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Glutathion peroxydase

Aussi appelée GPx · GSH-Px · Glutathion peroxydase érythrocytaire · GPx sang total

La glutathion peroxydase est une enzyme antioxydante des globules rouges qui ne fonctionne qu'avec du sélénium. Son dosage donne un reflet fonctionnel du statut en sélénium, à lire avec le dosage du sélénium et le contexte clinique.

Prise de sangFamille : minéraux et oligo-élémentsPreuve courante

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En bref

Cette analyse mesure l'activité d'une enzyme antioxydante des globules rouges, la glutathion peroxydase, qui ne fonctionne qu'avec du sélénium. Elle sert d'indicateur fonctionnel du statut en sélénium et se lit avec le dosage du sélénium.

À lire avec

Prise de sangBilan de stress oxydant ou « bilan antioxydant » proposé par certains laboratoires (avec sélénium, zinc, cuivre, superoxyde dismutase, vitamines antioxydantes), bilans nutritionnels en oligo-éléments.

U/g HbPreuve courante

Profil sportif

Il n'existe pas de repère propre au sportif pour la GPx érythrocytaire. Un effort très intense peut modifier le stress oxydant, mais l'effet sur l'activité de cette enzyme n'est pas établi assez clairement pour interpréter un résultat isolé. Comparez toujours avec le même laboratoire et dans des conditions voisines (repos, même période d'entraînement).

Pourquoi on la demande

  • Évaluer le statut fonctionnel en sélénium, en complément du dosage du sélénium lui-même
  • Compléter un bilan de stress oxydant, avec la superoxyde dismutase ou le malondialdéhyde
  • Comprendre un sélénium bas ou limite : l'enzyme qui en dépend est-elle réellement concernée ?
  • Suivre l'effet d'un changement d'alimentation ou d'une supplémentation décidée avec un médecin
  • Explorer un contexte de maladie chronique ou d'alimentation très restreinte où le sélénium est suspecté insuffisant

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Apport insuffisant en sélénium, dont l'enzyme dépend directement
  • Maladie grave ou inflammation systémique, parfois de façon transitoire
  • Hypertension artérielle chez l'homme, dans une étude
  • Certaines maladies auto-immunes ou immunitaires de l'enfant et de l'adolescent, dans des cohortes pédiatriques

Causes d’une valeur haute

  • Réaction à un stress oxydant installé (par exemple dans l'infarctus aigu du myocarde)
  • Âge plus avancé, selon certaines études seulement
  • Variation sans signification clinique, dans l'intervalle propre à la méthode du laboratoire
  • Une valeur haute ne permet pas de repérer un excès de sélénium

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Maladie aiguë ou inflammation : l'activité peut baisser, comme chez des patients de réanimation
  • Infarctus du myocarde récent : l'activité des globules rouges peut être plus élevée
  • Âge : l'effet est discordant selon les études
  • Apport récent en sélénium : l'activité des globules rouges met des semaines à répondre, un changement de la veille pèse peu
  • Méthode et unité du laboratoire : U/g Hb, U/L ou U/mL ne se comparent pas entre eux
  • Transfusion récente : elle peut modifier le contenu en globules rouges analysés
  • Hémolyse du tube ou conservation inadaptée : l'enzyme est dans les globules rouges, suivez les consignes du laboratoire

Ce que mesure l’analyse

La glutathion peroxydase (GPx) est une famille d’enzymes qui neutralisent le peroxyde d’hydrogène et certains lipides oxydés, en s’appuyant sur le glutathion, une petite molécule antioxydante fabriquée par vos cellules. Dans les globules rouges, c’est surtout la forme GPx1 qui travaille. Son site actif contient un acide aminé rare, la sélénocystéine : sans sélénium, l’enzyme n’est pas fabriquée correctement.

L’analyse ne compte pas les molécules d’enzyme : elle mesure leur activité, c’est-à-dire la vitesse à laquelle l’enzyme transforme, au laboratoire, un substrat de test. Cette activité sert de reflet fonctionnel du statut en sélénium. Elle est même au cœur des recommandations : les apports de référence en sélénium reposent sur l’apport nécessaire pour atteindre une activité GPx maximale dans le plasma ou dans les globules rouges (Hurst et al., 2013)1.

Deux termes à connaître : « érythrocytaire » signifie « dans les globules rouges » ; « sang total » désigne un dosage sur le sang entier, sans séparer les cellules du plasma. Selon les laboratoires, la GPx est mesurée de l’une ou l’autre façon, ce qui rend les comparaisons délicates.

Comment se passe le prélèvement

C’est une prise de sang veineuse ordinaire. L’enzyme étant contenue dans les globules rouges, le laboratoire travaille sur le sang et non sur le sérum seul. Le type de tube, le délai d’acheminement et la conservation dépendent de la technique de chaque laboratoire : suivez les consignes remises avec l’ordonnance.

Signalez au préleveur tout ce qui peut compter pour l’interprétation : une maladie ou une hospitalisation récente, une transfusion récente, un régime particulier, la prise de compléments contenant du sélénium. Un tube hémolysé (globules rouges abîmés) peut fausser le dosage, puisque l’enzyme se trouve justement dans ces cellules.

Comment lire le résultat

Le résultat s’exprime le plus souvent en unités d’activité par gramme d’hémoglobine (U/g Hb), parfois par litre ou par millilitre de sang. Ces unités ne sont pas interchangeables : la méthode, la température de réaction et le substrat de test varient d’un laboratoire à l’autre. Chaque laboratoire a ses propres normes ; nous n’affichons donc pas de cadran de repères pour cette analyse. Comparez votre valeur à l’intervalle imprimé sur votre compte rendu, jamais à un chiffre lu ailleurs.

Que sait-on des variations normales ? Les études ne s’accordent pas. Dans la cohorte Stanislas, qui a établi des intervalles de référence pour la GPx du sang total chez 463 sujets en bonne santé apparente, aucun des facteurs étudiés (âge, sexe, indice de masse corporelle, alcool, tabac, ménopause, médicaments, oligo-éléments) n’influençait l’activité (Habdous et al., 2003)2. À l’inverse, chez 118 adultes de 20 à 60 ans aux Açores, l’activité du sang total augmentait avec l’âge, avec une baisse chez les sujets hyperlipidémiques, et elle était environ 30 % plus basse chez les hommes hypertendus que chez les normotendus (Pavão et al., 2006)3.

Ce qui compte vraiment : la GPx se lit en face du dosage du sélénium et du contexte clinique. Un chiffre isolé, haut ou bas, ne permet pas de conclure.

Ce que dit la science

Un indicateur du statut en sélénium, lent à réagir

Chez des adolescents de 14 à 16 ans vivant dans une zone chinoise pauvre en sélénium, une supplémentation en sélénium a fait atteindre à l’activité GPx du plasma et des plaquettes son maximum après 8 semaines, alors que celle des globules rouges continuait d’augmenter jusqu’à la 16e semaine (Alfthan et al., 2000)4. Un globule rouge vit plusieurs semaines : la GPx érythrocytaire reflète donc un statut installé, pas le dernier repas.

Le marqueur a aussi des limites. Chez l’animal (dindes, poulets, rats, souris, agneaux), l’activité GPx1 des globules rouges ne forme pas de plateau net quand l’apport en sélénium augmente, et aucune activité de sélénoprotéine ne permettait de repérer un statut en excès (Sunde et al., 2016)5. Ces données animales invitent à la prudence : une GPx haute n’indique pas un excès de sélénium.

Une valeur haute n’est pas toujours rassurante

Chez 27 patients en infarctus aigu du myocarde comparés à 24 témoins du même âge, le sélénium plasmatique était plus bas (63,7 contre 82,2 µg/L) mais l’activité GPx érythrocytaire plus élevée (48,1 contre 35,3 U/g Hb) (Bor et al., 1999)6. Les auteurs y voient une possible défense antioxydante contre un stress oxydant installé de longue date. Une GPx haute peut donc refléter une réaction de l’organisme, pas seulement un « bon statut ».

En maladie aiguë

Chez 65 patients de réanimation en syndrome inflammatoire systémique, comparés à 56 volontaires sains, l’activité GPx était plus basse que chez les témoins et d’autant plus basse que la gravité était forte à l’admission. Elle est revenue à des valeurs normales après une semaine, alors que le sélénium continuait de baisser (Herrera-Quintana et al., 2022)7. Pendant une maladie grave, la GPx et le sélénium ne bougent donc pas forcément ensemble.

Niveau de preuve : b. L’analyse est utilisée en pratique et repose sur une base biologique solide, mais elle ne fait pas l’objet d’un consensus pour dépister ou suivre une carence et, à notre connaissance, aucune recommandation officielle ne l’impose.

Les analyses à associer

  • Sélénium : le minéral dont dépend l’enzyme ; les deux résultats s’interprètent côte à côte.
  • Superoxyde dismutase : autre enzyme antioxydante, souvent dosée dans le même bilan.
  • Malondialdéhyde : marqueur de lipides oxydés, qui renseigne sur l’ampleur du stress oxydant.
  • Vitamine E : antioxydant qui agit aussi sur les lipides oxydés.

À retenir

  • La GPx érythrocytaire mesure l’activité d’une enzyme qui dépend du sélénium, pas le sélénium lui-même.
  • Elle intègre plusieurs semaines : un apport de la veille ne change presque rien.
  • Une valeur haute n’est pas toujours rassurante, une valeur basse n’est pas toujours une carence.
  • Chaque laboratoire a ses normes et ses unités : comparez à l’intervalle de votre compte rendu.
  • L’interprétation se fait avec le sélénium et le contexte clinique, avec votre médecin.

Sources éditoriales et fact-checking7 sources vérifiées7 études[+]

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Que mesure exactement la GPx érythrocytaire ?

  2. 02Le résultat reflète-t-il ce que j'ai mangé hier ?

  3. 03Une GPx élevée est-elle toujours bon signe ?

  4. 04Les valeurs de référence sont-elles identiques dans tous les laboratoires ?

  5. 05L'âge change-t-il l'activité de la GPx ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : ce qui peut fausser le chiffre.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.