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Acide gamma-aminobutyrique

Aussi appelée GABA · Acide 4-aminobutyrique · Acide γ-aminobutyrique

Le GABA est le principal neurotransmetteur inhibiteur du système nerveux. Son dosage dans le sang ou l'urine relève surtout de la recherche, et son lien avec l'activité du cerveau reste discuté.

Prise de sangRecueil d’urinesFamille : acides aminésPreuve émergente

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En bref

Le GABA est le principal neurotransmetteur inhibiteur du système nerveux. Son dosage dans le sang ou l'urine reste un test de recherche : les concentrations sont très faibles et le lien avec le cerveau est discuté.

À lire avec

Prise de sang · Recueil d’urinesProfil des acides aminés plasmatiques, panels « neurotransmetteurs » urinaires ou sanguins de laboratoires spécialisés (valeurs propres à chaque laboratoire, non validées par des études publiées).

nmol/LPreuve émergente

Profil sportif

Aucune donnée vérifiée n'établit l'intérêt du dosage du GABA chez le sportif, et aucun repère propre au sportif n'est publié. Les compléments de GABA sont vendus pour un effet calmant, mais leur mécanisme est inconnu et les preuves de bénéfice sont limitées. Un résultat de GABA ne doit pas guider à lui seul un choix de complément ou d'entraînement.

Pourquoi on la demande

  • Suivre, chez quelques patients et par des spécialistes, l'effet d'un traitement par vigabatrine, un antiépileptique qui augmente le GABA
  • Explorer, en recherche, un profil de neurotransmetteurs dans un trouble de l'humeur
  • Compléter un panel « neurotransmetteurs » proposé par certains laboratoires de médecine intégrative
  • Compléter un profil des acides aminés plasmatiques

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Trouble de l'humeur : des taux plus bas que chez des témoins ont été rapportés dans des études de recherche, sans valeur diagnostique
  • Variation individuelle naturelle ou échantillon mal conservé
  • Dans la plupart des cas, aucune cause fiable n'est identifiée : il n'existe pas d'interprétation clinique validée d'une valeur basse

Causes d’une valeur haute

  • Traitement par vigabatrine chez certains patients
  • Prise de compléments de GABA, dont l'effet sur le taux sanguin est mal documenté
  • Dans la plupart des cas, aucune cause fiable n'est identifiée : il n'existe pas d'interprétation clinique validée d'une valeur haute

À savoir : ce qui peut la fausser

  • La conservation : les plaquettes sanguines contiennent l'enzyme qui dégrade le GABA, un plasma mal centrifugé ou riche en plaquettes peut donc fausser le résultat
  • La méthode : les concentrations sont très faibles et le dosage est difficile, avec des résultats variables selon la technique
  • Un traitement par vigabatrine, qui modifie le GABA mesuré
  • Les compléments de GABA : leur effet sur les taux sanguins est mal documenté
  • Pour l'urine, le moment et la durée du recueil, la conservation et l'expression par rapport à la créatinine
  • Le repas, l'effort, le stress et le sommeil : effets mal documentés sur le GABA périphérique

Ce que mesure l’analyse

L’acide gamma-aminobutyrique, ou GABA, est le principal neurotransmetteur inhibiteur du cortex humain (Boonstra et al., 2015)1. Un neurotransmetteur est une molécule qui transmet un message entre deux neurones ; « inhibiteur » signifie qu’elle diminue l’activité du neurone qui la reçoit. Le GABA est fabriqué à partir du glutamate, le principal neurotransmetteur excitateur, ce qui explique que les deux se lisent souvent ensemble.

L’analyse mesure le GABA circulant dans le sang (plasma) ou éliminé dans l’urine. Ce n’est pas le GABA du cerveau. On a longtemps pensé que le GABA franchit mal la barrière hémato-encéphalique, la barrière qui protège le cerveau, mais les études sur ce point sont contradictoires et leurs méthodes très différentes (Boonstra et al., 2015). Le lien entre le taux sanguin et l’activité cérébrale du GABA reste donc incertain.

Le GABA est aussi présent dans les tissus périphériques. Les plaquettes sanguines contiennent l’enzyme qui le dégrade, la GABA-transaminase (Löscher et al., 1993)2. Cette particularité complique la conservation de l’échantillon.

Comment se passe le prélèvement

Selon le laboratoire, le dosage se fait sur une prise de sang veineuse, une recueil d’urine, ou les deux. Le plasma doit être séparé rapidement des cellules et des plaquettes, puis conservé selon la procédure du laboratoire. Pour l’urine, suivez à la lettre les consignes de recueil (moment, durée, conservation) qui vous sont remises.

Le dosage est technique, car les concentrations de GABA dans le plasma sont très faibles. Des méthodes de chromatographie liquide haute performance ont été mises au point pour y parvenir, sans interférence avec les autres acides aminés (Löscher et al., 1993). Le choix de la méthode influe sur le résultat.

Prévenez le laboratoire si vous prenez un médicament comme la vigabatrine, ou un complément de GABA. Le jeûne n’est pas formellement documenté pour ce test : suivez les consignes de votre laboratoire.

Comment lire le résultat

L’unité varie selon le laboratoire et le prélèvement (sang ou urine). Il n’existe pas de valeurs de référence communes : chaque laboratoire a ses normes, issues de sa propre méthode. Nous ne reprenons donc aucun repère chiffré sur cette fiche, faute d’article publié et vérifié qui en fournisse. Fiez-vous à l’intervalle indiqué sur votre compte rendu, sans le comparer à celui d’un autre laboratoire.

Le dosage urinaire du GABA est proposé par certains laboratoires de médecine intégrative. Nous n’avons trouvé aucune validation publiée de ce dosage pour évaluer l’activité GABA du cerveau. Il doit être considéré comme non validé.

Les causes possibles ci-dessous sont des pistes à discuter avec un médecin, jamais un diagnostic.

  • Valeur haute : traitement par vigabatrine, prise de compléments de GABA. Hors de ces situations, aucune cause fiable n’est établie.
  • Valeur basse : des taux bas ont été rapportés dans des troubles de l’humeur, en recherche. Une conservation inadaptée peut aussi abaisser le résultat. Hors de ces situations, aucune cause fiable n’est établie.

Ce que dit la science

Niveau de preuve : émergent. Le GABA plasmatique est étudié en recherche, mais il n’a pas d’usage clinique validé en routine.

Deux exemples illustrent l’état des connaissances. Dans un travail ancien, le GABA plasmatique a été mesuré chez des patients ayant un trouble bipolaire, en phase maniaque ou dépressive. Les taux moyens étaient significativement plus bas que chez des témoins en bonne santé, et 30 à 40 % de ces patients avaient un taux sous l’intervalle des témoins (Petty et al., 1993)3. Cela signifie qu’une majorité de ces patients avait un taux dans l’intervalle des témoins : le dosage ne peut pas servir à poser un diagnostic.

Dans l’épilepsie, chez 20 patients traités au long cours par la vigabatrine, le GABA plasmatique moyen ne différait pas de celui de témoins non épileptiques. Mais les patients répondant au traitement avaient un GABA plasmatique significativement plus élevé que les non-répondeurs et que les témoins (Löscher et al., 1993). L’effectif est petit, et cette observation relève du suivi de traitement par un spécialiste.

Pour les compléments, une revue conclut que leur mécanisme d’action est loin d’être clair. Il existe quelques éléments en faveur d’un effet calmant, mais la plupart viennent de chercheurs ayant un conflit d’intérêts potentiel (Boonstra et al., 2015). Aucune donnée vérifiée n’indique qu’un dosage sanguin ou urinaire permette de choisir un complément ou de juger de son efficacité.

Ce qui n’est pas démontré : qu’un GABA sanguin ou urinaire reflète le GABA du cerveau, qu’il permette de dépister un trouble anxieux ou dépressif, ou qu’il guide un traitement en dehors du suivi spécialisé de la vigabatrine.

Les analyses à associer

  • GABA urinaire : version urinaire du dosage, à lire avec la même prudence.
  • Acide glutamique et glutamine : appartiennent au même cycle que le GABA.
  • Profil des acides aminés plasmatiques : situe le GABA parmi les autres acides aminés.

À retenir

  • Le GABA est le principal neurotransmetteur inhibiteur du cortex humain.
  • Le dosage sanguin ou urinaire ne mesure pas le GABA du cerveau : le lien reste discuté.
  • Les concentrations sont très faibles et le dosage est difficile : méthode et conservation comptent.
  • Il n’existe pas de normes communes : chaque laboratoire a les siennes.
  • Un résultat de GABA n’a pas de valeur diagnostique et ne justifie pas seul un complément.

Sources éditoriales et fact-checking3 sources vérifiées3 études[+]

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Qu'est-ce que le GABA ?

  2. 02Un complément de GABA a-t-il un effet calmant démontré ?

  3. 03Un GABA sanguin bas permet-il de diagnostiquer un trouble de l'humeur ?

  4. 04Pourquoi le dosage du GABA plasmatique est-il difficile ?

  5. 05Un dosage urinaire du GABA est-il validé pour juger du GABA du cerveau ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : ce qui peut fausser le chiffre.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.