Aller au contenu

Test respiratoire à l’hydrogène et au méthane

Aussi appelée SIBO · Pullulation bactérienne de l'intestin grêle · Breath test · Test respiratoire au glucose ou au lactulose

Ce test mesure l'hydrogène et le méthane de votre air expiré après un sucre. Il aide à chercher une prolifération de bactéries dans l'intestin grêle (SIBO) ou une malabsorption, mais son résultat dépend beaucoup du protocole.

Test respiratoireFamille : tests respiratoiresPreuve courante

Testez-vous en 5 questions

Le cadran

  • Hydrogène : hausse sous 20 ppm à 90 minutes (glucose ou lact moins de 20 ppm
  • Méthane : sous 10 ppm moins de 10 ppm
  • Méthane : 10 ppm ou plus plus de 10 ppm
  • Hydrogène : hausse de 20 ppm ou plus à 90 minutes plus de 20 ppm

Source des repères : Rezaie, Ali, et al. « Hydrogen and Methane-Based Breath Testing in Gastrointestinal Disorders: The North American Consensus ». American Journal of Gastroenterology, vol. 112, no 5, 2017, p. 775-84..

ppm

Les seuils changent d’un laboratoire à l’autre : ceux de votre compte rendu passent avant. Rien n’est envoyé, le calcul se fait dans votre navigateur.

En bref

Après avoir bu un sucre, vous soufflez à intervalles réguliers dans un embout. Le test mesure l'hydrogène et le méthane, des gaz produits seulement par des micro-organismes intestinaux. Il aide à repérer une prolifération bactérienne ou une malabsorption.

À lire avec

Test respiratoireTest respiratoire au glucose ou au lactulose pour la recherche d'un SIBO ; tests respiratoires au lactose, au fructose ou au sorbitol pour la malabsorption ; test respiratoire au sulfure d'hydrogène.

ppm (parties par million)Preuve courante

Profil sportif

Les ballonnements d'effort ont de nombreuses causes (apports de glucides rapides, fibres avant la séance, déshydratation, stress). Le test respiratoire n'est pas conçu pour les expliquer à lui seul. Respectez strictement la préparation et évitez tout effort intense le jour du test, car l'effort et l'hyperventilation modifient les gaz de l'air expiré.

Pourquoi on la demande

  • Ballonnements, gaz et inconfort abdominal persistants après les repas
  • Suspicion de SIBO, une prolifération de bactéries dans l'intestin grêle
  • Constipation avec ballonnements, pour rechercher une production de méthane
  • Suspicion de malabsorption d'un sucre (lactose, fructose), après avoir écarté un SIBO
  • Suivi après un traitement d'une pullulation, sur avis médical

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur haute

  • Hydrogène ou méthane élevés après ingestion du sucre : prolifération bactérienne de l'intestin grêle probable
  • Production de méthane isolée, associée à une constipation et à un transit ralenti
  • Malabsorption d'un sucre (lactose, fructose), après exclusion d'un SIBO
  • Fermentation colique précoce liée à un transit rapide, selon le substrat utilisé
  • Effets de la préparation ou du protocole : une mauvaise préparation donne des valeurs de base hautes

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Préparation alimentaire non respectée (fibres, féculents, produits fermentescibles la veille)
  • Jeûne insuffisant avant le test
  • Antibiotiques, laxatifs, probiotiques ou préparation à une coloscopie récents
  • Tabac, exercice intense ou hyperventilation pendant le test
  • Substrat et protocole : dose de glucose ou de lactulose, durée et seuils de positivité varient selon le laboratoire
  • SIBO non exclu avant un test de malabsorption d'un sucre, ce qui peut donner de faux positifs
  • Transit rapide ou lent, qui modifie le moment où le gaz apparaît dans l'air expiré

Ce que mesure l’analyse

Votre organisme ne fabrique ni hydrogène ni méthane par ses propres cellules. Ces gaz sont produits par des micro-organismes de l’intestin quand ils fermentent des sucres. Une partie passe dans le sang, atteint les poumons et ressort dans l’air expiré, où l’on peut la mesurer.

Le test respiratoire consiste à boire une solution sucrée, puis à souffler à intervalles réguliers dans un embout relié à un analyseur. Le résultat est exprimé en ppm, c’est-à-dire en parties par million. Le sucre utilisé dépend de la question posée. Le glucose ou le lactulose servent à chercher un SIBO, une prolifération de bactéries dans l’intestin grêle. Le lactose, le fructose ou le sorbitol servent à chercher une malabsorption de ces sucres, c’est-à-dire un sucre mal digéré qui arrive dans le côlon.

Le méthane n’est pas produit par des bactéries mais par des micro-organismes appelés archées. Un excès de méthane est de plus en plus décrit sous le terme d’excès de méthanogènes intestinaux, distinct du SIBO au sens strict.

Comment se passe le prélèvement

La préparation conditionne la qualité du résultat. Elle varie selon le laboratoire et selon le sucre utilisé, donc suivez scrupuleusement la notice qui vous est remise. En général, elle comprend un régime pauvre en fibres et en aliments très fermentescibles la veille, un jeûne avant le test, l’arrêt des laxatifs et de certains compléments, un délai après un antibiotique ou une coloscopie, et l’absence de tabac et d’effort intense le jour du test. Le délai précis de chaque consigne est fixé par le laboratoire.

Pendant le test, vous soufflez une première fois à jeun pour mesurer la base, puis vous buvez la solution. Des échantillons sont ensuite prélevés à intervalles réguliers pendant une durée qui dépend du laboratoire. Restez au calme, sans manger, sans fumer, sans marcher vite : l’hyperventilation et l’effort modifient les gaz de l’air expiré. Notez vos symptômes pendant le test si on vous le demande.

Comment lire le résultat

Le consensus nord-américain, publié par des experts en gastro-entérologie, fixe des repères. Une hausse d’hydrogène de 20 ppm ou plus à 90 minutes pendant un test au glucose ou au lactulose est considérée comme positive pour un SIBO, et un taux de méthane de 10 ppm ou plus est considéré comme positif pour le méthane (Rezaie et al., 2017)1. Pour une malabsorption, une hausse d’hydrogène de 20 ppm ou plus par rapport à la base est considérée comme positive.

Le même consensus propose des doses : 10 g de lactulose, 75 g de glucose, 25 g de fructose et 25 g de lactose (Rezaie et al., 2017)2. Tous les laboratoires ne les appliquent pas, et les seuils varient : regardez toujours le protocole indiqué sur votre compte rendu avant de comparer deux tests.

Le protocole a un poids réel. Dans une étude sur 3 102 patients testés selon le protocole nord-américain et 3 193 selon l’ancien protocole, les tests au glucose étaient positifs dans 39,5 % des cas avec le premier, contre 29,7 % avec le second, surtout à cause d’une plus grande fréquence de résultats positifs au méthane (Baker et al., 2021)3. Une autre étude sur 725 patients a observé que 75 g de glucose donnaient plus de résultats positifs que 50 g (36 % contre 22 %), et que 10 g de lactulose en donnaient moins que 16 g (42 % contre 53 %) (Pitcher et al., 2022)4. Un résultat « positif » dépend donc du protocole autant que de votre intestin.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est « courant » : le test est largement utilisé et validé par un consensus d’experts, avec un accord sur 26 des 28 énoncés soumis au vote. Le consensus considère le test au glucose ou au lactulose comme l’alternative la moins invasive pour diagnostiquer un SIBO, et le juge utile pour la malabsorption des glucides, pour la constipation associée au méthane et pour évaluer ballonnements et gaz (Rezaie et al., 2017)5. Il ne le recommande pas pour évaluer le transit oro-cæcal, et rappelle d’exclure un SIBO avant de tester la malabsorption d’un sucre pour éviter de faux positifs.

Le consensus est cependant un compromis entre experts, pas une vérité définitive. Avec le protocole nord-américain, les symptômes survenant pendant le test étaient plus fréquents après le glucose, chez les personnes à test positif comme chez celles à test négatif, et les auteurs soulignent que les conséquences pour la décision de traiter par antibiotique attendent des études prospectives (Baker et al., 2021)6. Un symptôme pendant le test n’est donc pas, à lui seul, une preuve de SIBO.

Le méthane est un chapitre à part. Dans une étude rétrospective de 196 patients, ceux qui avaient un excès de méthane isolé présentaient un transit colique plus long que ceux dont le test était négatif, de 44 heures 23 minutes contre 28 heures 51 minutes (Talamantes et al., 2024)7. Cette association ne dit pas si le méthane ralentit le transit ou si un transit lent favorise les méthanogènes.

Ce que la science ne démontre pas dans les sources retenues : qu’un test positif prédise une amélioration par un traitement donné, ou qu’un test négatif écarte toute cause intestinale à vos symptômes. Toute décision de traitement revient à votre médecin.

Les analyses à associer

Les tests respiratoires au lactose et au fructose précisent une éventuelle malabsorption de ces sucres, à interpréter une fois le SIBO écarté. Le test respiratoire au sulfure d’hydrogène complète la recherche quand les gaz mesurés ne correspondent pas aux symptômes. La calprotectine fécale écarte une inflammation de l’intestin quand les ballonnements s’accompagnent de diarrhée.

À retenir

  • Le test mesure l’hydrogène et le méthane de l’air expiré après un sucre, gaz produits seulement par des micro-organismes intestinaux.
  • Selon le consensus nord-américain, une hausse d’hydrogène de 20 ppm ou plus à 90 minutes ou un méthane de 10 ppm ou plus est positif.
  • Le protocole (dose, sucre, seuils) change la proportion de tests positifs : regardez-le avant de comparer.
  • La préparation (régime, jeûne, médicaments, absence d’effort et de tabac) est décisive : suivez la notice du laboratoire.
  • Un résultat positif est une piste à discuter avec un médecin, jamais un diagnostic isolé.

Sources éditoriales et fact-checking4 sources vérifiées4 études[+]

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Selon le consensus nord-américain, à partir de quelle hausse d'hydrogène le test SIBO est-il positif ?

  2. 02Quel seuil de méthane le consensus retient-il comme positif ?

  3. 03Le protocole change-t-il la proportion de tests positifs ?

  4. 04Faut-il écarter un SIBO avant un test de malabsorption du lactose ou du fructose ?

  5. 05Le test sert-il à mesurer le temps de transit oro-cæcal ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil et ce qui peut fausser le chiffre.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.