle et al., 2006). Comparez donc toujours vos résultats dans le même laboratoire.
Le piège de la vitamine D
Beaucoup de valeurs de référence ont été établies dans des populations où la carence en vitamine D est fréquente, ce qui gonfle la limite haute. Chez des personnes de 60 à 79 ans, la limite haute passait de 64 à 46 ng/L quand on ne gardait que celles sans carence (Souberbielle et al., 2001). Dans une étude de 1 824 adultes, elle était de 45,5 ng/L chez les personnes sans carence, loin des 65 ng/L du fabricant, et un peu plus haute en cas de surpoids (Touvier et al., 2014).
La conséquence est concrète : chez des patients opérés d’une hyperparathyroïdie primaire confirmée, 40,5 % avaient une PTH inférieure ou égale à 65 ng/L, donc « normale » avec la limite habituelle (Souberbielle et al., 2003).
Ce que dit la science
Le dosage est recommandé pour le diagnostic de l’hyperparathyroïdie et le suivi de la maladie rénale chronique. Niveau de preuve : validé.
Le consensus français de 2024 rappelle que le diagnostic d’hyperparathyroïdie primaire repose sur une PTH inappropriée à la calcémie, c’est-à-dire normale ou haute alors que le calcium est élevé (Bouillet et al., 2025). Il faut d’abord écarter une carence en vitamine D et une insuffisance rénale (Kamenický et al., 2025). Il existe aussi une forme dite normocalcémique, avec un calcium total et ionisé normaux et une PTH élevée à deux reprises sur 3 à 6 mois, une fois les autres causes exclues (Bilezikian et al., 2022).
Dans la maladie rénale chronique, les recommandations KDIGO conseillent, chez les patients dialysés, de maintenir la PTH entre environ deux et neuf fois la limite haute de la trousse. Avant la dialyse, la valeur optimale n’est pas connue (Ketteler et al., 2018).
Chez le sportif
Un effort d’endurance fait monter la PTH. Après deux heures de vélo modéré, elle passait de 40,6 à 69,5 pg/mL (Barry et Kohrt, 2007) ; dans un autre essai, de 37,1 à 111,5 pg/mL (Sherk et al., 2017). En course à 75 % de la consommation maximale d’oxygène, elle augmentait de 52 % en fin d’effort et culminait 5 à 7 minutes après l’arrêt (Townsend et al., 2016). Chez 32 cyclistes, un repas riche en calcium avant l’effort rendait cette hausse 1,55 fois plus faible (Haakonssen et al., 2015). Une revue suggère qu’il faut un seuil d’intensité ou de durée pour que la PTH réagisse (Bouassida et al., 2006).
Les analyses à associer
- Calcium total : une PTH ne s’interprète qu’avec le calcium ;
- Calcium ionisé : utile dans les formes difficiles ;
- Vitamine D : une carence fait monter la PTH ;
- Créatinine : une baisse de la fonction rénale aussi.
À retenir
- La PTH fait remonter le calcium quand il baisse ;
- Elle se lit toujours avec la calcémie, la vitamine D et la fonction rénale ;
- Les valeurs varient beaucoup selon la trousse : comparez dans le même laboratoire ;
- Sans carence en vitamine D, la limite haute réelle est plus basse que celle de nombreux comptes rendus ;
- Un effort d’endurance la fait monter pendant quelques heures.