Aller au contenu

UrinesOs et calciumPreuve courante

Désoxypyridinoline urinaire

Aussi appelée DPD · Deoxypyridinoline · D-Pyr · Ponts pyridinium

Les repères

  • Sous la valeur de référence (Mayo, immunodosage) moins de 2,3 nmol/mmol de créatinine
  • Valeur de référence (Mayo, immunodosage) 2,3 à 8,7 nmol/mmol de créatinine
  • Au-dessus de la valeur de référence (Mayo) plus de 8,7 nmol/mmol de créatinine

Homme · Source : Mayo Clinic Laboratories, désoxypyridinoline urinaire (immunodosage). Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

La désoxypyridinoline est un pont chimique du collagène de l'os, libéré dans les urines quand l'os est détruit. Ce marqueur ancien reste proposé, mais les marqueurs sanguins l'ont largement remplacé.

Pourquoi on la demande

  • Évaluer la destruction de l'os à partir d'un échantillon d'urine
  • Suivre un traitement qui freine la destruction de l'os
  • Compléter un bilan du remodelage osseux
  • Étudier, en recherche, l'effet de l'activité physique ou de l'immobilité sur l'os

Ce qui peut la fausser

  • L'heure : la DPD culmine la nuit
  • Le choix de l'urine : première ou deuxième urine du matin selon le laboratoire
  • La lumière : les rayons ultraviolets dégradent la molécule
  • Le rapport à la créatinine, qui ajoute sa propre variabilité
  • Une forte variabilité d'un jour à l'autre
  • Un alitement, qui l'augmente
  • La forme dosée : libre ou totale

Causes d’une valeur haute

  • Alitement ou repos strict prolongé
  • Croissance de l'enfant
  • Mode de vie sédentaire après la ménopause

Causes d’une valeur basse

  • Traitements qui freinent la destruction de l'os
  • Exposition prolongée de l'échantillon à la lumière

Recueil d’urinesBilan du remodelage osseux sur urine

nmol/mmol de créatininePreuve courante18 sources

Profil sportif

Chez des femmes ménopausées, la DPD urinaire augmentait en un an chez les sédentaires, mais pas chez celles qui pratiquaient la marche rapide (Brooke-Wavell et al., 2001). Chez des athlètes d'athlétisme, elle ne différait pas entre ceux qui allaient faire une fracture de fatigue et les autres (Bennell et al., 1998). Le laboratoire Labcorp la dit insensible à l'exercice, ce que ces études nuancent.

Ce que mesure l’analyse

Ce test mesure dans les urines un fragment du collagène libéré quand l'os ancien est détruit. Il dépend de l'heure, de la lumière et du recueil, et le CTX sanguin est aujourd'hui préféré.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

Les fibres de collagène qui forment la charpente de l’os sont reliées par de petits ponts chimiques, appelés ponts pyridinium. Il en existe deux : la pyridinoline et la désoxypyridinoline, ou DPD. La DPD se trouve surtout dans l’os, et aussi dans la dentine des dents (Linde et Robins, 1988 ; Martin-de las Heras et al., 1999).

Quand l’os ancien est détruit, ces ponts sont libérés puis éliminés dans les urines, sous forme libre ou liée à de petits fragments. Leur dosage reflète donc la résorption osseuse. Atout de la DPD : elle est propre au tissu osseux et ne dépend pas de l’alimentation (Wheater et al., 2013).

Comment se passe le prélèvement

On recueille un échantillon d’urine le matin. Mayo, ARUP et Viollier demandent la première urine du matin (Mayo ; Viollier). Une revue (Wheater et al., 2013) et une lettre d’information de Viollier plus ancienne parlent au contraire de la deuxième urine du matin (Vigaro, 2019). Suivez donc la consigne de votre laboratoire, et gardez-la pour les contrôles suivants.

Protégez le flacon de la lumière. Les ultraviolets dégradent ces ponts du collagène ; trois heures à la lumière naturelle ne changeaient pas significativement le résultat, mais une journée le faisait baisser (Colwell et al., 1996).

L’heure compte aussi : la DPD culmine la nuit et atteint son minimum dans la journée (Schlemmer et al., 1994). Chez des femmes non ménopausées, la DPD totale était 37,9 % plus haute la nuit, alors que la forme libre ne variait pas entre le jour et la nuit (Aoshima et al., 1998).

Comment lire le résultat

Le résultat est rapporté à la créatinine urinaire, pour corriger la dilution des urines ; ce calcul ajoute toutefois sa propre variabilité (Wheater et al., 2013). Il s’exprime en nmol par mmol de créatinine.

Par immunodosage, Mayo retient 2,3 à 8,7 chez l’homme adulte et 3,1 à 8,7 chez la femme non ménopausée. Sous traitement, la cible chez la femme ménopausée est la valeur de référence de la femme non ménopausée. Labcorp retient 2,3 à 7,4 chez l’adulte (Labcorp), Viollier, par chromatographie, 4,7 à 11,0 à partir de 20 ans. Chez l’enfant, les valeurs sont bien plus hautes : moins de 41,8 avant la puberté et moins de 83,5 pendant la puberté selon Labcorp.

Surtout, la DPD varie beaucoup. Selon un groupe d’experts, elle varie de 67 % au cours d’une même journée et de 16 % d’un jour à l’autre, et l’écart entre personnes atteint 34 % avant la ménopause et 40 % après (Vesper et al., 2002). Pour les marqueurs urinaires de résorption, la variabilité d’un dosage à l’autre allait de 14,6 à 22,3 % chez une même personne (Fink et al., 2000). Une seule valeur isolée a donc peu de sens.

Ce que dit la science

Niveau de preuve : courant autrefois, aujourd’hui supplanté par les marqueurs sanguins.

Les premières études sur le remodelage osseux reposaient surtout sur des marqueurs urinaires comme la DPD, ce qui augmentait l’imprécision (Wheater et al., 2013). En 2011, l’IOF et l’IFCC ont retenu deux marqueurs sanguins comme références, le CTX et le P1NP (Vasikaran et al., 2011), et le groupe américain d’harmonisation des marqueurs osseux fait de même (Szulc et al., 2017). La DPD reste proposée par quelques laboratoires spécialisés.

Activité physique et immobilité

La DPD réagit à l’immobilité : cinq jours d’alitement l’augmentaient de 28 % (Schlemmer et al., 1994). Chez des femmes enceintes mises au repos strict, elle passait de 2,60 à 5,36 nmol/mmol de créatinine (Vanderspank et al., 2014).

À l’inverse, chez des femmes ménopausées, elle augmentait en un an chez les sédentaires, mais pas chez celles qui pratiquaient la marche rapide (Brooke-Wavell et al., 2001). Chez des athlètes d’athlétisme, elle ne permettait pas de prévoir les fractures de fatigue, les auteurs soulignant la forte variabilité des marqueurs (Bennell et al., 1998). Labcorp la présente comme insensible à l’exercice, ce que ces études nuancent.

Les analyses à associer

  • Télopeptide C-terminal du collagène de type 1 : le marqueur sanguin de référence ;
  • Hydroxyproline : un autre marqueur urinaire du collagène ;
  • Créatinine : la DPD lui est rapportée ;
  • Propeptide N-terminal du collagène de type 1 : la formation osseuse.

À retenir

  • La DPD urinaire reflète la destruction de l’os et ne dépend pas de l’alimentation ;
  • Le recueil compte : urine du matin, toujours la même, à l’abri de la lumière ;
  • Elle varie beaucoup d’un jour à l’autre : une valeur isolée a peu de sens ;
  • L’alitement l’augmente nettement ;
  • Le CTX sanguin l’a largement remplacée.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Chez un homme adulte, une DPD entre 2,3 et 8,7 nmol/mmol de créatinine, c'est...

  2. 02Pourquoi l'échantillon d'urine doit-il être protégé de la lumière ?

  3. 03Quel marqueur sert aujourd'hui de référence pour la destruction de l'os ?

  4. 04La DPD varie-t-elle d'un jour à l'autre chez une même personne ?

  5. 05Un alitement peut-il augmenter la DPD ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 18

  1. 1Mayo Clinic Laboratories. Deoxypyridinoline Crosslinks, Urine (DPD), immunodosage : valeurs selon le sexe, cible sous traitement, recueil.
  2. 2ARUP Laboratories. Deoxypyridinoline, Urine : valeurs de référence et recueil.
  3. 3Viollier (laboratoire, Suisse). Désoxypyridinoline urinaire, HPLC : valeur de référence, première urine du matin à l'abri de la lumière.
  4. 4Labcorp. Deoxypyridinoline (DPD) Cross-Links, Serial Monitor : valeurs de l'adulte et de l'enfant.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.