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Bore

Aussi appelée B · Bore sérique · Bore plasmatique · Boron

Le bore sérique mesure la quantité de bore qui circule dans le sang, reflet de l'apport récent et de l'élimination rénale. Son intérêt clinique reste limité : le rôle du bore chez l'humain et les seuils utiles ne sont pas établis.

Prise de sangFamille : minéraux et oligo-élémentsPreuve émergente

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Le cadran

µg/L

Les seuils changent d’un laboratoire à l’autre : ceux de votre compte rendu passent avant. Rien n’est envoyé, le calcul se fait dans votre navigateur.

En bref

Le bore sérique mesure la concentration de bore dans la partie liquide du sang. Elle reflète surtout l'apport récent par l'alimentation et l'eau, ainsi que l'élimination par le rein, plus que les réserves de l'organisme.

À lire avec

Prise de sangBilans d'oligo-éléments sanguins et bilans d'exposition aux métaux et métalloïdes, parfois proposés en médecine environnementale ou fonctionnelle.

µg/LPreuve émergente

Profil sportif

Aucune donnée vérifiée ne relie le bore sérique à la performance ou à la récupération. Une alimentation pauvre en végétaux ou très restrictive peut réduire l'apport, mais aucune valeur cible n'existe chez le sportif. Un résultat n'est pas une indication à se complémenter.

Pourquoi on la demande

  • Documenter l'exposition au bore chez une personne qui vit ou travaille dans un environnement riche en bore (eau, industrie)
  • Compléter un bilan d'oligo-éléments demandé par un médecin
  • Contrôler la concentration après la prise prolongée d'un produit ou d'un complément contenant du bore
  • Replacer le bore dans un bilan nutritionnel détaillé, sans que le résultat suffise à décider d'une action

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Apport alimentaire faible en végétaux, fruits à coque et légumineuses
  • Il n'existe pas de seuil de carence validé : une valeur basse isolée n'a pas de signification clinique établie

Causes d’une valeur haute

  • Apport élevé par l'eau, l'alimentation ou le travail
  • Prise de compléments ou de produits contenant du bore
  • Baisse de la fonction rénale, qui peut réduire l'élimination
  • Contamination du prélèvement

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Complément alimentaire ou produit contenant du bore (acide borique, borate) pris les jours précédents
  • Alimentation riche en fruits, légumes, légumineuses, fruits à coque ou eau riche en bore
  • Contamination par le tube, le verre ou le matériel de prélèvement
  • Âge et sexe : les concentrations changent avec l'âge et diffèrent entre hommes et femmes
  • Méthode de dosage et laboratoire : les valeurs ne sont pas toujours comparables entre deux laboratoires
  • Fonction rénale, puisque le rein participe à l'élimination du bore

Ce que mesure l’analyse

Le bore est un élément présent dans les fruits, les légumes, les légumineuses, les fruits à coque et certaines eaux. Dans le sang, il circule surtout sous forme d’acide borique, une petite molécule qui diffuse facilement dans les tissus. Le dosage sérique mesure sa concentration dans le sérum, la partie liquide du sang débarrassée de ses cellules et de ses facteurs de coagulation.

Le rôle exact du bore chez l’humain n’est pas établi : il n’est pas reconnu comme un élément essentiel au sens strict. Le résultat reflète d’abord ce qui circule, donc l’apport récent et l’élimination par le rein. Il ne renseigne pas sur la quantité de bore stockée dans les os ou les autres tissus.

Comment se passe le prélèvement

Il s’agit d’une prise de sang veineuse. Le bore étant présent dans certains verres de laboratoire, la contamination est un risque réel : demandez au laboratoire quel tube il utilise et s’il impose le jeûne, car les consignes varient d’un laboratoire à l’autre.

Signalez tout complément ou produit contenant du bore (acide borique, borate), même pris occasionnellement. Ne l’arrêtez pas de votre propre initiative avant l’examen sans en parler au médecin qui l’a prescrit. Pour comparer deux bilans, prélevez-vous si possible dans les mêmes conditions : même laboratoire, même moment de la journée, même alimentation habituelle.

Comment lire le résultat

Le résultat s’exprime en µg/L. Une étude réalisée chez 980 habitants en bonne santé d’une zone urbaine du Japon a retenu une valeur de référence de 79,8 µg/L chez l’homme et de 67,9 µg/L chez la femme, avec un intervalle de référence de 33,3 à 191,2 µg/L chez l’homme et de 29,5 à 154,9 µg/L chez la femme (Usuda et al., 1997)1.

Deux précisions comptent. D’abord, l’intervalle est très large : deux personnes en bonne santé peuvent avoir des résultats très éloignés. Ensuite, il décrit une population et une méthode de dosage précises. Votre laboratoire a ses propres normes, et c’est l’intervalle imprimé sur votre compte rendu qui fait foi.

Les concentrations changent avec l’âge et le sexe. Dans l’étude japonaise, le bore sérique augmentait avec l’âge, plus vite chez l’homme jusqu’à la cinquantaine. Dans une cohorte de 6 754 adultes d’une zone rurale de Chine, la moyenne chez les témoins était proche de 48 µg/L, avec un écart-type supérieur à 25 µg/L : la dispersion des valeurs est forte (Zhang et al., 2021)2. Dans cette même cohorte, le bore différait entre personnes hypertendues et témoins, mais seuls le cuivre, le sélénium et le chrome restaient associés à l’hypertension après ajustement.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est émergent. Des recherches explorent le rôle du bore dans le métabolisme des minéraux et des hormones, mais aucune valeur sérique cible n’est validée pour un bénéfice de santé.

Quelques études d’observation existent. Dans une étude cas-témoins menée en Chine chez 637 adultes avec un diabète de type 2 et 637 témoins appariés, un bore sérique plus élevé était associé à moins de diabète de type 2, avec une relation non linéaire (Ma et al., 2026)3. Les auteurs qualifient eux-mêmes ces résultats d’exploratoires. Une association ne dit pas qui agit sur qui : le bore pourrait protéger, ou la maladie et son contexte pourraient modifier sa concentration.

Les limites sont nettes. Il n’existe pas de seuil de carence reconnu, les méthodes de dosage diffèrent, et les intervalles publiés viennent de populations précises. Un résultat isolé ne justifie ni diagnostic ni décision de complément.

Les analyses à associer

  • Magnésium sérique : il se lit dans le même contexte minéral et dispose de repères plus solides.
  • Calcium total et vitamine D : ils décrivent l’équilibre minéral et osseux, domaine où le bore est parfois étudié.

Pour une question précise (thyroïde, os, rein), ce sont ces examens, et non le bore, qui orientent la décision.

À retenir

  • Le bore sérique reflète l’apport récent et l’élimination rénale, pas les réserves.
  • Les intervalles publiés sont larges et dépendent de la population et du laboratoire.
  • Aucun seuil de carence n’est validé : une valeur basse isolée ne se traite pas.
  • Les liens observés avec des maladies sont exploratoires et ne prouvent pas une cause.
  • Signalez tout complément contenant du bore avant le prélèvement.

Sources éditoriales et fact-checking3 sources vérifiées3 études[+]

Testez-vous 4 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Existe-t-il un seuil de carence en bore validé ?

  2. 02Les valeurs de bore sont-elles identiques chez l'homme et chez la femme ?

  3. 03Que reflète surtout le bore sérique ?

  4. 04Un bore plus élevé chez des personnes sans diabète de type 2 prouve-t-il qu'il protège ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil et ce qui peut fausser le chiffre.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.