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SangOs et calciumPreuve courante

Télopeptide C-terminal du collagène de type 1

Aussi appelée CTX · CrossLaps · Bêta-CTX · CTX-I

Les repères

  • Non ménopausée : sous la valeur de référence (Mayo) moins de 136 pg/mL
  • Non ménopausée : valeur de référence (Mayo) 136 à 689 pg/mL
  • Non ménopausée : au-dessus de la valeur de référence plus de 689 pg/mL

Femme · Source : Mayo Clinic Laboratories, bêta-CrossLaps sérique (Roche). Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

Le CTX est un fragment de collagène libéré quand l'os ancien est détruit. C'est le marqueur de référence de la résorption osseuse, très sensible à l'heure, aux repas et aux reins.

Pourquoi on la demande

  • Suivre l'efficacité d'un traitement qui freine la destruction de l'os
  • Vérifier qu'un bisphosphonate oral est bien pris
  • Surveiller l'os pendant une pause d'un traitement par bisphosphonate
  • Évaluer le remodelage osseux, avec le P1NP

Ce qui peut la fausser

  • L'heure : le CTX culmine la nuit et chute en début d'après-midi
  • Un repas avant la prise de sang, qui le fait baisser
  • Le type de tube : le plasma EDTA le conserve mieux
  • Une insuffisance rénale, qui l'élève
  • Une fracture dans les six mois précédents
  • Un alitement de plus de deux jours
  • Une séance de vélo dans les heures précédentes
  • La grossesse et l'allaitement

Causes d’une valeur haute

  • Ménopause
  • Fracture récente ou alitement prolongé
  • Insuffisance rénale
  • Hyperthyroïdie
  • Maladie de Paget, métastases osseuses ou myélome
  • Grossesse et allaitement
  • Arrêt d'un traitement par bisphosphonate

Causes d’une valeur basse

  • Traitements qui freinent la destruction de l'os, comme les bisphosphonates ou le dénosumab
  • Prise de sang réalisée après un repas

Prise de sangSuivi des traitements de l'ostéoporose, bilan du remodelage osseux

pg/mLPreuve courante20 sources

Profil sportif

Une séance de vélo fait monter le CTX, avec un pic entre 15 minutes et 2 heures après l'effort, alors que les autres types d'effort ne le modifiaient pas dans une méta-analyse (Dolan et al., 2022). Chez 32 cyclistes, un repas riche en calcium avant l'effort rendait cette hausse 1,40 fois plus faible (Haakonssen et al., 2015). Chez des femmes actives, cinq jours d'apport d'énergie très insuffisant augmentaient le CTX (Papageorgiou et al., 2017).

Ce que mesure l’analyse

Ce test mesure un fragment libéré quand l'os ancien est détruit pour être remplacé. Il varie fortement selon l'heure et les repas, d'où un prélèvement le matin à jeun, et sert surtout à suivre un traitement.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

L’os se renouvelle en permanence : des cellules appelées ostéoclastes détruisent l’os ancien, puis les ostéoblastes en reconstruisent. La charpente de l’os est faite de fibres de collagène de type 1, reliées entre elles par de petits ponts chimiques. Quand les ostéoclastes dégradent ce collagène, ils libèrent des fragments de son extrémité C-terminale qui portent encore ces ponts : c’est le CTX.

Sa quantité dans le sang reflète donc la résorption osseuse, c’est-à-dire la destruction de l’os ancien. Le CTX est ensuite éliminé par les reins (Wheater et al., 2013).

Comment se passe le prélèvement

C’est le point délicat. Le CTX culmine vers 5 heures du matin et atteint son minimum vers 14 heures, avec une amplitude d’environ 40 % autour de sa moyenne sur 24 heures ; le jeûne réduit cette variation au quart environ (Qvist et al., 2002). Au plus haut, il peut dépasser le double de sa valeur la plus basse (Wheater et al., 2013).

Les repas comptent aussi : une heure après un petit-déjeuner, le CTX avait baissé de 17,8 % (Clowes et al., 2002). Le groupe américain d’harmonisation des marqueurs osseux demande donc un prélèvement le matin, à jeun, et préfère le plasma EDTA, plus stable (Szulc et al., 2017).

L’horaire exact varie : avant 9 heures pour Eurofins Biomnis (Biomnis), avant 10 heures et après 12 heures de jeûne pour Mayo (Mayo), entre 9 et 12 heures pour Liverpool (Liverpool). Selon Biomnis, la variabilité d’un même sujet est de 7 % à jeun le matin, contre 14 % sans jeûne. Pour comparer deux dosages, gardez les mêmes conditions et le même laboratoire.

Comment lire le résultat

Le résultat s’exprime en pg/mL (ou ng/L) ; 1 µg/L vaut 1 000 pg/mL. Mayo retient 136 à 689 pg/mL chez la femme non ménopausée et 177 à 1 015 pg/mL après la ménopause. Chez l’homme, les valeurs baissent avec l’âge : 238 à 1 019 pg/mL entre 18 et 29 ans, 182 à 801 pg/mL entre 40 et 49 ans. Chez l’enfant, elles sont bien plus hautes : 447 à 2 457 pg/mL chez les garçons de 10 à 15 ans. Biomnis donne 0,16 à 0,44 µg/L pour les deux sexes, dans un document de 2012.

Plusieurs situations élèvent le CTX sans maladie de l’os : une fracture dans les six mois, un alitement de plus de deux jours, la grossesse et l’allaitement, selon Biomnis. Une baisse de la fonction rénale l’augmente aussi (Mayo). Des valeurs très élevées font évoquer une autre cause, comme des métastases osseuses ou un myélome (Eastell et Szulc, 2017).

Ce que dit la science

Niveau de preuve : courant. C’est le marqueur de résorption de référence, utile pour suivre un traitement, sans valeur pour le diagnostic.

L’IOF et l’IFCC l’ont choisi en 2011 comme marqueur de référence de la résorption, avec le P1NP pour la formation (Vasikaran et al., 2011). Les marqueurs ne servent pas à diagnostiquer une ostéoporose (Eastell et Szulc, 2017). En France, les recommandations de 2018 proposent de doser le CTX entre le 3e et le 12e mois d’un traitement freinant la destruction de l’os, avec un objectif au minimum dans les valeurs des femmes non ménopausées (Briot et al., 2018).

Suivre un traitement

Dans une étude, le CTX était 67,8 % plus élevé au début de la ménopause, et baissait jusqu’à 70,8 % après quatre mois d’alendronate ; sa variabilité d’un dosage à l’autre atteignait 20,6 % chez une même personne (Fink et al., 2000). Un mois après une injection de dénosumab, toutes les patientes avaient un CTX sous les valeurs des femmes non ménopausées (Eastell et al., 2011). Dans l’étude TRIO, plus de 70 % des femmes atteignaient la cible (Naylor et al., 2016).

Le seuil de baisse significative varie selon les sources : 25 % pour Mayo, environ 30 % pour Biomnis, 36 % pour Liverpool, et 56 % pour repérer un défaut de prise d’un bisphosphonate oral selon un groupe de l’IOF (Diez-Perez et al., 2017). Après l’arrêt d’un bisphosphonate, le CTX avait remonté de façon significative chez 66 % des femmes à 48 semaines (Naylor et al., 2019).

Chez le sportif

Une méta-analyse trouve une hausse du CTX après le vélo, avec un pic entre 15 minutes et 2 heures, mais pas avec les autres types d’effort, et un niveau de certitude faible (Dolan et al., 2022). Après un effort, il restait élevé pendant 4 heures ; une perfusion de calcium réduisait sa hausse de 71 % (Kohrt et al., 2018). Les essais avec un apport de calcium par la bouche divergent : un repas riche en calcium rendait la hausse 1,40 fois plus faible chez 32 cyclistes (Haakonssen et al., 2015), alors qu’une autre étude ne trouvait pas d’effet (Barry et al., 2011).

Le repas pèse aussi : avant même l’effort, le CTX baissait de 47 % après un petit-déjeuner, contre 26 % à jeun, la baisse à jeun reflétant la chute naturelle du matin (Scott et al., 2012). Chez des femmes actives, cinq jours d’apport d’énergie très insuffisant l’augmentaient (Papageorgiou et al., 2017). Évitez donc un effort, surtout à vélo, dans les heures qui précèdent le dosage.

Les analyses à associer

  • Propeptide N-terminal du collagène de type 1 : le marqueur de formation de référence ;
  • Débit de filtration glomérulaire : les reins modifient le CTX ;
  • Vitamine D : dans le bilan d’un traitement ;
  • TSH : une hyperthyroïdie l’élève.

À retenir

  • Le CTX reflète la destruction de l’os ancien ;
  • Il se dose le matin, à jeun, toujours dans les mêmes conditions ;
  • Les reins, une fracture récente et un alitement l’augmentent ;
  • Il sert à suivre un traitement, pas à diagnostiquer une ostéoporose ;
  • Un effort à vélo le fait monter pendant quelques heures.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Chez une femme non ménopausée, un CTX entre 136 et 689 pg/mL, c'est...

  2. 02Pourquoi le CTX se dose-t-il le matin, à jeun ?

  3. 03Sous traitement freinant la destruction de l'os, quel objectif retiennent les recommandations françaises ?

  4. 04Une séance de vélo peut-elle faire monter le CTX ?

  5. 05Une insuffisance rénale peut-elle fausser le CTX ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 20

  1. 1Mayo Clinic Laboratories. Beta-CrossLaps (Beta-CTx), Serum (CTX), électrochimiluminescence Roche : valeurs selon l'âge, le sexe et la ménopause, conditions de prélèvement, suivi des traitements.
  2. 2ARUP Laboratories. Beta-CrossLaps (CTx), Serum : valeurs de l'adulte et de l'enfant, stabilité.
  3. 3Eurofins Biomnis. Télopeptides du collagène osseux de type 1, précis de biopathologie (2012) : valeurs, conditions de prélèvement, causes de variation.
  4. 4Liverpool University Hospitals NHS. CTX, plasma : moyennes de référence, cible sous traitement, moindre variation significative.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.