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Vitamine B6

Aussi appelée Pyridoxal phosphate (PLP) · Pyridoxal-5'-phosphate (P5P) · Pyridoxine · Pyridoxamine

Le dosage de la vitamine B6 mesure le plus souvent le pyridoxal phosphate (PLP), sa forme active. Son interprétation tient compte du type de prélèvement, du tabac, des médicaments et du statut en riboflavine.

Prise de sangFamille : vitaminesPreuve courante

Testez-vous en 5 questions

Le cadran

  • Sous l'intervalle de référence moins de 23 nmol/L
  • Intervalle de référence (plasma) 23 à 223 nmol/L
  • Au-dessus de l'intervalle de référence plus de 223 nmol/L

Source des repères : Panton, Kristine K., et al. « Vitamin B6 in Plasma - Sample Stability and the Reference Limits ». Scandinavian Journal of Clinical and Laboratory Investigation, vol. 73, no 6, 2013, p. 476-79..

nmol/L

Les seuils changent d’un laboratoire à l’autre : ceux de votre compte rendu passent avant. Rien n’est envoyé, le calcul se fait dans votre navigateur.

En bref

La vitamine B6 existe sous plusieurs formes, dont le pyridoxal phosphate (PLP) est la forme active. Le PLP sert de coenzyme à de très nombreuses enzymes, notamment du métabolisme des acides aminés.

À lire avec

Prise de sangBilan vitaminique du groupe B, bilan nutritionnel, bilan d'une homocystéine élevée.

nmol/LPreuve courante

Profil sportif

L'effort augmente l'élimination urinaire d'acide 4-pyridoxique, produit de dégradation de la B6, mais cette perte est petite et aucune baisse parallèle du PLP sanguin n'a été documentée. Le risque concerne surtout les sportifs qui restreignent leur alimentation.

Pourquoi on la demande

  • Fourmillements, atteinte des nerfs périphériques ou troubles de l'humeur chez une personne dont l'alimentation est déséquilibrée
  • Consommation d'alcool chronique, tabagisme ou polymédication
  • Interprétation d'une homocystéine élevée ou d'une ALAT basse
  • Bilan complet des vitamines du groupe B, notamment avec la B2
  • Insuffisance rénale ou maladie digestive avec malabsorption
  • Contrôle d'une supplémentation, surtout avant d'envisager de la poursuivre

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Apports alimentaires insuffisants
  • Âge avancé
  • Tabagisme
  • Statut bas en riboflavine (B2)
  • Certains médicaments d'usage courant
  • Alcool chronique, insuffisance rénale, inflammation ou phosphatases alcalines élevées

Causes d’une valeur haute

  • Prise récente d'un complément ou d'un produit enrichi en B6
  • Phosphatases alcalines basses, comme dans l'hypophosphatasie
  • Méthode d'analyse ou type de prélèvement différents de ceux des repères

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Complément ou multivitamines contenant de la B6 : ils relèvent nettement le PLP
  • Tabagisme : les fumeurs ont en moyenne un PLP plus bas
  • Médicaments : certains traitements courants sont associés à un PLP plus bas
  • Statut en riboflavine : la B2 est nécessaire pour fabriquer le PLP, un statut bas en B2 s'accompagne d'un PLP plus bas
  • Phosphatases alcalines : des valeurs élevées sont associées à un PLP plus bas
  • Âge et sexe : les repères publiés ne concordent pas toujours entre populations
  • Nature du prélèvement : plasma ou sang total, avec des bornes de référence différentes
  • Inflammation : elle peut abaisser le PLP circulant

Ce que mesure l’analyse

La vitamine B6 n’est pas une molécule unique mais une famille : la pyridoxine, le pyridoxal et la pyridoxamine, avec leurs formes phosphorylées. La forme biologiquement active est le pyridoxal 5′-phosphate (PLP). Elle sert de coenzyme à un très grand nombre d’enzymes.

Ces enzymes agissent sur les acides aminés : transaminases comme l’ALAT et l’ASAT, décarboxylases qui fabriquent des neurotransmetteurs, enzymes qui participent au métabolisme de l’homocystéine. Le PLP intervient aussi dans la synthèse de l’hème, composant de l’hémoglobine, et dans la libération du glucose stocké sous forme de glycogène. Le produit final de dégradation, éliminé dans l’urine, est l’acide 4-pyridoxique.

Le dosage porte le plus souvent sur le PLP dans le plasma, mais certains laboratoires le mesurent dans le sang total. Les deux ne se comparent pas : leurs bornes de référence sont différentes.

Comment se passe le prélèvement

Il s’agit d’une prise de sang veineuse. Les consignes de jeûne varient d’un laboratoire à l’autre ; suivez celles de votre compte rendu. Signalez tout complément ou multivitamine : un complément relève le PLP et peut masquer un statut habituellement bas.

Côté conservation, le PLP plasmatique est resté stable pendant 24 heures, à température ambiante comme entre 4 et 8 °C, ce qui laisse le temps d’un transport normal (Panton et al., 2013)1. Le laboratoire peut avoir ses propres consignes, notamment de protection contre la lumière.

Comment lire le résultat

Dans cette même étude, menée chez des donneurs de sang, l’intervalle de référence du PLP plasmatique chez l’adulte s’étendait de 23 à 223 nmol/L, mesuré par HPLC. C’est le repère affiché sur le cadran de la fiche. Il décrit une population saine : il ne dit pas à partir de quelle valeur la B6 devient insuffisante.

Pour juger de la suffisance, une étude sur 407 adultes non supplémentés a défini un statut suboptimal à partir d’un PLP de 30,0 nmol/L ou moins. Cette situation concernait 14 % des 60 ans et plus, contre 5 % des plus jeunes (Jungert et al., 2020)2. Un résultat entre 23 et 30 nmol/L peut donc rester dans l’intervalle de référence tout en étant jugé suboptimal.

Le prélèvement compte aussi. Mesuré dans le sang total par LC-MS/MS chez des donneurs de sang danois, le PLP avait un intervalle de 64,0 à 211,8 nmol/L, sans différence selon le sexe ni l’âge (Stidsen et al., 2024)3. À l’inverse, chez des adultes chinois en bonne santé, les femmes avaient un PLP plus élevé que les hommes, et des intervalles distincts ont été proposés selon le sexe et l’âge (Mei et al., 2026)4. Ce désaccord montre que les repères dépendent de la population et de la méthode : fiez-vous à ceux de votre laboratoire.

Ce que dit la science

Le PLP est le marqueur de statut en B6 le plus utilisé, ce qui justifie le niveau de preuve « b » : il est courant en pratique et validé par de nombreux travaux, mais ses bornes varient selon la population et la méthode.

Plusieurs facteurs, indépendants de l’apport, font varier le PLP. Dans l’enquête nationale britannique sur l’alimentation, les fumeurs avaient un PLP significativement plus bas que les non-fumeurs, le PLP tendait à diminuer avec l’âge, et certains médicaments d’usage courant étaient associés à des valeurs plus basses (Alsaeedi et al., 2023)5. Ces résultats viennent d’une enquête transversale : ils montrent des associations, pas des causes.

Chez les adultes chinois cités plus haut, des phosphatases alcalines plus élevées allaient avec un PLP plus bas, alors qu’un phosphore sérique plus élevé allait avec un PLP plus haut. Les phosphatases alcalines défont le PLP en pyridoxal avant qu’il soit absorbé par les cellules : c’est une explication plausible. Le statut en riboflavine pèse aussi : dans l’étude de Jungert, le PLP baissait par paliers quand le statut en B2 se dégradait.

Chez le sportif, une revue indique que l’exercice augmente l’élimination de l’acide 4-pyridoxique, mais que cette perte est petite et qu’aucune baisse concomitante des mesures sanguines de B6 n’a été documentée (Manore, 2000)6. Le risque porte surtout sur ceux dont l’alimentation est restreinte.

Ce qui n’est pas démontré : qu’un PLP bas, isolé, explique à lui seul des symptômes. Il doit être discuté avec un médecin avec l’alimentation, le tabac, l’alcool, les médicaments et les autres analyses.

Les analyses à associer

La vitamine B2 se lit avec la B6, puisqu’elle conditionne la fabrication du PLP. L’homocystéine éclaire le métabolisme dans lequel la B6 intervient. Les phosphatases alcalines expliquent certains PLP bas, et l’ALAT, enzyme du foie qui dépend du PLP, peut être abaissée en cas de déficit.

À retenir

  • Le dosage vise le PLP, forme active de la B6, le plus souvent dans le plasma.
  • Le repère de référence est 23 à 223 nmol/L chez l’adulte sain ; un seuil fonctionnel est situé à 30 nmol/L.
  • Plasma et sang total n’ont pas les mêmes bornes.
  • Tabac, médicaments, âge, statut en B2 et phosphatases alcalines font varier le résultat.
  • Un complément relève le PLP : un résultat élevé se discute avec un médecin.

Sources éditoriales et fact-checking6 sources vérifiées6 études[+]

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Quelle forme de la vitamine B6 est le plus souvent dosée ?

  2. 02Le PLP reste-t-il stable pendant le transport du tube ?

  3. 03Le tabagisme influence-t-il le PLP ?

  4. 04L'intervalle de 23 à 223 nmol/L est-il un seuil de suffisance ?

  5. 05La riboflavine (B2) influence-t-elle le PLP ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil et ce qui peut fausser le chiffre.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.