Aller au contenu

Glutamine

Aussi appelée Gln · L-glutamine

La glutamine est l'acide aminé libre le plus concentré dans le sang, et un carrefour du métabolisme de l'azote. Son taux varie avec le jeûne, l'effort, la maladie et la qualité du prélèvement : il se lit avec le contexte.

Prise de sangFamille : acides aminésPreuve courante

Testez-vous en 5 questions

Le cadran

  • Sous l'intervalle Labcorp moins de 332 µmol/L
  • Intervalle Labcorp (plus de 15 ans) 332 à 754 µmol/L
  • Au-dessus de l'intervalle Labcorp plus de 754 µmol/L

Source des repères : Labcorp, Plasma Amino Acid Reference Intervals (plasma, plus de 15 ans, µmol/L ; méthode non précisée sur la page).

µmol/L

Les seuils changent d’un laboratoire à l’autre : ceux de votre compte rendu passent avant. Rien n’est envoyé, le calcul se fait dans votre navigateur.

En bref

La glutamine est l'acide aminé le plus abondant dans le plasma. Elle transporte l'azote entre les organes et nourrit des cellules à renouvellement rapide, comme certaines cellules immunitaires.

À lire avec

Prise de sangProfil des acides aminés plasmatiques ; rapport glutamine/glutamate. Dans le rapport type de Mosaic Diagnostics (ex-Great Plains Laboratory), la glutamine figure dans plusieurs rubriques propres au laboratoire (par exemple « marqueurs neurologiques » et « métabolites du cycle de l'urée ») : ces regr

µmol/LPreuve courante13 sources

Profil sportif

Après un effort prolongé et intense, la glutamine plasmatique peut baisser transitoirement : dans l'étude de Rohde et coll. (1998), elle passait de 508 à 402 µmol/L deux heures après la dernière de trois séances de vélo, et de 15 % environ deux heures après 2 heures d'effort dans celle de Krzywkowski et coll. (2001). Maintenir la glutamine par un complément n'a pas empêché la baisse de la fonction immunitaire observée après l'effort : selon Hiscock et Pedersen (2002), la glutamine plasmatique ne semble pas en être le mécanisme. Prélevez à distance d'un entraînement intense.

Pourquoi on la demande

  • Explorer une hyperammoniémie et suivre un profil d'acides aminés en cas de maladie du cycle de l'urée, en centre spécialisé.
  • Évaluer le degré de catabolisme (dégradation des protéines) chez des patients très malades, en contexte hospitalier.
  • Compléter un profil complet d'acides aminés dans un bilan nutritionnel ou métabolique.
  • Suivre un sportif d'endurance très entraîné dans un cadre spécialisé ou de recherche (marqueur discuté).
  • Lire la glutamine avec le glutamate pour explorer le terrain cardiométabolique.

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Catabolisme intense : maladie grave, traumatisme, brûlure. À l'admission en réanimation, une glutamine basse est associée à une mortalité hospitalière plus élevée (Oudemans-van Straaten et coll., 2001) et à une mortalité
  • Effort prolongé et intense, de façon transitoire.
  • Terrain cardiométabolique : une glutamine plus basse accompagne l'obésité, la résistance à l'insuline et d'autres facteurs de risque métabolique dans les cohortes de Framingham et de Malmö (Cheng et coll., 2012).

Causes d’une valeur haute

  • Échantillon conservé trop longtemps avant centrifugation, ou prélèvement après le jeûne nocturne.
  • Hyperammoniémie : dans les maladies du cycle de l'urée, une glutamine qui monte peut annoncer une hyperammoniémie (Häberle et coll., 2012) ; la liste des causes d'hyperammoniémie tardive inclut aussi l'insuffisance hépat
  • Prise récente de glutamine ou de protéines.
  • Chez les patients de réanimation, une glutamine haute est associée à une surmortalité, comme une glutamine basse (Blaauw et coll., 2020).

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Le jeûne et le moment du prélèvement : la glutamine est la plus haute après le jeûne nocturne ; dans le suivi des maladies du cycle de l'urée, les experts standardisent le prélèvement environ 3 à 4 heures après le dernie
  • Le délai avant centrifugation : dans l'étude de Davis et coll. (2009), la glutamine augmentait nettement dans le sang laissé à température ambiante, et aussi sur glace. Les recommandations européennes parlent d'instabili
  • Un effort prolongé et intense : la glutamine plasmatique baisse transitoirement (Rohde et coll., 1998 ; Krzywkowski et coll., 2001).
  • Une maladie aiguë, un traumatisme ou une brûlure : ces situations de stress sont associées à une glutamine plasmatique plus basse (Hiscock et Pedersen, 2002).
  • Des compléments de glutamine ou de protéines pris pendant ou après l'effort : ils maintiennent la glutamine plasmatique (Krzywkowski et coll., 2001).
  • Le laboratoire, la méthode et l'âge : les intervalles diffèrent (exemples dans le texte).

Ce que mesure l’analyse

La glutamine est, dans les tableaux de référence ci-dessous, l’acide aminé libre le plus concentré du sang. Elle sert de transporteur d’azote entre les organes et de carburant à des cellules à renouvellement rapide : in vitro, certaines cellules immunitaires en dépendent pour fonctionner (Hiscock et Pedersen, 2002). Elle peut être convertie en glutamate, que l’on mesure en parallèle. Dans le cycle de l’urée, une glutamine qui monte peut annoncer une hyperammoniémie (Häberle et coll., 2012).

Comment se passe le prélèvement

Il s’agit d’une prise de sang, en général à jeun. Le moment compte : la glutamine est la plus haute après le jeûne nocturne, et dans le suivi des maladies du cycle de l’urée les experts standardisent le prélèvement environ 3 à 4 heures après le dernier repas (Häberle et coll., 2012). Le délai avant centrifugation compte aussi : dans l’étude de Davis et coll. (2009), la glutamine augmentait nettement dans le sang conservé, à température ambiante comme sur glace, sans doute par libération depuis les cellules. Le laboratoire doit centrifuger et congeler le plasma rapidement. Suivez sa consigne.

Comment lire le résultat

Le résultat s’exprime en µmol/L. Chez l’adulte, Labcorp (États-Unis) retient 332 à 754 µmol/L. Le laboratoire du NHS de Bristol (NBT/UHBW, analyseur Biochrom 30+, chromatographie d’échange d’ions) retient 279 à 695 µmol/L. Comparez votre valeur à l’intervalle imprimé sur votre compte rendu.

D’autres repères existent dans des contextes précis. En réanimation, des études parlent de déficit en glutamine sous 420 µmol/L. Chez des patients atteints d’une maladie du cycle de l’urée, les experts considèrent comme tolérable une glutamine qui ne dépasse pas 1 000 µmol/L. Ces seuils concernent des patients hospitalisés ou suivis en centre spécialisé : ils ne servent pas à juger un sportif ou une personne en bonne santé.

Ce qui compte vraiment : la valeur par rapport à l’intervalle de votre laboratoire, le moment du prélèvement, le jeûne, l’effort récent et l’ammoniémie.

Ce que dit la science

Niveau de preuve : courante (b). Les recommandations européennes sur les maladies du cycle de l’urée (Häberle et coll., 2012) intègrent la glutamine dans le suivi. En réanimation, une glutamine basse à l’admission est associée à une mortalité plus élevée (Oudemans-van Straaten et coll., 2001, 80 patients ; Rodas et coll., 2012). Dans une étude plus récente, 59 % des patients de réanimation avaient une glutamine basse à l’admission, et les valeurs basses comme hautes étaient associées à une surmortalité (Blaauw et coll., 2020). Ces associations ne prouvent pas qu’un apport de glutamine change l’évolution.

Chez le sportif, la glutamine baisse après un effort prolongé (Rohde et coll., 1998 ; Krzywkowski et coll., 2001). Une revue de Hiscock et Pedersen (2002) conclut pourtant que la glutamine plasmatique ne semble pas jouer de rôle mécanistique dans la baisse des défenses observée après un effort exhaustif. Dans l’étude de Hiscock et coll. (2002), la prolifération in vitro de cellules immunitaires du sang n’a pas varié après deux heures d’effort.

Dans la cohorte de Framingham, une glutamine plus basse accompagnait la résistance à l’insuline et d’autres facteurs de risque métabolique (Cheng et coll., 2012). Ce sont des associations d’observation. Nous n’avons retenu aucun repère « optimal » : aucune source solide n’en propose.

Les analyses à associer

L’ammoniémie est la première à demander quand la glutamine est très haute. Le glutamate et le rapport glutamine/glutamate donnent l’équilibre entre les deux acides aminés. L’urée renseigne sur la charge en azote et sur la fin du cycle de l’urée.

À retenir

  • La glutamine varie avec le jeûne, l’effort, la maladie et le délai avant centrifugation.
  • Comparez votre résultat à l’intervalle de votre laboratoire, pas à un seuil de réanimation.
  • Après un effort long, une baisse transitoire est possible et ne prouve rien d’anormal à elle seule.
  • Un complément de glutamine n’a pas démontré d’effet protecteur sur l’immunité du sportif.
  • Parlez d’un résultat très haut ou très bas avec votre médecin.

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Selon l'intervalle Labcorp pour l'adulte (332 à 754 µmol/L), une glutamine à 600 µmol/L est…

  2. 02Après un effort long et intense, la glutamine plasmatique…

  3. 03Un complément de glutamine protège-t-il l'immunité après l'effort ?

  4. 04À quel moment la glutamine est-elle la plus haute ?

  5. 05Un tube laissé plusieurs heures avant centrifugation peut-il fausser la glutamine ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 13

  1. 1Labcorp. Plasma Amino Acid Reference Intervals (adultes de plus de 15 ans, µmol/L).
  2. 2North Bristol NHS Trust / UHBW. Plasma amino acid age-related reference ranges (à partir du 1er février 2025), analyseur Biochrom 30+, µmol/L ; adultes de plus de 18 ans : glutamine 279 à 695.
  3. 3Häberle J, et al. Suggested guidelines for the diagnosis and management of urea cycle disorders. Orphanet J Rare Dis 2012;7:32.
  4. 4Davis JS, et al. Ex-vivo changes in amino acid concentrations from blood stored at room temperature or on ice. BMC Clin Pathol 2009;9:10.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.