Ce que mesure l’analyse
Le lithium est un métal alcalin, chimiquement proche du sodium. Le dosage mesure sa concentration dans le sérum, la partie liquide du sang débarrassée de ses cellules.
Deux situations très différentes se cachent derrière ce nom. La première est le traitement : un sel de lithium prescrit en psychiatrie, dont la concentration dans le sang se suit en mmol/L. La seconde est l’apport « de fond », par l’eau et l’alimentation, qui se compte en µg/L. Une revue narrative de 2026 insiste sur cette distinction entre doses thérapeutiques et apport de fond (Cherpakov et al., 2026)1. Mélanger les deux conduit à des contresens.
Chez une personne traitée, la marge entre une concentration utile et une concentration toxique est étroite. C’est la raison d’être de la lithiémie : elle permet d’ajuster le traitement.
Comment se passe le prélèvement
Il s’agit d’une prise de sang veineuse. Le tube ne doit pas contenir d’héparine de lithium, qui apporterait du lithium dans l’échantillon : prévenez le préleveur si vous êtes traité.
Chez une personne traitée, le moment compte autant que la dose. Le prélèvement se fait à heure fixe, au creux de la concentration, c’est-à-dire juste avant la prise suivante. Le prescripteur ou le laboratoire précise l’horaire exact : suivez-le, et notez l’heure de votre dernière prise. Ne sautez pas le traitement de votre propre initiative avant l’examen.
Comment lire le résultat
La fiche ne donne volontairement pas de repère chiffré. La zone visée sous traitement dépend de l’indication, de l’âge, de la tolérance et du laboratoire : elle est fixée par le médecin qui prescrit. Pour l’apport de fond, aucune étude indexée que nous ayons pu vérifier ne publie d’intervalle de référence utilisable. Chaque laboratoire a ses normes, et c’est l’intervalle de votre compte rendu qui compte.
Une valeur isolée se lit avec le contexte : heure de la dernière prise, forme du médicament, fonction rénale, hydratation et traitements associés. Un résultat inattendu justifie de recontrôler dans les mêmes conditions avant de modifier quoi que ce soit.
Hors traitement, un taux très bas est normal : il n’indique pas une carence. La revue de 2026 conclut qu’il n’existe ni syndrome de carence diagnostiquable, ni biomarqueur validé du statut en lithium à l’exposition de fond, ni norme nutritionnelle contraignante (Cherpakov et al., 2026).
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est courant pour le suivi d’un traitement, et non validé pour le lithium à l’état de trace. La même revue classe le lithium comme un possible oligo-élément « bénéfique », ce qui reste une hypothèse. Elle s’appuie sur des associations écologiques (comparaisons entre régions), des cohortes et des données précliniques, et appelle à des biomarqueurs validés et à des études prospectives.
Une étude cas-témoins menée en Chine chez 637 adultes avec un diabète de type 2 et 637 témoins appariés a trouvé une association positive entre lithium sérique et diabète de type 2, la plus robuste parmi les éléments testés (Ma et al., 2026)2. Ce résultat est présenté comme exploratoire : il ne dit pas si le lithium joue un rôle ou si la maladie et ses traitements modifient la concentration.
Cette fiche ne propose aucune dose et aucun complément. Prendre du lithium pour « optimiser » son bilan n’est pas une pratique validée, et un traitement par lithium relève toujours d’un médecin.
Les analyses à associer
- Créatinine : elle renseigne sur l’élimination rénale du lithium.
- TSH : elle surveille la thyroïde chez une personne traitée.
- Calcium total : il fait partie du suivi habituel d’un traitement par lithium.
- Sodium : un taux bas ou un régime sans sel modifie le comportement du lithium dans l’organisme.
À retenir
- La lithiémie sert d’abord à suivre un traitement prescrit ; l’heure du prélèvement est déterminante.
- Le tube ne doit pas contenir d’héparine de lithium.
- À l’état de trace, le lithium n’est pas reconnu comme essentiel et aucun biomarqueur n’est validé.
- Le lien avec le diabète de type 2 est une association exploratoire, pas une preuve.
- Toute question sur la dose ou l’arrêt d’un traitement se discute avec le médecin prescripteur.
Sources éditoriales et fact-checking2 sources vérifiées2 études