Ce que mesure l’analyse
Le rapport glutamine/glutamate se calcule en divisant la concentration de glutamine par celle de glutamate dans le même plasma, avec la même unité. La glutamine et le glutamate sont deux acides aminés voisins : l’un se transforme en l’autre dans les cellules. Leur rapport donne donc une vue de cet équilibre, plus qu’une valeur isolée.
Deux usages coexistent. Dans les cohortes, on le relie au risque cardiométabolique. Dans certains laboratoires, il sert aussi à vérifier la qualité de l’échantillon.
Comment se passe le prélèvement
Il s’agit d’une prise de sang, en général à jeun. Mosaic Diagnostics précise que ses repères viennent de sujets à jeun depuis 6 à 8 heures. Le moment compte aussi pour la glutamine, qui est la plus haute après le jeûne nocturne (Häberle et coll., 2012).
Le délai avant centrifugation est le point critique. Dans l’étude de Davis et coll. (2009), le glutamate et la glutamine augmentaient tous deux dans un tube conservé. Le rapport peut donc dériver dans un sens ou dans l’autre, selon l’importance relative de chaque variation. Le laboratoire doit centrifuger vite ou garder le tube au froid.
Comment lire le résultat
Le rapport n’a pas d’unité. Nous n’avons trouvé aucune recommandation officielle fixant un repère pour ce rapport. Le seul repère chiffré retenu vient d’un laboratoire, Mosaic Diagnostics : dans son rapport type (méthode HPLC, sujets à jeun), le repère est un rapport supérieur à 8,5, et l’âge de la population n’est pas précisé. Dans cet exemple, 31 µmol/100 mL de glutamine et 25 µmol/100 mL de glutamate donnent un rapport de 1,2, loin du repère. Ce rapport figure sous la rubrique « indice de validité de l’échantillon », avec le rapport asparagine/aspartate et l’ammoniac : le laboratoire s’en sert donc au moins en partie pour contrôler la qualité du prélèvement.
Un rapport bas doit donc d’abord faire vérifier le prélèvement : délai avant centrifugation, hémolyse, jeûne. Ensuite seulement vient la lecture métabolique, avec la glutamine et le glutamate séparés. Un effort prolongé récent peut aussi abaisser la glutamine (Rohde et coll., 1998), donc le rapport, sans conséquence pour la santé.
Ce que dit la science
Niveau de preuve : émergente (c). Dans l’étude de Cheng et coll. (Circulation, 2012), menée dans les cohortes de Framingham (1 015 personnes) et de Malmö (746 personnes), la glutamine et le rapport glutamine/glutamate étaient associés négativement à des traits de résistance à l’insuline, alors que le glutamate y était associé positivement. Un rapport élevé allait de pair avec un moindre risque de diabète dans Framingham (odds ratio de 0,79 ; P ajusté de 0,03), mais ce lien n’a pas été retrouvé dans la cohorte de Malmö. Chez la souris, l’administration de glutamine améliorait la tolérance au glucose et abaissait la pression artérielle.
Ces résultats sont des associations d’observation et des données animales. Ils ne justifient pas un conseil de supplémentation, ni un diagnostic. Nous n’avons retenu aucun repère « optimal » : aucune source solide n’en propose pour ce rapport.
Les analyses à associer
La glutamine et le glutamate se lisent séparément pour comprendre quel terme fait bouger le rapport. L’ammoniémie renseigne sur l’ammoniac, que le laboratoire Mosaic classe aussi dans son indice de validité. L’indice HOMA-IR donne une mesure directe de la résistance à l’insuline.
À retenir
- Ce rapport compare la glutamine et le glutamate ; il se lit avec les deux valeurs.
- Le seul repère chiffré retenu (supérieur à 8,5) vient d’un laboratoire et d’un rapport type, sans âge précisé.
- Un rapport bas doit d’abord faire contrôler le prélèvement.
- Le lien avec le risque de diabète a été vu dans une cohorte et pas dans l’autre.
- Parlez d’un résultat inhabituel avec votre médecin.