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SangOs et calciumPreuve courante

Propeptide N-terminal du collagène de type 1

Aussi appelée P1NP · PINP · Propeptide aminoterminal du procollagène de type 1 · Procollagène de type 1 N-terminal

Les repères

  • 25 à 69 ans : sous la valeur de référence (Alfred Health) moins de 15 µg/L
  • 25 à 69 ans : valeur de référence (Alfred Health) 15 à 80 µg/L
  • 25 à 69 ans : au-dessus de la valeur de référence plus de 80 µg/L

Homme · Source : Alfred Health Pathology, P1NP total (Roche cobas). Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

Le P1NP est un fragment libéré quand les cellules osseuses fabriquent du collagène neuf. C'est le marqueur de référence de la formation de l'os, surtout utile pour suivre un traitement de l'ostéoporose.

Pourquoi on la demande

  • Suivre l'efficacité d'un traitement de l'ostéoporose
  • Vérifier qu'un traitement freinant la destruction de l'os est bien pris
  • Suivre un traitement qui stimule la formation de l'os, comme le tériparatide
  • Évaluer le remodelage osseux, en complément de la densitométrie

Ce qui peut la fausser

  • Une fracture récente, qui élève tous les marqueurs pendant plusieurs mois
  • La croissance : les valeurs de l'enfant et de l'adolescent sont bien plus hautes
  • La trousse : P1NP total ou P1NP intact
  • Une insuffisance rénale avancée, avec le dosage total
  • La biotine (vitamine B8), qui peut le fausser vers le bas
  • Une hémolyse, qui peut le faire baisser à tort
  • Un apport d'énergie insuffisant chez la sportive

Causes d’une valeur haute

  • Croissance de l'enfant et de l'adolescent
  • Fracture récente
  • Traitement qui stimule la formation de l'os, comme le tériparatide
  • Ménopause
  • Insuffisance rénale avancée, avec un dosage total
  • Formation militaire intense

Causes d’une valeur basse

  • Traitements qui freinent la destruction de l'os, comme les bisphosphonates
  • Apport d'énergie insuffisant chez la femme active

Prise de sangSuivi des traitements de l'ostéoporose, bilan du remodelage osseux

µg/LPreuve courante20 sources

Profil sportif

Chez des femmes actives, cinq jours d'apport d'énergie très insuffisant abaissaient le P1NP d'environ 13 % (Papageorgiou et al., 2017). Un régime pauvre en glucides et riche en graisses diminue aussi sa réponse à l'effort (Dolan et al., 2024). Chez des recrues militaires, il passait de 78,0 à 110,4 µg/L pendant la formation, sans prédire les fractures de fatigue (Yanovich et al., 2013).

Ce que mesure l’analyse

Ce test mesure un fragment libéré à chaque fois que l'os fabrique du collagène neuf. Il varie peu selon l'heure et les repas, et sert surtout à vérifier qu'un traitement de l'ostéoporose agit.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

Le collagène de type 1 est la principale protéine de la charpente de l’os. Les ostéoblastes, les cellules qui construisent l’os, le fabriquent sous une forme plus longue, le procollagène. Au moment de l’assembler, ils en coupent les deux extrémités, qui partent dans le sang. Le P1NP est l’extrémité dite N-terminale : sa quantité reflète la production de collagène neuf, donc la formation de l’os.

Le P1NP circule sous deux formes : une forme intacte, faite de trois chaînes, et une forme plus petite, à une seule chaîne. Les trousses dites totales mesurent les deux, les trousses intactes seulement la première. La forme intacte est dégradée par le foie (Mayo), la petite est éliminée par le rein (Tridimas et al., 2021).

Comment se passe le prélèvement

Le P1NP est l’un des marqueurs osseux les plus simples à prélever : sa variation dans la journée est minime et les repas ne le modifient pas (Szulc et al., 2017). Mayo note toutefois des valeurs un peu plus hautes la nuit. Les recommandations françaises demandent de doser les marqueurs osseux à jeun, le matin, et au moins six mois après une fracture (Briot et al., 2018).

Le sérum se conserve 24 heures à température ambiante et 5 jours au réfrigérateur ; la biotine peut fausser le résultat vers le bas (Alfred Health). Une hémolyse peut aussi l’abaisser à tort (NUH Singapour).

Comment lire le résultat

Le résultat s’exprime en µg/L, ou en ng/mL, deux unités équivalentes. Les valeurs varient nettement d’un laboratoire à l’autre. Chez la femme non ménopausée, Alfred Health retient 15 à 70 µg/L, Mayo 19 à 83 µg/L avec un dosage intact, l’hôpital universitaire du Sussex 30 à 78 µg/L (UH Sussex). Viollier donne 15 à 59 µg/L pour tous les adultes (Viollier), Oxford 20 à 60 µg/L (OUH).

Ces écarts tiennent en partie aux trousses. Les automates Roche et IDS donnent des résultats très proches, alors que la méthode par radio-immunologie (Orion) s’en écarte (Cavalier et al., 2019). Une équipe propose désormais des valeurs communes à ces deux automates (Chubb et Vasikaran, 2026).

L’âge pèse lourd. Chez les garçons de 12 à 14 ans, Alfred Health retient 340 à 1 400 µg/L. Même chez la jeune adulte, l’os se construit encore : le NUH de Singapour retient 30 à 150 µg/L chez la femme de 18 à 22 ans, contre 17,5 à 80,3 µg/L à partir de 26 ans, avant la ménopause. Après la ménopause, Alfred Health monte la limite haute à 90 µg/L.

Ce que dit la science

Niveau de preuve : courant. C’est le marqueur de formation de référence au niveau international, mais il sert au suivi des traitements, pas au diagnostic.

L’IOF et l’IFCC l’ont choisi en 2011, avec le CTX (Vasikaran et al., 2011), et un programme américain travaille à harmoniser les dosages (Bauer et al., 2012). Des valeurs de changement significatif et des cibles de traitement ont depuis été établies (Vasikaran et al., 2023). Les marqueurs ne diagnostiquent pas l’ostéoporose (Eastell et Szulc, 2017), et rien ne montre qu’ils prédisent, pour une personne donnée, le bénéfice d’un traitement sur les fractures (Funck-Brentano et al., 2011). En France, le GRIO les juge utiles quand l’observance est mauvaise ou la réponse insuffisante (Roux et al., 2005), et les recommandations de 2018 ne les conseillent pas en routine pour évaluer le risque de fracture, tout en les jugeant utiles pour suivre les traitements qui freinent la destruction de l’os.

Suivre un traitement

Sous un traitement qui freine la destruction de l’os, une bonne réponse se traduit par une baisse d’au moins 10 µg/L, ou une valeur sous 35 µg/L (Szulc, 2018). Pour un bisphosphonate oral, un groupe de travail de l’IOF conseille de doser le P1NP au départ puis à 3 mois : une baisse de plus de 38 % est attendue, et ce critère repérait 84 % des patientes qui prenaient bien leur traitement ; sans baisse, le médecin vérifie d’abord la prise du traitement (Diez-Perez et al., 2017).

Sous tériparatide, le P1NP monte au contraire, le plus souvent de plus de 10 µg/L (Krege et al., 2014) ; Mayo rapporte cette hausse chez 77 à 79 % des patients après 3 mois. Entre deux dosages, Mayo considère qu’une variation d’au moins 21 % est significative ; Liverpool retient 37,8 % à la hausse et 27,4 % à la baisse (Liverpool).

Chez le sportif

Chez des femmes actives, cinq jours à 15 kcal par kilo de masse maigre et par jour, contre 45, abaissaient le P1NP d’environ 13 % ; chez les hommes, la baisse n’était pas significative (Papageorgiou et al., 2017). Un régime pauvre en glucides et riche en graisses diminue sa réponse à l’effort (Dolan et al., 2024). Chez 32 cyclistes, un repas riche en calcium avant l’effort ne modifiait pas le P1NP (Haakonssen et al., 2015). Chez des recrues, il montait de 78,0 à 110,4 µg/L pendant la formation, sans prédire les fractures de fatigue (Yanovich et al., 2013).

Les analyses à associer

  • Télopeptide C-terminal du collagène de type 1 : le marqueur de destruction de référence ;
  • Phosphatases alcalines osseuses : l’autre marqueur de formation ;
  • Débit de filtration glomérulaire : pour choisir la bonne trousse ;
  • Vitamine D : dans le bilan d’un traitement.

À retenir

  • Le P1NP reflète la fabrication de collagène neuf par l’os ;
  • Il varie peu selon l’heure et les repas ;
  • Les valeurs dépendent du laboratoire, de l’âge et de la ménopause ;
  • Il baisse sous traitement freinant la destruction de l’os et monte sous tériparatide ;
  • Il ne diagnostique pas l’ostéoporose.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Chez une femme non ménopausée de 25 à 49 ans, un P1NP entre 15 et 70 µg/L, c'est...

  2. 02Sous tériparatide, un traitement qui stimule la formation de l'os, quelle évolution du P1NP signale une réponse ?

  3. 03Le P1NP varie-t-il beaucoup selon l'heure et les repas ?

  4. 04Le P1NP sert-il à diagnostiquer une ostéoporose ?

  5. 05En cas d'insuffisance rénale avancée, quel dosage du P1NP faut-il éviter ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 20

  1. 1Alfred Health Pathology (Melbourne). P1NP total, Roche cobas : valeurs selon l'âge, le sexe et la ménopause, stabilité, biotine.
  2. 2Viollier (laboratoire, Suisse). P1NP total, électrochimiluminescence : valeur de référence.
  3. 3Mayo Clinic Laboratories. Procollagen I Intact N-Terminal, Serum (PINP) : valeurs, variation dans la journée, suivi du tériparatide.
  4. 4University Hospitals Sussex NHS. P1NP : valeurs de référence et critères de réponse au traitement.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.