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Test respiratoire au lactose

Aussi appelée Test au lactose · Intolérance au lactose · Test respiratoire à l'hydrogène avec lactose · Malabsorption du lactose

Le test respiratoire au lactose mesure l'hydrogène expiré après l'ingestion de lactose pour savoir si ce sucre est correctement digéré. Il détecte une malabsorption, ce qui ne prouve pas à lui seul une intolérance.

Test respiratoireFamille : tests respiratoiresPreuve courante

Testez-vous en 5 questions

Le cadran

ppm

Les seuils changent d’un laboratoire à l’autre : ceux de votre compte rendu passent avant. Rien n’est envoyé, le calcul se fait dans votre navigateur.

En bref

Ce test recherche dans l'air expiré l'hydrogène produit quand le lactose n'est pas digéré dans l'intestin grêle. Il révèle une malabsorption du lactose, qui peut exister sans symptômes.

À lire avec

Test respiratoireBilans digestifs pour ballonnements, diarrhée chronique ou suspicion d'intolérance aux sucres, souvent associé au test à l'hydrogène et au méthane, au test au fructose et à la recherche de maladie cœliaque.

ppmPreuve courante

Profil sportif

Un effort intense peut accélérer le transit et provoquer des troubles digestifs sans rapport avec le lactose. Évitez de faire le test juste après une séance et signalez au médecin les boissons ou barres lactées que vous consommez pendant l'effort.

Pourquoi on la demande

  • Ballonnements, gaz ou diarrhée après la consommation de lait ou de produits laitiers
  • Douleurs abdominales récurrentes dont la cause reste inexpliquée
  • Doute entre intolérance au lactose et autre trouble digestif, comme le côlon irritable
  • Avant d'adopter ou d'abandonner un régime d'éviction du lactose
  • Recherche d'un déficit en lactase secondaire à une autre maladie de l'intestin grêle

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Digestion normale du lactose
  • Flore peu productrice d'hydrogène, qui peut masquer une malabsorption réelle

Causes d’une valeur haute

  • Déficit en lactase d'origine génétique, très répandu chez l'adulte
  • Déficit en lactase secondaire : maladie cœliaque, maladie de Crohn, gastro-entérite, atteinte de la muqueuse de l'intestin grêle
  • Pullulation bactérienne de l'intestin grêle, qui peut faire monter l'hydrogène à elle seule
  • Transit accéléré qui amène le sucre au côlon plus tôt

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Alimentation riche en aliments fermentescibles les jours précédents
  • Jeûne non respecté le jour du test
  • Antibiotiques récents, qui modifient la flore
  • Pullulation bactérienne de l'intestin grêle non écartée, source de faux positifs
  • Tabac ou effort intense avant ou pendant le test
  • Transit très rapide ou très lent
  • Faible production d'hydrogène par la flore, source possible de faux négatifs
  • Durée du recueil : un test trop court peut manquer une fermentation tardive

Ce que mesure l’analyse

Le lactose est le sucre du lait. Pour passer dans le sang, il doit d’abord être coupé en deux sucres plus simples, le glucose et le galactose, par une enzyme appelée lactase, située sur la paroi de l’intestin grêle. Quand la lactase est insuffisante, une partie du lactose n’est pas digérée et descend dans le côlon. Les bactéries du côlon la fermentent et produisent des gaz, dont de l’hydrogène (H₂) et, chez certaines personnes, du méthane (CH₄). Ces gaz passent dans le sang puis dans l’air expiré, où un appareil peut les mesurer.

Le test respiratoire au lactose mesure donc une malabsorption du lactose : le sucre n’a pas été digéré. Il ne mesure pas l’intolérance, c’est-à-dire les symptômes (ballonnements, douleurs, diarrhée) qui apparaissent après en avoir consommé. Les deux notions se recoupent, mais pas toujours : on peut malabsorber le lactose sans aucun symptôme, et avoir des symptômes sans malabsorption.

Comment se passe le prélèvement

Vous soufflez dans un embout à jeun pour obtenir une valeur de départ, puis vous buvez une solution de lactose. D’autres prélèvements d’air sont réalisés à intervalles réguliers pendant plusieurs heures. Le consensus nord-américain retient une dose de 25 g de lactose et recommande d’écarter une pullulation bactérienne de l’intestin grêle avant un test de malabsorption, pour éviter les faux positifs (Rezaie et al., 2017)1.

Le laboratoire vous indique la préparation : jeûne, alimentation adaptée la veille, pas de tabac ni d’effort intense avant le test, et information sur vos médicaments récents, notamment les antibiotiques. Cette préparation varie d’un centre à l’autre : suivez celle qu’on vous donne. La durée du recueil joue aussi. Dans une série de patients testés pour une malabsorption des glucides, 34,5 % étaient positifs à 180 minutes contre 28 % à 120 minutes, sans différence significative (Pitcher et al., 2022)2. Cette nuance rappelle que la durée du test fait partie du protocole du laboratoire.

Comment lire le résultat

Le résultat s’exprime en ppm, ou parties par million. Ce qui compte n’est pas la valeur absolue mais la hausse par rapport à votre valeur de départ. Une hausse d’hydrogène d’au moins 20 ppm est le repère retenu pour parler de malabsorption ; en dessous, la digestion du lactose est considérée comme normale. Ces repères figurent dans le cadran de la fiche.

Un résultat positif signifie que du lactose a atteint votre côlon. Il ne dit pas si ce lactose est la cause de vos symptômes. C’est pourquoi le guide européen recommande de coupler le test à une évaluation validée des symptômes pour établir une intolérance (Hammer et al., 2022)3. Notez aussi qu’un résultat négatif n’est pas absolu : certaines flores produisent peu d’hydrogène, ce qui peut masquer une malabsorption réelle, d’où l’intérêt de mesurer aussi le méthane.

Pensez enfin aux causes secondaires. Une atteinte de la muqueuse de l’intestin grêle, par exemple dans la maladie cœliaque, peut réduire la lactase de façon temporaire. Un test positif chez une personne qui avait toujours bien toléré le lait mérite d’être discuté avec un médecin.

Ce que dit la science

Parmi les tests respiratoires aux sucres, celui du lactose est le mieux établi. Une revue de la littérature conclut qu’il montre une bonne sensibilité et une spécificité optimale pour la malabsorption du lactose, tout en notant que le diagnostic d’intolérance exigerait un test de provocation en aveugle, difficile à utiliser en pratique courante (Usai-Satta et al., 2021)4.

La limite essentielle concerne le lien avec les symptômes. Chez 1 372 patients souffrant de troubles digestifs fonctionnels, 51 % étaient intolérants au lactose (symptômes pendant le test) alors que 32 % présentaient une malabsorption. Les symptômes provoqués pendant le test correspondaient à ceux de la vie courante, mais pas à la malabsorption. Plus de 80 % des patients intolérants étaient soulagés par un régime ciblé, qu’ils aient ou non une malabsorption (Wilder-Smith et al., 2013)5. Autrement dit, le test seul ne prédit pas qui sera soulagé.

Le niveau de preuve est donc « courante » : le test est recommandé et utilisé en pratique, mais il répond à une question précise (la digestion du sucre) et pas à celle du lien avec vos symptômes.

Les analyses à associer

Le gène LCT indique si la lactase tend à disparaître à l’âge adulte, ce que ne dit pas le test respiratoire. Le test respiratoire à l’hydrogène et au méthane permet d’écarter une pullulation bactérienne. Les anticorps anti-transglutaminase IgA aident à repérer une maladie cœliaque, et la calprotectine fécale à écarter une inflammation de l’intestin devant une diarrhée persistante.

À retenir

  • Le test détecte une malabsorption du lactose, pas directement une intolérance.
  • Seule la hausse d’hydrogène par rapport au départ compte, avec un repère à 20 ppm.
  • Une pullulation bactérienne non écartée peut fausser le résultat.
  • Les symptômes doivent être évalués en même temps que le test pour parler d’intolérance.
  • Suivez la préparation de votre laboratoire : elle conditionne la fiabilité du résultat.

Sources éditoriales et fact-checking5 sources vérifiées5 études[+]

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01À partir de quelle hausse d'hydrogène le test est-il considéré comme positif pour une malabsorption ?

  2. 02Un test positif prouve-t-il une intolérance au lactose ?

  3. 03Quelle dose de lactose le consensus nord-américain retient-il pour le test ?

  4. 04Faut-il écarter une pullulation bactérienne avant ce test ?

  5. 05Le test est-il fiable pour guider un régime sans lactose ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil et ce qui peut fausser le chiffre.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.