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SangOs et calciumPreuve validée

Phosphore

Aussi appelée Phosphatémie · Phosphate inorganique · P · PO4

Les repères

  • Hypophosphatémie sévère (NHS Grampian) moins de 0,3 mmol/L
  • Hypophosphatémie modérée (NHS Grampian) 0,3 à 0,6 mmol/L
  • Hypophosphatémie légère (NHS Grampian) 0,6 à 0,8 mmol/L
  • Valeur de référence après 18 ans (Oxford) 0,8 à 1,5 mmol/L
  • Au-dessus de la valeur de référence (Oxford) plus de 1,5 mmol/L

Adulte · Source : NHS Grampian, recommandation sur l'hypophosphatémie de l'adulte (2024) ; Oxford University Hospitals, phosphate sérique selon l'âge. Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

La phosphatémie mesure le phosphate du sang, partenaire du calcium dans l'os et indispensable à l'énergie des cellules. Elle varie avec l'heure, les repas et l'âge, ce qui impose de bien la lire.

Pourquoi on la demande

  • Compléter un bilan du calcium, de la parathormone et de la vitamine D
  • Suivre une maladie rénale chronique
  • Surveiller une renutrition après une dénutrition ou un long jeûne
  • Contrôler le phosphore après une perfusion de fer
  • Explorer une fatigue musculaire, des douleurs osseuses ou un rachitisme
  • Rechercher une hypophosphatémie héréditaire chez l'enfant

Ce qui peut la fausser

  • L'heure du prélèvement : le phosphore est au plus bas en fin de matinée et culmine la nuit
  • Un repas récent, surtout riche en sucres, qui le fait baisser
  • Les apports alimentaires en phosphore, qui modifient surtout les valeurs de l'après-midi
  • Une hémolyse, qui le fait monter
  • Un stress aigu ou une perfusion d'adrénaline, qui le font baisser
  • Un effort intense juste avant, qui le fait monter
  • Une perfusion récente de fer, surtout de carboxymaltose ferrique
  • Une centrifugation tardive, au-delà de deux heures selon Mayo Clinic Laboratories

Causes d’une valeur haute

  • Insuffisance rénale, qui empêche son élimination
  • Hémolyse dans le tube (fausse élévation)
  • Effort intense récent, de façon passagère
  • Destruction musculaire importante (rhabdomyolyse)

Causes d’une valeur basse

  • Syndrome de renutrition, à la reprise de l'alimentation après une dénutrition
  • Perfusion de carboxymaltose ferrique
  • Alcoolisme
  • Acidocétose diabétique, insuline, salbutamol, alcalose
  • Carence en vitamine D
  • Hyperparathyroïdie primaire
  • Hypophosphatémie liée à l'X, maladie héréditaire liée à l'hormone FGF23

Prise de sangBilan phosphocalcique, bilan rénal, surveillance de renutrition

mmol/LPreuve validée20 sources

Profil sportif

Un effort jusqu'à l'épuisement fait nettement monter le phosphore plasmatique, de façon passagère (Ljunghall et al., 1987). La prise de phosphate de sodium a été étudiée pour améliorer la performance, avec des résultats hétérogènes (Buck et al., 2013) : chez 13 cyclistes, elle n'améliorait pas le contre-la-montre et ne modifiait pas le phosphore de repos (Buck et al., 2014). Une méta-analyse chez les sportives lui trouve un intérêt pour le sprint (López-Torres et al., 2023).

Ce que mesure l’analyse

Ce test mesure le phosphate dans le sang, un minéral qui forme l'os avec le calcium et sert à produire l'énergie des cellules. Les reins et plusieurs hormones règlent son taux, qui est plus élevé chez l'enfant.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

Le phosphore est, avec le calcium, l’un des deux grands minéraux de l’os. Il est aussi présent dans chaque cellule : il entre dans la composition de l’ATP, la molécule qui fournit l’énergie, de l’ADN et des membranes. Le laboratoire mesure le phosphate dit inorganique, exprimé en phosphore (CSCIP, 2009).

Son taux dépend des apports alimentaires et de plusieurs hormones : la parathormone, la forme active de la vitamine D et l’équilibre acide-base (Mayo Clinic Laboratories). Une hormone produite par l’os, le FGF23, pousse aussi les reins à l’éliminer ; son excès est en cause dans l’hypophosphatémie liée à l’X, une maladie héréditaire (Haffner et al., 2025).

Comment se passe le prélèvement

Le phosphore a un rythme marqué dans la journée. Chez des volontaires en bonne santé, il était au plus bas vers 11 heures, atteignait un plateau vers 16 heures et culminait vers minuit et demi (Portale et al., 1987). Mayo Clinic Laboratories précise que le pic du soir peut sortir des valeurs de référence.

Les apports comptent surtout l’après-midi. Réduire fortement le phosphore de l’alimentation faisait baisser de 35 % la phosphatémie de l’après-midi, sans modifier celle du matin à jeun (Portale et al., 1989). Pour comparer deux résultats, faites-vous prélever à la même heure, de préférence le matin à jeun.

D’autres facteurs comptent. Une charge en sucre et l’insuline font baisser le phosphore (Berthelay et al., 1984), tout comme l’adrénaline (Ljunghall et al., 1987). Une hémolyse le fait monter (Lippi et al., 2006). Mayo demande une centrifugation dans les deux heures, mais une étude récente trouve peu d’effet clinique d’un délai allant jusqu’à 24 heures (Williams et al., 2025).

Comment lire le résultat

Le phosphore s’exprime en millimoles par litre (mmol/L), parfois en mg/L. Le référentiel français d’enseignement de l’internat en pharmacie retient 0,80 à 1,40 mmol/L, soit 25 à 45 mg/L. Le laboratoire d’Oxford retient 0,8 à 1,5 mmol/L après 18 ans (Oxford University Hospitals).

Les valeurs sont nettement plus hautes chez l’enfant, dont les os grandissent : 1,54 à 2,72 mmol/L avant un an, 1,33 à 1,92 mmol/L de 5 à 12 ans, 1,02 à 1,79 mmol/L de 13 à 15 ans, selon Oxford. Un chiffre normal chez l’enfant peut donc paraître élevé avec des repères d’adulte.

Pour l’hypophosphatémie, la recommandation de NHS Grampian distingue une forme légère (0,6 à 0,79 mmol/L), modérée (0,3 à 0,59) et sévère (sous 0,3) (NHS Grampian).

Ce que dit la science

Le dosage est validé et recommandé, notamment dans la maladie rénale chronique. Niveau de preuve : validé.

Quand les reins fonctionnent mal, le phosphore s’accumule. Les recommandations internationales KDIGO suggèrent de ramener un phosphore élevé vers les valeurs normales (KDIGO, 2017). Chez plus de 40 000 patients dialysés, le risque de décès augmentait avec le phosphore, jusqu’à être doublé au-delà de 9,0 mg/dL (Block et al., 2004).

À l’inverse, deux situations courantes font chuter le phosphore. La première est la renutrition après une dénutrition : l’ASPEN parle de syndrome de renutrition quand le phosphore, le potassium ou le magnésium baissent de 10 % ou plus dans les 5 jours suivant la reprise alimentaire (da Silva et al., 2020). La seconde est la perfusion de fer. Dans deux essais, une hypophosphatémie survenait chez 75,0 % et 73,7 % des patients traités par carboxymaltose ferrique, contre 7,9 % et 8,1 % avec un autre fer injectable (Wolf et al., 2020).

Chez le sportif

Un effort sur vélo jusqu’à l’épuisement fait fortement monter le phosphore du plasma, de façon passagère (Ljunghall et al., 1987). Le phosphate de sodium a été étudié comme aide à la performance. Une revue lui prête des effets sur la capacité aérobie et la puissance, mais à partir d’études très hétérogènes (Buck et al., 2013). Chez 13 cyclistes, il n’améliorait pas le contre-la-montre et ne modifiait pas le phosphore de repos (Buck et al., 2014). Une méta-analyse chez les sportives lui trouve un intérêt pour le sprint (López-Torres et al., 2023).

Les analyses à associer

  • Calcium total : calcium et phosphore se règlent ensemble ;
  • Parathormone : fait éliminer le phosphore par les reins ;
  • Vitamine D : favorise son absorption intestinale ;
  • FGF23 : hormone de l’os en cause dans certaines formes héréditaires.

À retenir

  • Le phosphore sert à l’os et à l’énergie de toutes les cellules ;
  • Chez l’adulte, les valeurs de référence se situent autour de 0,8 à 1,5 mmol/L ; elles sont plus hautes chez l’enfant ;
  • Il varie avec l’heure et les repas : prélevez le matin à jeun pour comparer ;
  • Il monte surtout en cas d’insuffisance rénale ;
  • Il peut chuter lors d’une renutrition ou après une perfusion de carboxymaltose ferrique.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Une phosphatémie entre 0,8 et 1,5 mmol/L chez un adulte, c'est...

  2. 02Sous quelle valeur l'hypophosphatémie est-elle dite sévère ?

  3. 03Chez un enfant de 5 à 12 ans, quelle limite haute retient Oxford ?

  4. 04Le phosphore varie-t-il selon l'heure de la prise de sang ?

  5. 05Une perfusion de fer peut-elle faire baisser le phosphore ?

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Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 20

  1. 1Oxford University Hospitals NHS. Biochemistry reference ranges (version 2.9) : phosphate selon l'âge, calcitonine.
  2. 2Conseil scientifique des concours de l'internat en pharmacie. Valeurs biologiques usuelles, 9e édition, novembre 2009 (CNG).
  3. 3Mayo Clinic Laboratories. Phosphorus (Inorganic), Serum (PHOS) : valeurs selon l'âge, rythme circadien, interprétation.
  4. 4NHS Grampian. Guidance for the management of hypophosphataemia in adults (approuvé en juillet 2024) : degrés de sévérité et causes.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.