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Calprotectine fécale

Aussi appelée Calprotectine · Calprotectine dans les selles · Protéine S100A8/A9

La calprotectine fécale est une protéine des globules blancs qui passe dans les selles quand l'intestin est enflammé. Elle aide à distinguer une inflammation de l'intestin d'un trouble fonctionnel, sans en préciser la cause.

Recueil de sellesFamille : digestion et intestinPreuve courante

Testez-vous en 5 questions

Le cadran

  • Sous le seuil habituel moins de 50 µg/g
  • Au-dessus du seuil : à interpréter avec un médecin plus de 50 µg/g

Source des repères : Oord, Tonje, et Nete Hornung. « Fecal Calprotectin in Healthy Children ». Scandinavian Journal of Clinical and Laboratory Investigation, vol. 74, no 3, 2014, p. 254-58..

µg/g

Les seuils changent d’un laboratoire à l’autre : ceux de votre compte rendu passent avant. Rien n’est envoyé, le calcul se fait dans votre navigateur.

En bref

La calprotectine est une protéine des globules blancs. Quand la paroi de l'intestin est enflammée, elle passe dans les selles : son dosage reflète donc une inflammation locale, sans dire quelle en est la cause.

À lire avec

Recueil de sellesBilan d'une diarrhée chronique, bilan de suspicion de maladie inflammatoire chronique de l'intestin, suivi de Crohn et de rectocolite hémorragique.

µg/gPreuve courante

Profil sportif

Les sources vérifiées pour cette fiche ne portent pas sur les sportifs : aucun repère spécifique n'est établi ici. Des troubles digestifs répétés à l'effort, surtout avec du sang dans les selles, relèvent d'un avis médical.

Pourquoi on la demande

  • Diarrhée, douleurs abdominales ou fatigue qui durent, pour orienter vers une inflammation de l'intestin ou un trouble fonctionnel
  • Symptômes évoquant un côlon irritable, pour vérifier qu'une maladie inflammatoire chronique de l'intestin est peu probable
  • Suivi de l'activité d'une maladie de Crohn ou d'une rectocolite hémorragique déjà connue
  • Bilan d'une diarrhée chronique de l'enfant

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur haute

  • Maladie inflammatoire chronique de l'intestin (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique)
  • Infection digestive bactérienne ou parasitaire
  • Inflammation de la muqueuse liée à certains médicaments
  • Autres atteintes de la muqueuse du côlon, dont des lésions tumorales : l'avis médical est indispensable
  • Chez le nourrisson : valeurs normalement plus élevées

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Âge : les enfants de moins de 4 ans ont naturellement des valeurs plus élevées que les adultes
  • Contamination de l'échantillon par l'urine ou l'eau de la cuvette
  • Délai ou conditions de conservation non respectés entre le recueil et le laboratoire
  • Médicaments (anti-inflammatoires, médicaments contre l'acidité gastrique) : à signaler, leur effet n'est pas toujours clair
  • Diarrhée infectieuse aiguë ou saignement digestif récent, qui augmentent le résultat sans être une maladie chronique
  • Trousse de dosage différente d'un laboratoire à l'autre : comparer les résultats dans le même laboratoire

Ce que mesure l’analyse

La calprotectine est une protéine présente dans le cytosol, c’est-à-dire le contenu liquide, des cellules de l’inflammation, surtout les neutrophiles, un type de globule blanc. Quand la muqueuse de l’intestin est enflammée, ces cellules affluent vers la paroi et la lumière intestinales, et la protéine passe dans les selles. Son dosage sert donc de marqueur de la présence et du degré d’inflammation de l’intestin (Oord et al., 2014)1.

Le signal est local. Une prise de sang reflète les réactions de l’ensemble de l’organisme, alors que la calprotectine fécale renseigne sur ce qui se passe dans le tube digestif lui-même. En revanche, elle ne dit pas d’où vient l’inflammation. Une maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI : maladie de Crohn ou rectocolite hémorragique), une infection ou une autre atteinte de la muqueuse peuvent toutes la faire monter.

Elle est surtout demandée dans deux situations : orienter le médecin devant des symptômes digestifs qui durent (diarrhée, douleurs, fatigue), et suivre l’activité d’une MICI déjà connue.

Comment se passe le prélèvement

Le recueil se fait chez vous, sur une petite quantité de selles placée dans le flacon fourni par le laboratoire. Aucun jeûne ni régime particulier n’est en principe nécessaire ; la notice du laboratoire fait foi.

Quelques précautions limitent les erreurs :

  • recueillir les selles sur un support propre pour éviter tout contact avec l’urine ou l’eau de la cuvette ;
  • remplir le flacon sans dépasser le trait indiqué ;
  • noter la date et l’heure du recueil ;
  • rapporter l’échantillon au laboratoire dans le délai demandé.

Les conditions de conservation comptent. D’après une étude pédiatrique, la protéine reste stable dans les selles jusqu’à sept jours (Oord et al., 2014)2. Le délai et la température de conservation à respecter restent toutefois ceux de votre laboratoire.

Signalez au laboratoire et à votre médecin les traitements en cours (notamment les anti-inflammatoires et les médicaments contre l’acidité gastrique), la présence de sang visible, une diarrhée aiguë ou un épisode infectieux récent. Ces éléments aident à interpréter le résultat.

Comment lire le résultat

Le résultat s’exprime en µg/g de selles, ou en mg/kg, ce qui revient au même. Chez l’adulte, le seuil de 50 est le plus employé : au-dessous, l’inflammation de la muqueuse est peu probable ; au-dessus, elle devient possible et justifie un avis médical. Chaque laboratoire et chaque trousse de dosage ont toutefois leurs propres valeurs de référence : comparez toujours vos résultats successifs dans le même laboratoire.

Chez l’adulte avec des symptômes de côlon irritable

Le côlon irritable est un trouble fonctionnel : l’intestin gêne, mais sa paroi n’est pas enflammée. Dans une méta-analyse portant sur des adultes qui avaient ce type de symptômes, une calprotectine inférieure ou égale à 40 µg/g rendait la probabilité d’une MICI inférieure ou égale à 1 % (Menees et al., 2015)3. Une valeur basse aide donc surtout à écarter une MICI.

Chez l’enfant

Les petits ont des valeurs plus élevées. À partir de 75 échantillons de selles d’enfants en bonne santé de 0 à 4 ans, des seuils ont été fixés au 97,5e percentile : 538 mg/kg avant 6 mois, 214 mg/kg entre 6 mois et 3 ans, 75 mg/kg entre 3 et 4 ans (Oord et al., 2014)4. Un résultat d’enfant se lit donc toujours avec l’âge.

Ce qui compte vraiment

Un résultat est un instantané. Il se lit avec les symptômes, l’histoire de la personne et les autres examens. Une valeur légèrement au-dessus du seuil, sans signe associé, appelle souvent un nouveau dosage avant toute conclusion. Une valeur très élevée, ou accompagnée de sang dans les selles, d’un amaigrissement ou d’une fièvre, justifie une consultation rapide.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est celui d’un test courant : il est largement utilisé, les études sont globalement favorables, mais les seuils varient et il ne remplace pas l’endoscopie.

Une méta-analyse de 19 études (2 499 patients) a évalué trois marqueurs chez des personnes ayant des symptômes de MICI, en prenant l’endoscopie comme référence de l’activité de la maladie. La calprotectine fécale avait une sensibilité de 0,88 et une spécificité de 0,73, contre 0,49 et 0,92 pour la protéine C réactive sanguine (Mosli et al., 2015)5. En clair, la calprotectine repère bien l’inflammation active (peu de cas manqués), mais un résultat positif ne confirme pas à lui seul une maladie, car une partie des résultats élevés correspondent à d’autres causes. Les auteurs notent aussi qu’elle détecte mieux l’inflammation dans la rectocolite hémorragique que dans la maladie de Crohn.

La même méta-analyse sur les adultes avec symptômes de côlon irritable montre une limite importante : aucun des marqueurs étudiés ne distinguait de façon fiable les personnes ayant un côlon irritable des personnes en bonne santé (Menees et al., 2015)6. Une calprotectine basse n’est donc pas la preuve d’un côlon irritable : elle écarte surtout une inflammation franche.

Ce qui est démontré : le lien entre calprotectine élevée et inflammation de la muqueuse, et son intérêt pour écarter une MICI. Ce qui ne l’est pas : sa capacité à identifier la cause d’une inflammation, ou à dépister des maladies sans inflammation. Les performances varient aussi selon la trousse et le seuil choisis.

Les analyses à associer

  • Protéine C réactive : reflet de l’inflammation générale, utile en complément, mais moins sensible que la calprotectine pour l’activité intestinale.
  • Lactoferrine fécale : autre marqueur fécal des neutrophiles, parfois dosé en parallèle.
  • Sang occulte dans les selles : recherche un saignement invisible, ce que la calprotectine ne mesure pas.
  • Vitesse de sédimentation : marqueur sanguin d’inflammation, aussi aspécifique que la CRP.

À retenir

  • La calprotectine fécale signale une inflammation de l’intestin, pas sa cause.
  • Chez l’adulte, le seuil habituel est de 50 µg/g, mais chaque laboratoire a ses propres valeurs de référence.
  • Les enfants de moins de 4 ans ont des valeurs normales plus élevées : le résultat se lit avec l’âge.
  • Une valeur basse aide à écarter une MICI chez une personne qui a des symptômes de côlon irritable.
  • Un résultat élevé n’est pas un diagnostic : il se discute avec un médecin, souvent avec une endoscopie.

Sources éditoriales et fact-checking3 sources vérifiées1 étude2 méta-analyses[+]

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Faut-il être à jeun pour la calprotectine fécale ?

  2. 02Chez un adulte avec des symptômes de côlon irritable, que signifie une valeur de 40 µg/g ou moins ?

  3. 03Une calprotectine élevée prouve-t-elle une maladie de Crohn ?

  4. 04Le seuil de 50 µg/g s'applique-t-il à un nourrisson ?

  5. 05Combien de temps la protéine reste-t-elle stable dans les selles, d'après une étude pédiatrique ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil et ce qui peut fausser le chiffre.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.