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Silicium

Aussi appelée Si · Silicium sérique · Silicon

Le silicium sérique mesure le silicium qui circule dans le sang. Son intérêt n'est pas démontré : les études sur l'os portent sur l'apport alimentaire, pas sur ce dosage, et aucun seuil n'est validé.

Prise de sangFamille : minéraux et oligo-élémentsPreuve non validée

Testez-vous en 5 questions

En bref

Le dosage mesure la concentration de silicium dans le sérum. Le silicium vient surtout des plantes, et le prélèvement est très exposé à la contamination. Il n'existe pas de repère validé pour interpréter le résultat.

À lire avec

Prise de sangBilans d'oligo-éléments sanguins proposés en médecine environnementale ou fonctionnelle. Le minéralogramme capillaire est un autre prélèvement, avec ses propres normes.

µg/LPreuve non validée

Profil sportif

Aucune donnée vérifiée ne montre qu'un taux de silicium sérique prédit la solidité des os ou des tendons, ni la récupération. Les céréales et les légumes sont les principales sources alimentaires. N'achetez pas un complément sur la foi de ce seul dosage.

Pourquoi on la demande

  • Compléter un bilan d'oligo-éléments en médecine nutritionnelle ou environnementale
  • Explorer un lien supposé avec la santé de l'os, surtout chez les femmes (recherche, indication non validée)
  • Suivre un apport en silicium par complément, à titre exploratoire
  • Répondre à une curiosité personnelle, sans intérêt clinique démontré

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Apport alimentaire faible en produits végétaux
  • Aucun seuil de carence n'est reconnu : une valeur basse n'a pas de signification établie

Causes d’une valeur haute

  • Contamination du prélèvement ou du tube
  • Apport récent élevé ou complément
  • Baisse de la fonction rénale, possible cause d'élimination réduite

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Contamination : le silicium est omniprésent (verre, poussières, gel de certains tubes)
  • Alimentation récente : céréales, légumes et boissons, y compris alcoolisées, en apportent
  • Eau minérale riche en silice
  • Compléments contenant du silicium (silice, acide orthosilicique, prêle, bambou)
  • Méthode et laboratoire : le dosage n'est pas standardisé
  • Fonction rénale

Ce que mesure l’analyse

Le silicium est un élément très abondant dans l’environnement. Dans l’alimentation, il vient surtout des aliments d’origine végétale, sous forme d’acide orthosilicique, une forme soluble absorbable par l’intestin. Le dosage sérique mesure la concentration de silicium dans le sérum, la partie liquide du sang débarrassée de ses cellules.

Il ne faut pas confondre ce qui circule dans le sang et ce qui est stocké dans l’os ou dans la peau. Le résultat ne dit rien de la quantité de silicium présente dans ces tissus, ni de leur état.

Comment se passe le prélèvement

Il s’agit d’une prise de sang veineuse. Le silicium est présent dans le verre, la poussière et certains matériaux de prélèvement : la contamination est la première source d’erreur. Demandez au laboratoire quel tube il utilise et s’il impose le jeûne ; les consignes varient.

Signalez les compléments contenant du silicium (silice, acide orthosilicique, prêle, bambou) ainsi que votre consommation d’une eau minérale riche en silice. Ne les arrêtez pas sans avis médical. Pour comparer deux bilans, gardez le même laboratoire et des conditions identiques.

Comment lire le résultat

Le résultat s’exprime ici en µg/L ; certains laboratoires utilisent le µmol/L. Cette fiche ne donne pas de repère chiffré : aucune étude indexée que nous ayons pu vérifier ne publie d’intervalle de référence utilisable pour le silicium sérique. Chaque laboratoire a ses propres normes, et c’est l’intervalle de votre compte rendu qui compte.

Attention à ne pas mélanger deux notions. Les chiffres que l’on trouve dans la littérature décrivent le plus souvent l’apport alimentaire, en mg par jour, pas la concentration dans le sang. Chez 400 jeunes hommes coréens de 19 à 25 ans, l’apport moyen était estimé à 37,5 ± 22,2 mg par jour (Choi et al., 2016)1. Cet apport ne se convertit pas en valeur sérique attendue.

Un résultat isolé, haut ou bas, ne permet pas de conclure. Une valeur élevée évoque d’abord une contamination ou un apport récent important. Une valeur basse n’a pas de signification clinique établie.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est celui d’un intérêt non démontré pour le dosage sérique. Les travaux sur le silicium portent surtout sur l’os et sur l’apport alimentaire.

Dans la cohorte d’Aberdeen, qui suivait 3 198 femmes de 50 à 62 ans, la densité osseuse du col du fémur était inférieure de 2 % dans le quart des femmes ayant l’apport en silicium le plus faible, par rapport au quart ayant l’apport le plus élevé. Le lien n’apparaissait que chez les femmes dont le statut en œstrogènes était préservé (préménopause tardive ou traitement hormonal), ce qui suggère une interaction avec les œstrogènes (Macdonald et al., 2011)2.

Chez les jeunes hommes coréens, l’apport total en silicium n’était pas corrélé à la densité osseuse ni aux marqueurs du remodelage, une fois les facteurs de confusion pris en compte. Seul l’apport issu des légumes était associé à la phosphatase alcaline totale, un marqueur de formation osseuse (Choi et al., 2016). Les auteurs demandent une confirmation sur un échantillon plus large.

Chez le rat, des femelles recevant du silicium dans l’eau de boisson avaient un silicium sérique plus élevé, associé à de meilleurs paramètres de qualité osseuse ; cette association n’apparaissait pas chez les mâles (Jugdaohsingh et al., 2015)3. Il s’agit de résultats animaux, qui ne se transposent pas automatiquement à l’humain.

Aucune de ces études ne valide un seuil de silicium sérique, ni n’établit qu’un complément améliore la santé osseuse.

Les analyses à associer

  • Calcium total et vitamine D : ils décrivent le métabolisme minéral de l’os avec des repères établis.
  • Ostéocalcine : marqueur de formation osseuse.
  • Télopeptide C-terminal du collagène de type 1 : marqueur de résorption osseuse.

À retenir

  • Le silicium sérique mesure ce qui circule, pas ce qui est stocké dans l’os.
  • Le prélèvement est très exposé à la contamination ; le résultat est à interpréter avec prudence.
  • Aucun seuil de carence ni intervalle de référence vérifié : fiez-vous aux normes de votre laboratoire.
  • Les études sur l’os portent sur l’apport alimentaire, avec des résultats nuancés, et sur l’animal.
  • Un résultat isolé ne justifie pas de prendre un complément.

Sources éditoriales et fact-checking3 sources vérifiées3 études[+]

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Le silicium sérique permet-il de savoir si vos os manquent de silicium ?

  2. 02Quelles sont les principales sources alimentaires de silicium ?

  3. 03Dans l'étude d'Aberdeen, chez quelles femmes l'apport en silicium était-il lié à la densité osseuse ?

  4. 04Les résultats obtenus chez le rat prouvent-ils un effet chez l'humain ?

  5. 05Pourquoi le prélèvement exige-t-il des précautions ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : ce qui peut fausser le chiffre.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.