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Tyrosine

Aussi appelée Tyr · L-tyrosine

La tyrosine est un acide aminé à l'origine de la dopamine, de la noradrénaline et des hormones thyroïdiennes. Son taux plasmatique varie surtout avec les protéines du repas et se lit dans un profil d'acides aminés.

Prise de sangFamille : acides aminésPreuve courante

Testez-vous en 5 questions

En bref

La tyrosine est un acide aminé à l'origine de la dopamine, de la noradrénaline et des hormones thyroïdiennes. L'analyse mesure son taux libre dans le plasma, qui varie surtout avec les protéines du repas.

À lire avec

Prise de sangProfil des acides aminés plasmatiques (avec phénylalanine, souvent lue avec la tyrosine), bilans de maladies métaboliques héréditaires, suivi des régimes pauvres en phénylalanine.

µmol/LPreuve courante

Profil sportif

Les revues disponibles ne montrent pas d'effet net d'un complément de tyrosine sur la performance physique : l'effet décrit concerne plutôt la cognition en situation exigeante. Un taux de repos bas chez un sportif reflète surtout l'apport en protéines. Prélevez à jeun, à distance du dernier repas protéiné et d'un entraînement intense, et lisez la tyrosine dans un profil complet.

Pourquoi on la demande

  • Explorer ou suivre une maladie métabolique héréditaire du métabolisme de la tyrosine ou de la phénylalanine
  • Contrôler la tyrosine chez un patient suivant un régime pauvre en phénylalanine
  • Compléter un bilan hépatique ou nutritionnel par un profil d'acides aminés
  • Évaluer les apports en protéines d'un régime restrictif ou hyperprotéiné
  • Explorer, à titre de recherche, la disponibilité du précurseur de la dopamine et de la noradrénaline

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Apports protéiques insuffisants ou régime très restrictif
  • Phénylcétonurie, où la tyrosine, normalement fabriquée à partir de la phénylalanine, peut manquer
  • Hémodialyse : baisse de la tyrosine sanguine pendant la séance
  • Malabsorption ou dénutrition

Causes d’une valeur haute

  • Prélèvement après un repas riche en protéines ou prise récente d'un complément de tyrosine
  • Élévation transitoire chez le nouveau-né
  • Certaines maladies du foie
  • Tyrosinémies héréditaires : maladies rares relevant d'un avis spécialisé

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Un repas riche en protéines : l'ingestion de protéines élève la tyrosine du sang et du cerveau
  • Le jeûne ou un jeûne trop court par rapport aux consignes du laboratoire
  • Les compléments de tyrosine ou de BCAA (leucine, isoleucine, valine), qui modifient la tyrosine disponible
  • Un effort intense, une déshydratation ou un stress aigu avant le prélèvement
  • Une séance d'hémodialyse récente, qui abaisse la tyrosine sanguine
  • L'âge : chez le nouveau-né, la tyrosine peut être transitoirement élevée
  • Un délai avant la séparation du plasma ou une conservation inadaptée

Ce que mesure l’analyse

La tyrosine est un acide aminé. Votre organisme peut la fabriquer à partir d’un autre acide aminé, la phénylalanine, qui, elle, est essentielle. On parle donc de tyrosine « conditionnellement essentielle » : elle devient indispensable si la phénylalanine ne peut plus être transformée. Elle vient aussi directement des protéines de l’alimentation.

La tyrosine est le point de départ de plusieurs molécules de signalisation. Elle est le précurseur des catécholamines, c’est-à-dire de la dopamine, de la noradrénaline et de l’adrénaline. Elle intervient aussi dans la synthèse des hormones thyroïdiennes et de la mélanine, le pigment de la peau.

Dans le cerveau, la vitesse de fabrication des catécholamines dépend de la quantité de tyrosine disponible, dans les concentrations qui existent habituellement chez l’humain. L’augmentation de la tyrosine cérébrale stimule la production de catécholamines, un effet propre aux neurones qui déchargent activement. Une prise de protéines, même sur un seul repas, élève la tyrosine du cerveau et la synthèse de catécholamines (Fernstrom et al., 2007)1.

L’analyse, elle, mesure la tyrosine libre dans le plasma. C’est un instantané qui ne dit pas directement ce qui se passe dans le cerveau.

Comment se passe le prélèvement

C’est une prise de sang veineuse, habituellement le matin et à jeun. Suivez les consignes de votre laboratoire pour la durée du jeûne.

Le repas précédent modifie le résultat, car les protéines apportent de la tyrosine. Évitez avant le prélèvement les compléments de tyrosine, de BCAA et les poudres de protéines, sauf avis contraire de votre médecin. Évitez aussi un effort intense la veille. Le plasma doit être séparé rapidement des cellules sanguines et conservé selon la procédure du laboratoire.

Si vous êtes dialysé, précisez le moment de votre dernière séance : la dialyse modifie la tyrosine du sang.

Comment lire le résultat

Le résultat est généralement rendu en µmol/L. Chaque laboratoire a ses propres valeurs de référence, qui dépendent de la méthode, de l’âge et du sexe. Nous ne reprenons pas de repère chiffré ici, faute de source publiée vérifiée : fiez-vous à l’intervalle de votre compte rendu. Les seuils de décision pour les maladies héréditaires sont fixés par les centres spécialisés.

En pratique, on lit souvent la tyrosine avec la phénylalanine, car la transformation de l’une en l’autre est la porte d’entrée de plusieurs maladies métaboliques. Un profil d’acides aminés complet aide à distinguer un déficit d’apport d’un trouble de transformation.

Les causes possibles ci-dessous sont des pistes à discuter avec un médecin, jamais un diagnostic.

  • Valeur haute : repas protéiné récent, complément de tyrosine, élévation transitoire chez le nouveau-né, certaines maladies du foie, tyrosinémies héréditaires (maladies rares).
  • Valeur basse : apports protéiques insuffisants, phénylcétonurie, hémodialyse, malabsorption.

Un exemple de variation liée à un soin : dans une étude de 13 patients hémodialysés, la tyrosine sérique baissait de façon significative pendant la séance, comme plusieurs autres acides aminés (Erben et al., 1994)2. L’étude est ancienne et de petite taille, mais elle illustre pourquoi le moment du prélèvement compte.

Ce que dit la science

Niveau de preuve : courant. La tyrosine plasmatique est utilisée en pratique, surtout dans le cadre des maladies métaboliques héréditaires et des bilans d’acides aminés. Pour les autres usages, le consensus est partiel.

Sur l’effet d’un complément, deux revues arrivent à des conclusions proches. Dans une revue systématique de 15 études, le plus souvent menées avec une prise unique de tyrosine, la plupart des études comportementales ne trouvaient pas d’effet significatif sur la performance à l’exercice. En revanche, la tyrosine contrebalançait de façon aiguë la baisse de mémoire de travail et de traitement de l’information provoquée par des conditions exigeantes comme un climat extrême ou une forte charge cognitive (Hase et al., 2015)3.

Une autre revue conclut que la tyrosine améliore la cognition seulement lorsque la fonction des neurotransmetteurs est intacte et que la dopamine ou la noradrénaline sont temporairement épuisées. Elle juge limité le potentiel de la tyrosine pour traiter des troubles cliniques, et minime celui pour l’effort physique (Jongkees et al., 2015)4.

Un point souvent oublié : les BCAA, la leucine, l’isoleucine et la valine, entrent en compétition avec la tyrosine au passage de la barrière hémato-encéphalique. Ils peuvent donc diminuer l’entrée de la tyrosine dans le cerveau et la synthèse de dopamine, ce qui expliquerait en partie pourquoi les BCAA n’améliorent pas la performance (Fernstrom, 2013)5. Cette explication reste une hypothèse.

Ce qui n’est pas démontré : qu’un taux plasmatique de tyrosine, haut ou bas, prédise l’humeur, la motivation ou les performances d’une personne en bonne santé. Les études sur la supplémentation sont des essais courts, avec de petits effectifs, qui n’étudient pas l’effet de la tyrosine sur plusieurs semaines.

Les analyses à associer

  • Phénylalanine : la tyrosine en dérive, les deux se lisent ensemble.
  • Profil des acides aminés plasmatiques : situe la tyrosine parmi les autres acides aminés.
  • Acide homovanillique et acide vanillylmandélique : produits de dégradation de la dopamine et de la noradrénaline, qui éclairent la suite de la voie.

À retenir

  • La tyrosine est fabriquée à partir de la phénylalanine et apportée par les protéines.
  • Son taux plasmatique varie avec le repas : prélevez à jeun.
  • Les compléments n’ont pas montré d’effet net sur la performance physique ; l’effet décrit concerne la cognition en situation exigeante.
  • Les BCAA entrent en compétition avec la tyrosine au niveau du cerveau.
  • Lisez la tyrosine avec la phénylalanine et un profil d’acides aminés complet.

Sources éditoriales et fact-checking5 sources vérifiées5 études[+]

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01La tyrosine est-elle uniquement apportée par l'alimentation ?

  2. 02Un complément de tyrosine améliore-t-il la performance physique ?

  3. 03Dans quelles situations la tyrosine a-t-elle montré un effet sur la cognition ?

  4. 04Les BCAA (leucine, isoleucine, valine) peuvent-ils influencer la tyrosine qui entre dans le cerveau ?

  5. 05Faut-il être à jeun pour doser la tyrosine ?

Un proche attend ses résultats ?

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Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.