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Profil des acides aminés urinaires

Aussi appelée Aminoacidurie · Chromatographie des acides aminés urinaires · Amino acids, quantitative, urine

Le profil des acides aminés urinaires dose les acides aminés que le rein laisse passer dans l'urine. Il aide à repérer des maladies du transport des acides aminés ou une atteinte rénale tubulaire, en complément du dosage sanguin.

Recueil d’urinesFamille : acides aminésPreuve courante

Testez-vous en 4 questions

En bref

Mesure dans l'urine les acides aminés que le rein n'a pas récupérés. Il aide à repérer certaines maladies métaboliques ou rénales et se lit toujours avec le profil sanguin.

À lire avec

Recueil d’urinesProfil des acides aminés urinaires (Mayo Clinic Laboratories, test AAPD, par LC-MS/MS) ; bilans de maladies métaboliques et de tubulopathies.

nmol/mg de créatininePreuve courante4 sources

Profil sportif

Nous n'avons pas retenu de repère validé chez le sportif. La 3-méthylhistidine est souvent discutée comme marqueur de dégradation du muscle, et la 1-méthylhistidine comme reflet de l'apport en viande et poisson, mais leur interprétation individuelle reste incertaine. L'hydratation autour de l'effort modifie la concentration de l'urine, donc le résultat.

Pourquoi on la demande

  • Rechercher une maladie héréditaire du métabolisme ou du transport des acides aminés devant des signes évocateurs.
  • Explorer une atteinte rénale tubulaire, où les acides aminés ne sont plus récupérés par le rein.
  • Compléter un aminogramme plasmatique pour distinguer un excès de production d'un défaut de récupération rénale.
  • Suivre un régime thérapeutique ou un traitement dans une maladie métabolique connue.

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur haute

  • Excès de production d'un acide aminé dans le sang (maladie métabolique) qui déborde dans l'urine.
  • Défaut de récupération par le rein : maladies de transport comme la maladie de Hartnup ou l'intolérance à la lysine liée aux protéines.
  • Atteinte rénale tubulaire (syndrome de Lowe, maladie de Dent) avec perte globale d'acides aminés.
  • Recueil ou conservation inadaptés : artefact à écarter avant toute conclusion.

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Recueil ponctuel : l'urine est rapportée à la créatinine, qui varie avec l'hydratation (Mosaic décrit la même limite pour ses urines).
  • Conservation : Mayo préfère une urine congelée, stable plusieurs semaines ; une urine laissée à température ambiante se dégrade.
  • Alimentation : une prise récente de protéines ou de compléments d'acides aminés modifie les concentrations.
  • Âge : les repères changent beaucoup selon l'âge, surtout chez le nourrisson et l'enfant (Mayo).
  • Médicaments : l'asparaginase ou d'autres traitements peuvent modifier certains acides aminés ; signalez vos traitements au laboratoire.
  • Limites de la technique : le test ne mesure pas l'homocystéine totale, la phosphoéthanolamine ni les imidodipeptides (Mayo).

Ce que mesure l’analyse

Les reins filtrent en permanence les acides aminés du sang, puis les récupèrent presque tous dans les tubules proximaux. Dans une urine normale, il n’en reste donc que de faibles quantités. Le profil des acides aminés urinaires, ou aminoacidurie, mesure ce qui n’a pas été récupéré. L’analyse se fait par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem (LC-MS/MS) et dose une quarantaine de composés.

Elle répond à deux questions. Y a-t-il trop d’un acide aminé dans le sang, au point que le rein n’arrive plus à tout récupérer ? Ou bien le rein lui-même perd-il des acides aminés alors que leur concentration sanguine est normale ? C’est pourquoi on la lit avec le profil plasmatique.

Comment se passe le prélèvement

Mayo accepte un échantillon d’urine ponctuel (recueil au hasard, minimum 1 mL, 2 mL préférés). L’urine est congelée de préférence, et reste stable environ 70 jours dans ces conditions. Indiquez l’âge, l’alimentation, les médicaments et les antécédents familiaux : Mayo les demande pour l’interprétation.

Évitez de recueillir l’urine juste après un repas riche en protéines ou une prise de compléments d’acides aminés si le médecin vous le demande. L’hydratation compte aussi : la correction par la créatinine limite le biais, sans le supprimer.

Comment lire le résultat

Mayo rend les résultats en nmol/mg de créatinine, avec un repère propre à chaque acide aminé et à chaque tranche d’âge (moins de 2 mois, 2 à 35 mois, 3 à 6 ans, 7 à 17 ans, adultes). D’autres laboratoires expriment les résultats en µmol/mmol de créatinine : les nombres ne se comparent pas directement. Pour passer de nmol/mg à µmol/mmol, il faut multiplier par environ 0,113, d’après la masse molaire de la créatinine (113 g/mol).

Ce qui compte vraiment : le motif d’ensemble. Une élévation de quelques acides aminés précis oriente vers une maladie métabolique. Une élévation de nombreux acides aminés à la fois, avec un taux sanguin normal, oriente vers une atteinte rénale tubulaire. Mayo joint un commentaire d’interprétation qui détaille ces hypothèses.

Ce que dit la science

Mayo décrit l’analyse comme utile pour évaluer des maladies héréditaires du métabolisme des acides aminés, avec un intérêt secondaire dans des états acquis (maladies du foie, du muscle, troubles nutritionnels, insuffisance rénale, brûlures). Les « aminoacidurie généralisées » se voient dans des maladies de transport, comme la maladie de Hartnup ou l’intolérance à la lysine liée aux protéines, et dans des atteintes tubulaires, comme le syndrome de Lowe ou la maladie de Dent.

La technique a des limites claires : Mayo précise qu’elle ne mesure ni l’homocystéine totale, ni la phosphoéthanolamine, ni les imidodipeptides. Elle ne doit donc pas servir à dépister l’homocystinurie, l’hypophosphatasie ou le déficit en prolidase. Le niveau de preuve est « courant » : établi en médecine métabolique, mais lu par des spécialistes.

Pour le sport ou le bien-être, nous n’avons pas retenu de repère validé. Les acides aminés isolés (alanine, arginine, asparagine, acide aspartique) ont leur fiche propre, avec leurs repères urinaires.

Les analyses à associer

Le profil urinaire se lit avec le profil plasmatique des acides aminés, la créatinine et le débit de filtration glomérulaire. L’acide urique, qui dépend aussi des tubules du rein, apporte parfois un indice. Un médecin, souvent un néphrologue ou un spécialiste des maladies métaboliques, assemble ces résultats.

À retenir

  • Le profil urinaire mesure ce que le rein n’a pas récupéré, pas ce que vous avez mangé.
  • Un recueil ponctuel est accepté ; la congélation de l’urine est préférable.
  • Les repères changent avec l’âge et le laboratoire : lisez ceux de votre compte rendu.
  • Le test ne dépiste pas toutes les maladies du métabolisme (homocystinurie, hypophosphatasie, déficit en prolidase).

Testez-vous 4 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Que signifie le mot aminoacidurie ?

  2. 02En quelle unité les résultats urinaires de Mayo sont-ils rendus ?

  3. 03Ce test suffit-il à dépister toutes les maladies du métabolisme ?

  4. 04Comment faut-il conserver l'urine selon Mayo ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 4

  1. 1Mayo Clinic Laboratories, test AAPD — Amino Acids, Quantitative, Random, Urine (LC-MS/MS ; résultats en nmol/mg de créatinine ; repères par tranche d'âge), catalogue reproduit par un établissement de santé
  2. 2Mayo Clinic Laboratories, test AAPD — description clinique (aminoacidurie, maladies de transport, tubulopathies), catalogue reproduit par un établissement de santé
  3. 3Mayo Clinic Laboratories, test AAPD — limites de la technique (homocystinurie, hypophosphatasie, prolidase), catalogue reproduit par un établissement de santé
  4. 4Mosaic Diagnostics. MycoTOX Profile, exemple de rapport (rapport à la créatinine et ses limites sur recueil ponctuel)

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.