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SangOs et calciumPreuve courante

Ostéocalcine

Aussi appelée Protéine Gla de l'os · BGP (Bone Gla Protein) · OC · Ostéocalcine N-MID

Les repères

  • 30 à 50 ans : sous la valeur de référence (Biomnis) moins de 14 µg/L
  • 30 à 50 ans : valeur de référence (Biomnis) 14 à 42 µg/L
  • 30 à 50 ans : au-dessus de la valeur de référence plus de 42 µg/L

Homme · Source : Eurofins Biomnis, précis Ostéocalcine (Roche Cobas). Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

L'ostéocalcine est une protéine fabriquée par les cellules qui construisent l'os. Son dosage renseigne sur le renouvellement osseux, mais elle est fragile et n'a pas été retenue comme marqueur de référence.

Pourquoi on la demande

  • Évaluer l'activité de renouvellement de l'os
  • Compléter un bilan du remodelage osseux, avec d'autres marqueurs
  • Suivre, dans certains cas, un traitement de l'ostéoporose
  • Étudier, en recherche, les liens entre l'os et le métabolisme du sucre

Ce qui peut la fausser

  • L'heure du prélèvement : l'ostéocalcine baisse le matin et culmine la nuit
  • Le délai avant congélation, selon la technique de dosage
  • Une hémolyse franche, qui fait refuser l'échantillon
  • Une insuffisance rénale, car les reins l'éliminent
  • La technique : forme intacte seule ou fragment N-MID
  • Une fracture récente
  • La croissance, qui l'élève fortement chez l'enfant
  • Certains médicaments, dont les corticoïdes

Causes d’une valeur haute

  • Croissance de l'enfant et de l'adolescent
  • Insuffisance rénale
  • Fracture récente
  • Traitement qui stimule la formation de l'os, comme le tériparatide
  • Ménopause, de façon modérée

Causes d’une valeur basse

  • Traitements qui freinent la résorption osseuse
  • Corticoïdes
  • Apport d'énergie insuffisant chez la sportive

Prise de sangBilan du remodelage osseux, bilans spécialisés de l'ostéoporose

µg/LPreuve courante18 sources

Profil sportif

Chez des femmes actives, réduire l'énergie disponible abaissait l'ostéocalcine dès 30 kcal par kilo de masse maigre et par jour, contre 45 dans le groupe témoin (Ihle et Loucks, 2004). Dans une méta-analyse de 24 essais, l'entraînement à haute intensité l'augmentait, pas l'endurance seule (Barna et al., 2026). Chez des hommes, elle ne différait pas entre cyclistes et coureurs, malgré une densité osseuse plus basse chez les cyclistes (Rector et al., 2008).

Ce que mesure l’analyse

Ce test mesure une protéine produite par les cellules qui fabriquent l'os, reflet de son renouvellement. Elle varie beaucoup selon l'heure, la technique et les reins, et son rôle supposé sur le sucre reste discuté.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

L’ostéocalcine est une petite protéine fabriquée par les ostéoblastes, les cellules qui construisent l’os. Mayo Clinic Laboratories la décrit comme un marqueur largement admis de leur activité (Mayo). Elle fixe le calcium grâce à des acides aminés particuliers, modifiés sous l’action de la vitamine K.

L’essentiel reste dans l’os ; selon Eurofins Biomnis, environ 10 % passent dans le sang sous forme intacte, où sa demi-vie est brève, d’environ 5 minutes (Biomnis). La molécule entière est instable : elle se coupe entre ses acides aminés 43 et 44 (Mayo). Le fragment obtenu, appelé N-MID, est beaucoup plus stable, et la trousse Roche mesure ce fragment avec la forme intacte (CHU de Bonn, 2014).

Une nuance compte : des fragments d’ostéocalcine sont aussi libérés quand l’os est détruit. Une étude en laboratoire conclut qu’elle reflète le renouvellement de l’os plutôt que sa seule formation (Ivaska et al., 2004).

Comment se passe le prélèvement

L’ostéocalcine baisse le matin, remonte l’après-midi et culmine la nuit (Gundberg et al., 1985). Biomnis demande donc un prélèvement entre 7 h 30 et 9 h 30, et sa brochure sur l’ostéoporose précise à jeun, avant 9 heures (Biomnis, Focus Ostéoporose).

La conservation dépend de la technique. Biomnis demande de congeler le sérum dans l’heure et déconseille de le décongeler puis recongeler. Mayo, qui dose le fragment N-MID, indique une stabilité de 72 heures à température ambiante, et refuse les échantillons franchement hémolysés. Après des corticoïdes, Biomnis conseille d’attendre au moins un mois, car le résultat serait fortement diminué. Suivez donc la consigne du laboratoire qui réalise le dosage.

Comment lire le résultat

Le résultat s’exprime en µg/L, ou en ng/mL, deux unités équivalentes. Biomnis retient chez l’homme 24 à 70 µg/L entre 18 et 29 ans, 14 à 42 µg/L entre 30 et 50 ans, et 14 à 46 µg/L entre 51 et 70 ans. Chez la femme réglée, c’est 11 à 43 µg/L, et 15 à 46 µg/L après la ménopause sans traitement hormonal. Mayo retient 9 à 42 ng/mL chez tous les adultes.

Chez l’enfant, les valeurs sont bien plus hautes : 19 à 159 ng/mL chez les garçons de 10 à 15 ans selon Mayo (Mayo, valeurs pédiatriques). La technique compte aussi : le CHU de Bonn a publié de nouvelles valeurs de référence en passant au dosage N-MID.

Enfin, l’ostéocalcine est éliminée par les reins : elle peut monter quand ils fonctionnent moins bien, sans que l’os ne travaille davantage (Mayo).

Ce que dit la science

Niveau de preuve : courant pour l’os, avec des limites ; émergent et discuté pour son rôle sur le sucre.

En 2011, la Fondation internationale de l’ostéoporose (IOF) et la Fédération internationale de chimie clinique (IFCC) ont choisi le P1NP et le CTX comme marqueurs de référence, et non l’ostéocalcine (Vasikaran et al., 2011). Les marqueurs du remodelage ne servent pas à diagnostiquer une ostéoporose (Eastell et Szulc, 2017). Biomnis juge les résultats contradictoires et déconseille d’utiliser ce seul paramètre. Sous traitement freinant la destruction de l’os, Biomnis considère qu’une baisse de plus de 20 % après six mois signe une réponse ; Mayo situe ce contrôle entre 3 et 6 mois de traitement. Sous tériparatide, un traitement qui stimule la formation, Biomnis conseille plutôt de suivre le P1NP.

Une hormone du sucre ?

Chez la souris, une étude de 2007 a suggéré que l’ostéocalcine agissait sur l’insuline et la glycémie (Lee et al., 2007). Chez l’humain, une méta-analyse de 39 études et 23 381 participants ne trouve qu’une corrélation faible avec la glycémie à jeun, de -0,16 (Liu et al., 2015). Surtout, deux équipes ont créé en 2020 de nouvelles souris privées d’ostéocalcine, sans trouble du sucre ni de la fertilité masculine ; l’une conclut qu’elle ne fonctionne pas comme une hormone (Moriishi et al., 2020 ; Diegel et al., 2020). Ce rôle reste donc non démontré.

Chez le sportif

Après un effort, les marqueurs de formation ne bougent presque pas, et leurs hausses très faibles disparaissent en 15 minutes, avec un niveau de certitude faible (Dolan et al., 2022). Sur la durée, une méta-analyse de 24 essais et 1 238 participants trouve une hausse avec l’entraînement à haute intensité, pas avec l’endurance seule (Barna et al., 2026) ; une autre retrouve une hausse modeste de 0,36 ng/mL, une fois écartées les études associant un régime (Mohammad Rahimi et al., 2021).

Chez des hommes, les marqueurs osseux ne différaient pas entre cyclistes et coureurs, alors que 63 % des cyclistes avaient une ostéopénie contre 19 % des coureurs (Rector et al., 2008) : une ostéocalcine normale ne garantit pas un os solide. Chez des femmes actives, réduire l’énergie disponible l’abaissait dès 30 kcal par kilo de masse maigre et par jour (Ihle et Loucks, 2004).

Les analyses à associer

  • Propeptide N-terminal du collagène de type 1 : le marqueur de formation de référence ;
  • Télopeptide C-terminal du collagène de type 1 : le marqueur de destruction de l’os ;
  • Ostéocalcine non carboxylée : la fraction liée à la vitamine K ;
  • Créatinine : pour tenir compte des reins.

À retenir

  • L’ostéocalcine reflète le renouvellement de l’os ;
  • Elle est fragile et varie selon l’heure : prélèvement le matin, à jeun ;
  • Les valeurs dépendent de l’âge, du sexe, de la technique et des reins ;
  • Ce n’est pas un marqueur de référence et elle ne diagnostique pas l’ostéoporose ;
  • Son rôle sur la glycémie n’est pas démontré chez l’humain.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Chez un homme de 30 à 50 ans, une ostéocalcine entre 14 et 42 µg/L, c'est...

  2. 02À quel moment l'ostéocalcine est-elle la plus haute ?

  3. 03L'ostéocalcine fait-elle partie des deux marqueurs osseux de référence de l'IOF et de l'IFCC ?

  4. 04Une insuffisance rénale peut-elle élever l'ostéocalcine ?

  5. 05Chez l'humain, l'action de l'ostéocalcine sur la glycémie est-elle démontrée ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 18

  1. 1Eurofins Biomnis. Ostéocalcine, précis de biopathologie (Roche Cobas) : valeurs selon le sexe et l'âge, demi-vie, conditions de prélèvement.
  2. 2Eurofins Biomnis. Focus Ostéoporose : marqueurs du remodelage osseux, conditions de prélèvement et suivi des traitements.
  3. 3Mayo Clinic Laboratories. Osteocalcin, Serum (OSCAL), électrochimiluminescence : valeurs de l'adulte, stabilité, interprétation.
  4. 4Mayo Clinic Laboratories. Osteocalcin, Serum (OSCAL) : valeurs de l'enfant (catalogue Kentri).

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.