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Phénylalanine

Aussi appelée Phe · Phé · L-phénylalanine

La phénylalanine est un acide aminé indispensable transformé en tyrosine. Son dosage est la base du dépistage néonatal et du suivi de la phénylcétonurie, et un repère d'un profil d'acides aminés.

Prise de sangFamille : acides aminésPreuve validée

Testez-vous en 5 questions

Le cadran

  • Sous le repère du laboratoire moins de 45 µmol/L
  • Dans le repère du laboratoire 45 à 106 µmol/L
  • Au-dessus du repère, sous 360 µmol/L : à explorer par un méd 106 à 360 µmol/L
  • Seuil de la phénylcétonurie sans traitement : avis spécialis plus de 360 µmol/L

Source des repères : Mayo Clinic Laboratories, Amino Acids, Quantitative, Plasma (AAQP), LC-MS/MS, adultes de 18 ans et plus, patients à jeun, nmol/mL (= µmol/L) ; Mayo Clinic Laboratories, AAQP, limite haute adulte ( — seuil de 360 µmol/L : PNDS Phénylcétonurie, Filière G2M, 2018, hébergé par la HAS ; PNDS Phénylcétonurie, synthèse à destination du médecin traitant, Filière G2M, 2018, hébergé par la HAS (la HAS n'a pas participé à son élaboration).

µmol/L

Les seuils changent d’un laboratoire à l’autre : ceux de votre compte rendu passent avant. Rien n’est envoyé, le calcul se fait dans votre navigateur.

En bref

La phénylalanine est un acide aminé indispensable que l'organisme transforme en tyrosine. Son dosage sanguin sert au dépistage et au suivi de la phénylcétonurie, et à lire un profil d'acides aminés.

À lire avec

Prise de sangProfil des acides aminés plasmatiques (par exemple Amino Acids, Quantitative, Plasma, Mayo Clinic Laboratories) ; dosage de la phénylalanine sur papier buvard, base du dépistage néonatal systématique en France ; acides organiques urinaires (acides phénylpyruvique et phényllactique).

µmol/LPreuve validée9 sources

Profil sportif

Nous n'avons trouvé aucun repère propre aux sportifs ni de lien démontré entre la phénylalanine plasmatique et la performance. Un régime hyperprotéiné, des compléments d'acides aminés ou une dénutrition peuvent déplacer la valeur : prélevez à jeun, loin d'un effort intense.

Pourquoi on la demande

  • Dépister la phénylcétonurie chez le nouveau-né, par le dosage sanguin de la phénylalanine (PNDS Phénylcétonurie).
  • Suivre une personne atteinte de phénylcétonurie ou d'hyperphénylalaninémie, avec une équipe spécialisée.
  • Compléter un profil d'acides aminés plasmatiques demandé par un médecin.
  • Explorer un profil d'acides aminés perturbé dans une maladie du foie.
  • Situer le profil d'acides aminés dans un bilan cardiométabolique approfondi (usage de recherche).

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Des apports insuffisants en protéines ou une dénutrition.
  • Un traitement par pegvaliase : valeur faussement basse possible (Mayo).
  • Chez une personne suivie pour phénylcétonurie, une valeur sous la cible de 120 µmol/L peut traduire un traitement plus strict que nécessaire (cibles du PNDS) : avis de l'équipe spécialisée.

Causes d’une valeur haute

  • Un prélèvement hors jeûne ou un apport récent élevé en protéines (piste la plus simple à écarter).
  • Une maladie du foie : la phénylalanine monte avec la tyrosine dans les formes avancées (Enomoto 2013 ; van Wegberg 2017).
  • Un déficit en phénylalanine hydroxylase : phénylcétonurie ou hyperphénylalaninémie modérée, à explorer en centre spécialisé (PNDS).
  • Un défaut du cofacteur BH4, autre cause d'hyperphénylalaninémie (van Wegberg 2017).
  • Un profil cardiométabolique défavorable : une phénylalanine plus élevée précède le diabète dans des cohortes (Wang 2011 ; Floegel 2013).

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Un repas riche en protéines : les repères de Mayo valent pour une personne à jeun.
  • Un traitement par pegvaliase (Palynziq) chez une personne atteinte de phénylcétonurie : Mayo signale un risque de valeur faussement basse.
  • Un régime pauvre en phénylalanine ou des mélanges d'acides aminés sans phénylalanine, chez les personnes suivies pour phénylcétonurie.
  • Un tube inadapté ou un délai : tube sur glace, centrifugation rapide, plasma congelé, pas de tube activé par la thrombine (Mayo).
  • L'âge : les intervalles diffèrent chez le nourrisson et l'enfant.
  • Une maladie du foie, qui fait monter la phénylalanine avec la tyrosine dans les formes avancées (Enomoto 2013).
  • Une nutrition parentérale (par perfusion) : à signaler au laboratoire.

Ce que mesure l’analyse

La phénylalanine est un acide aminé indispensable : l’organisme ne la fabrique pas, elle vient des protéines de l’alimentation. Une enzyme du foie, la phénylalanine hydroxylase (PAH), la transforme en tyrosine, avec l’aide d’un cofacteur appelé BH4. La tyrosine sert ensuite à fabriquer d’autres molécules, comme la dopamine. Quand l’enzyme fonctionne mal, la phénylalanine s’accumule dans le sang et dans le cerveau, où elle est toxique.

Le dosage mesure la phénylalanine libre dans le plasma. Chez l’adulte, il fait partie d’un profil d’acides aminés. Chez le nouveau-né, c’est le test de dépistage : en France, la phénylcétonurie (PCU) est dépistée chez tous les enfants par le dosage sanguin de la phénylalanine à la naissance (PNDS Phénylcétonurie).

Comment se passe le prélèvement

Chez l’adulte, la prise de sang se fait à jeun : les repères de Mayo Clinic Laboratories valent pour des personnes à jeun. Le tube est placé sur glace, centrifugé rapidement, puis le plasma est congelé. Mayo déconseille les tubes activés par la thrombine. Signalez vos traitements. Mayo prévient que, chez les personnes atteintes de PCU traitées par pegvaliase (Palynziq), la phénylalanine peut sembler faussement basse, car l’activité du médicament persiste dans le tube. Chez le nouveau-né, le dépistage repose sur un prélèvement de quelques gouttes de sang sur papier buvard.

Comment lire le résultat

L’unité courante est le µmol/L. Mayo utilise le nmol/mL, qui revient au même. Chez l’adulte, Mayo donne un repère de 45 à 106 µmol/L, mesuré par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem (LC-MS/MS). Labcorp publie 33,6 à 101,9 µmol/L pour les plus de 15 ans, sans préciser sa méthode sur sa page. Les bornes ne sont pas identiques : le repère dépend du laboratoire. Utilisez celui de votre compte rendu.

Pour la phénylcétonurie, d’autres chiffres servent de seuils de décision. Selon le PNDS français de 2018, on parle de PCU nécessitant un traitement quand la phénylalanine, sans traitement ni régime, dépasse 360 µmol/L. En dessous de 360 µmol/L, on parle d’hyperphénylalaninémie modérée permanente, qui demande une simple surveillance. Sous traitement, les cibles sont de 120 à 360 µmol/L jusqu’à 12 ans, puis de moins de 600 µmol/L. Les recommandations européennes de 2017 indiquent qu’aucune intervention n’est requise sous 360 µmol/L. Ces seuils servent à suivre des malades connus : ce ne sont pas des repères de la population générale.

Ce qui compte vraiment : une valeur un peu au-dessus du repère chez un adulte sans antécédent s’interprète avec le jeûne, la tyrosine, la fonction du foie et l’avis d’un médecin.

Ce que dit la science

  • Phénylcétonurie. C’est l’usage le mieux établi. Non traitée, la maladie provoque une déficience intellectuelle sévère, de l’épilepsie et des troubles du comportement. Le régime pauvre en phénylalanine est la pierre angulaire du traitement (van Wegberg et al., 2017). Même ici, les experts européens notent que le niveau de preuve de la plupart des recommandations est modeste (C ou D). Toute hyperphénylalaninémie n’est pas une phénylcétonurie : les recommandations européennes demandent de distinguer le déficit en PAH des défauts de cofacteur, d’un apport élevé en protéines, d’une maladie du foie ou d’une forme qui ne nécessite pas de traitement.
  • Foie. Dans la cirrhose, les acides aminés aromatiques, tyrosine et phénylalanine, montent alors que les BCAA baissent (Enomoto et al., Ann Hepatol, 2013).
  • Risque cardiométabolique. Une phénylalanine plus élevée précède le diabète dans les cohortes de Wang et al. (Nat Med, 2011) et de Floegel et al. (Diabetes, 2013). Ces associations de population ne définissent aucun seuil individuel de décision. Le niveau de preuve est émergent.

Il n’existe pas de repère « optimal » consensuel pour la phénylalanine chez la personne en bonne santé, et aucune source consultée ne soutient de compléter ou de restreindre sa phénylalanine en dehors d’un avis médical.

Les analyses à associer

La tyrosine, produite à partir de la phénylalanine, aide à situer le blocage de cette transformation. Les acides organiques urinaires phénylpyruvique et phényllactique, issus de l’excès de phénylalanine, complètent le tableau. Le profil des acides aminés plasmatiques évite de surinterpréter un seul chiffre.

À retenir

  • La phénylalanine se dose à jeun dans le sang ; chez le nouveau-né, elle est la base du dépistage de la phénylcétonurie.
  • Le repère de l’adulte change selon le laboratoire et la méthode.
  • Selon le PNDS, un seuil de 360 µmol/L sans traitement sépare la PCU à traiter de la forme modérée, à surveiller.
  • Un traitement par pegvaliase peut fausser le résultat à la baisse.
  • Toute valeur hors repère se discute avec un médecin, en centre spécialisé si une PCU est en cause.

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Chez un adulte à jeun, une phénylalanine à 80 µmol/L (repère Mayo) est…

  2. 02Une phénylalanine à 200 µmol/L chez un adulte à jeun, c'est…

  3. 03Selon le PNDS, à partir de quelle phénylalanine, sans traitement ni régime, parle-t-on de phénylcétonurie nécessitant un traitement ?

  4. 04À quoi sert le dosage de la phénylalanine chez tous les nouveau-nés en France ?

  5. 05Un traitement par pegvaliase peut-il fausser le dosage de la phénylalanine ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 9

  1. 1Mayo Clinic Laboratories. Amino Acids, Quantitative, Plasma (AAQP). Méthode LC-MS/MS, résultats en nmol/mL (= µmol/L), intervalles pour patients à jeun ; mise en garde sur la pegvaliase
  2. 2Labcorp. Plasma Amino Acid Reference Intervals (µmol/L, plus de 15 ans ; méthode non précisée sur la page)
  3. 3Filière maladies rares G2M. Protocole national de diagnostic et de soins (PNDS) — Phénylcétonurie. Mai 2018. Document hébergé par la HAS, qui n'a pas participé à son élaboration
  4. 4Filière maladies rares G2M. PNDS Phénylcétonurie, synthèse à destination du médecin traitant. 2018. Hébergée par la HAS

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.