Aller au contenu

SangAuto-immunitéPreuve validée

Anticorps anti-récepteur de l’acétylcholine

Aussi appelée Anti-RACh · Anti-AChR · Anticorps anti-récepteur de l'acétylcholine liants

Les repères

  • Dans la valeur de référence (radio-immunologie, Mayo) moins de 0,02 nmol/L
  • Positif plus de 0,02 nmol/L

Source : Mayo Clinic Laboratories, test ARBI, radio-immunologie, nmol/L. Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

Les anticorps anti-récepteur de l'acétylcholine bloquent la transmission entre le nerf et le muscle. Ils sont le principal marqueur de la myasthénie auto-immune, présents dans la majorité des formes généralisées.

Pourquoi on la demande

  • Confirmer une myasthénie auto-immune devant une faiblesse ou une fatigue musculaire qui varie : paupière qui tombe, vision double, voix nasonnée, troubles pour avaler.
  • Explorer une myasthénie limitée aux muscles des yeux.
  • Orienter la recherche d'un thymome, une tumeur du thymus associée à la myasthénie.
  • Refaire le dosage quelques mois plus tard quand un premier résultat est négatif et que la suspicion persiste.

Ce qui peut la fausser

  • Traitement immunosuppresseur en cours : détection réduite ; prélevez avant de le commencer.
  • Examen récent avec des produits radioactifs : interférence avec le dosage.
  • Excès d'anticorps dans le sang (hypergammaglobulinémie) : faux positifs possibles.
  • Début de la maladie : résultat parfois négatif, positivation secondaire possible.
  • Myasthénie oculaire : taux souvent faibles.

Causes d’une valeur haute

  • Myasthénie auto-immune généralisée
  • Myasthénie oculaire (taux souvent faibles)
  • Myasthénie avec thymome
  • Syndrome de Lambert-Eaton et autres maladies auto-immunes neurologiques
  • Hypergammaglobulinémie (faux positif)

Prise de sangBilan de myasthénie (anti-RACh, puis anti-MuSK si négatif) ; bilan d'un thymome.

nmol/LPreuve validée2 sources

Profil sportif

Le PNDS de la HAS recommande l'exercice physique, au minimum la marche, dès que l'état d'une personne myasthénique s'améliore. Il aide à lutter contre le déconditionnement et les effets d'une corticothérapie prolongée. Une fatigue banale après l'entraînement ne relève pas de ce test : la myasthénie se reconnaît à une faiblesse qui touche des muscles précis et qui fluctue.

Ce que mesure l’analyse

Ces auto-anticorps s'attaquent au récepteur qui permet au muscle de recevoir l'ordre du nerf. Ils sont le principal marqueur de la myasthénie, une maladie qui provoque une faiblesse musculaire fluctuante, souvent au niveau des yeux.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

Pour qu’un muscle se contracte, le nerf libère un messager chimique, l’acétylcholine, qui se fixe sur des récepteurs situés à la surface du muscle. Dans la myasthénie auto-immune, le système immunitaire fabrique des anticorps contre ces récepteurs. Le signal passe mal entre le nerf et le muscle.

Il en résulte une faiblesse musculaire qui fluctue, s’aggrave à l’effort et touche des muscles précis. Le PNDS de la HAS (2015) décrit une vision double qui disparaît quand on ferme un œil, une paupière qui tombe (ptosis), une voix nasonnée, des troubles pour avaler, une faiblesse des membres ou de la nuque, sans trouble de la sensibilité.

Le test mesure les anticorps anti-récepteur de l’acétylcholine (anti-RACh) qui se lient au récepteur. C’est le premier examen biologique de la myasthénie.

Comment se passe le prélèvement

C’est une prise de sang classique. Le dosage repose sur une technique d’immunoprécipitation, le plus souvent radio-immunologique. Mayo Clinic Laboratories (États-Unis) donne trois précautions : prélever avant de commencer un traitement immunosuppresseur, qui peut réduire la détection ; éviter le test après un examen récent utilisant des produits radioactifs ; savoir qu’un excès d’anticorps dans le sang peut donner des faux positifs.

Comment lire le résultat

Mayo Clinic Laboratories fixe la valeur de référence à 0,02 nmol/L ou moins. Au-delà, le résultat est positif et évoque une myasthénie auto-immune, à interpréter avec l’examen clinique et l’électromyogramme. Dans les formes limitées aux yeux, les taux sont souvent faibles, environ 0,03 à 1,0 nmol/L selon Mayo.

Le taux ne mesure pas la gravité. Le PNDS précise que ni le taux d’anticorps ni la cible précise ne sont corrélés à la sévérité.

Un résultat négatif n’exclut pas la maladie. Selon le PNDS, ces anticorps sont présents dans environ trois quarts des myasthénies généralisées et la moitié des formes oculaires. Mayo donne des chiffres un peu plus élevés : environ 90 % des formes généralisées et 71 % des formes oculaires chez les personnes non traitées. En cas de négativité, le PNDS conseille de répéter le dosage quelques mois plus tard. Dans 40 % des formes généralisées sans anti-RACh, on trouve des anticorps anti-MuSK, dirigés contre une autre protéine de la jonction entre nerf et muscle.

Des anti-RACh peuvent aussi s’observer, plus rarement, dans le syndrome de Lambert-Eaton, d’autres maladies auto-immunes neurologiques, ou chez des personnes en bonne santé, selon Mayo.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est élevé : le dosage fait partie du diagnostic de référence de la myasthénie, avec l’électromyogramme et, si besoin, un test aux médicaments anticholinestérasiques réalisé à l’hôpital.

Le lien avec le thymus est important. Le PNDS indique que les anti-RACh sont presque toujours présents chez les personnes myasthéniques porteuses d’un thymome, une tumeur du thymus. Il recommande un scanner du thorax devant toute suspicion de myasthénie. Mayo estime qu’environ 20 % des adultes myasthéniques avec ces anticorps ont un thymome.

Le PNDS recommande aussi un bilan des maladies auto-immunes associées : T4, TSH, anticorps antithyroïdiens, vitamine B12, facteurs rhumatoïdes, anticorps antinucléaires, anti-ADN et anti-ENA. La myasthénie est rare : 50 à 200 cas par million d’habitants selon la littérature citée par le PNDS.

Les analyses à associer

  • TSH et anticorps anti-thyroperoxydase : pour rechercher une maladie de la thyroïde associée.
  • Vitamine B12 : partie du bilan initial du PNDS.
  • Anticorps antinucléaires : pour rechercher une autre maladie auto-immune.

À retenir

  • Ces anticorps bloquent la transmission entre le nerf et le muscle.
  • Ils sont présents dans la majorité des myasthénies généralisées, moins souvent dans les formes oculaires.
  • Seuils et unités dépendent du laboratoire : positif au-delà de 0,02 nmol/L chez Mayo.
  • Le taux ne reflète pas la sévérité.
  • Un résultat positif fait rechercher un thymome ; un résultat négatif peut être refait quelques mois plus tard.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Chez Mayo Clinic Laboratories, un anti-RACh supérieur à 0,02 nmol/L est…

  2. 02Un résultat négatif exclut-il une myasthénie ?

  3. 03Le taux d'anticorps reflète-t-il la sévérité de la maladie ?

  4. 04Quelle tumeur rechercher chez une personne myasthénique ?

  5. 05Faut-il prélever avant un traitement immunosuppresseur ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 2

  1. 1HAS, Centre de référence de pathologie neuromusculaire Paris Est. Protocole national de diagnostic et de soins (PNDS) Myasthénie autoimmune, juillet 2015.
  2. 2Mayo Clinic Laboratories (Rochester, États-Unis). Acetylcholine Receptor (Muscle AChR) Binding Antibody, Serum, test ARBI : radio-immunologie.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.