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Test respiratoire à l’urée marquée

Aussi appelée Test à l'urée 13C · Breath test à l'urée · Test respiratoire H. pylori · UBT (urea breath test)

Le test respiratoire à l'urée marquée détecte une infection active de l'estomac par Helicobacter pylori, à partir de l'air que vous expirez. Fiable lorsque la préparation est respectée, il sert aussi à vérifier la guérison après traitement.

Test respiratoireFamille : tests respiratoiresPreuve validée

Testez-vous en 5 questions

En bref

Vous avalez de l'urée marquée par un isotope stable du carbone. Si la bactérie Helicobacter pylori est présente dans l'estomac, son enzyme libère un gaz marqué que l'on retrouve dans votre souffle. Le test indique une infection en cours, sans prise de sang ni endoscopie.

Pourquoi on la demande

  • Symptômes digestifs hauts (douleurs d'estomac, brûlures, dyspepsie) chez un adulte sans signe d'alarme
  • Antécédent d'ulcère de l'estomac ou du duodénum
  • Contrôle de la disparition de la bactérie après un traitement d'éradication
  • Recherche d'une cause digestive devant une anémie par carence en fer inexpliquée
  • Proche au premier degré d'une personne atteinte d'un cancer de l'estomac, selon l'avis du médecin

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Absence d'infection
  • Infection guérie après un traitement d'éradication
  • Faux négatif après des médicaments qui freinent la bactérie (IPP, antibiotiques, bismuth)
  • Charge bactérienne faible ou estomac opéré

Causes d’une valeur haute

  • Infection active de l'estomac par Helicobacter pylori (de loin la cause la plus fréquente d'un test positif)
  • Plus rarement, une autre source d'uréase, par exemple des bactéries de la bouche : piste à discuter avec le médecin

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) pris récemment : risque de faux négatif
  • Antibiotiques pris récemment : risque de faux négatif
  • Sels de bismuth pris récemment : risque de faux négatif
  • Contrôle après traitement d'éradication réalisé trop tôt, moins de 4 semaines après la fin du traitement
  • Chirurgie de l'estomac (gastrectomie) : le test perd sa fiabilité
  • Consignes de jeûne ou de préparation non respectées
  • Protocole (dose d'urée, délai, appareil) différent d'un laboratoire à l'autre

Ce que mesure l’analyse

Ce test recherche une infection de l’estomac par Helicobacter pylori, une bactérie qui vit sous le mucus de la muqueuse gastrique. Elle possède une enzyme, l’uréase, qui découpe l’urée en ammoniac et en dioxyde de carbone (CO2). L’ammoniac neutralise l’acidité autour de la bactérie et lui permet de survivre dans l’estomac.

Le test exploite cette enzyme. Vous avalez de l’urée dont le carbone est du carbone 13 (13C), un isotope stable et non radioactif. Si la bactérie est présente, son uréase libère du CO2 marqué, qui passe dans le sang puis dans l’air expiré. Un appareil compare la proportion de 13C dans votre souffle avant et après l’absorption d’urée. Une hausse nette indique qu’une bactérie active est présente quelque part dans l’estomac : le test ne dépend donc pas du point où l’on aurait fait une biopsie.

Il détecte une infection en cours. C’est ce qui le distingue de la sérologie, qui cherche des anticorps et peut rester positive après une guérison.

Comment se passe le prélèvement

Aucune aiguille n’est nécessaire. Le déroulement type est le suivant :

  • un jeûne est en général demandé avant le test ;
  • vous soufflez une première fois dans un tube ou un sac : c’est l’échantillon de base ;
  • vous buvez la solution d’urée marquée ;
  • vous soufflez une seconde fois, après le délai fixé par le laboratoire.

La dose d’urée, le délai et l’appareil varient d’un protocole à l’autre. Suivez la procédure remise par votre laboratoire.

La préparation compte plus que le geste lui-même. Les médicaments qui freinent la bactérie ou l’acidité peuvent rendre le test faussement négatif : inhibiteurs de la pompe à protons (IPP), antibiotiques, sels de bismuth. Le délai à respecter avant le test dépend du médicament. Demandez-le au laboratoire ou au prescripteur, et n’arrêtez jamais un traitement de votre propre initiative. Dans une étude menée dans une clinique de gastro-entérologie, 23 % des tests négatifs avaient été réalisés dans au moins une situation susceptible de les rendre peu fiables : prise récente d’IPP, d’antibiotiques ou de bismuth, fin d’un traitement d’éradication depuis moins de 4 semaines, ou chirurgie de l’estomac (Olafsson et al., 2012)1. Un résultat négatif obtenu dans ces conditions doit donc être interprété avec prudence.

Comment lire le résultat

Le compte rendu indique « positif » ou « négatif ». En coulisses, le laboratoire calcule l’écart entre le 13C du souffle avant et après l’urée, appelé delta over baseline (DOB, exprimé en ‰), puis le compare à un seuil. Ce seuil dépend du protocole et de l’appareil : nous n’affichons donc pas de valeur de référence universelle. Les recommandations européennes soulignent d’ailleurs un manque de standardisation de la réalisation et de l’interprétation des tests respiratoires au 13C entre centres experts (Keller et al., 2021)2. Fiez-vous à l’interprétation du compte rendu plutôt qu’à la valeur brute.

La valeur numérique n’est pas un indicateur de gravité : l’information utile est la présence ou l’absence d’une bactérie active. Un résultat proche du seuil peut justifier un contrôle. Un résultat négatif obtenu sous IPP ou après des antibiotiques ne permet pas, à lui seul, d’écarter l’infection.

Ce que dit la science

Une revue Cochrane de 101 études, portant sur 11 003 personnes, compare les tests non invasifs. À spécificité fixée à 90 %, la sensibilité estimée du test à l’urée 13C est de 94 %, contre 84 % pour la sérologie et 83 % pour la recherche d’antigène dans les selles (Best et al., 2018)3. Les auteurs précisent que ces résultats valent pour les personnes sans antécédent de gastrectomie et sans antibiotiques ni IPP récents, et que la comparaison entre tests est indirecte, donc exposée à des biais.

Autrement dit, la bonne exactitude du test dépend d’un protocole respecté. C’est la raison pour laquelle les faux négatifs décrits plus haut sont le principal point de vigilance.

Sur le plan médical, l’infection est désormais reconnue comme une maladie infectieuse à part entière. Le consensus de Maastricht VI/Florence en déduit, en principe, que tous les patients infectés devraient être traités (Malfertheiner et al., 2022)4. Le choix du traitement et le contrôle de l’éradication relèvent du médecin.

Le test a aussi des limites. Il dit qu’une bactérie est présente, pas où elle se trouve ni quelles lésions elle a causées. Il ne remplace pas l’endoscopie devant des symptômes d’alarme (amaigrissement, vomissements répétés, saignement, difficulté à avaler), qui relèvent d’un examen direct de l’estomac.

Les analyses à associer

La recherche d’antigène dans les selles est l’autre test non invasif de l’infection active : elle permet de recouper un résultat douteux. La sérologie ne distingue pas une infection en cours d’une infection passée, ce qui limite son intérêt pour le contrôle après traitement. Les pepsinogènes I et II renseignent sur l’état de la muqueuse gastrique, et la ferritine sur les réserves en fer, qu’une infection gastrique peut parfois perturber.

À retenir

  • Le test détecte une infection active par Helicobacter pylori à partir du souffle, sans prise de sang.
  • Il utilise un isotope stable du carbone, non radioactif.
  • Les IPP, les antibiotiques et le bismuth peuvent le rendre faussement négatif : demandez le délai à respecter avant de venir, sans arrêter un traitement seul.
  • Le seuil dépend du protocole du laboratoire : lisez le résultat « positif » ou « négatif » du compte rendu.
  • Il ne localise pas les lésions et ne remplace pas l’endoscopie en cas de symptômes d’alarme.

Sources éditoriales et fact-checking4 sources vérifiées3 études1 méta-analyse[+]

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Peut-on passer le test pendant un traitement par IPP ?

  2. 02Le test utilise-t-il un produit radioactif ?

  3. 03Un test positif peut-il correspondre à une infection ancienne déjà guérie ?

  4. 04À spécificité fixée à 90 %, quelle sensibilité la revue Cochrane estime-t-elle pour le test à l'urée 13C ?

  5. 05Un test de contrôle fait moins de 4 semaines après la fin d'un traitement d'éradication est-il fiable ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : ce qui peut fausser le chiffre.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.