Ce que mesure l’analyse
Le sérum amyloïde A (SAA) est une protéine de la phase aiguë de l’inflammation, fabriquée surtout par le foie. En temps normal, elle circule en très petite quantité. Lors d’une inflammation, sa production explose.
Selon le Précis de biopathologie d’Eurofins Biomnis, la SAA peut augmenter très vite, dès 6 à 12 heures, et atteindre jusqu’à environ 1 000 fois sa valeur de base. Sa demi-vie, le temps nécessaire pour que son taux baisse de moitié, est d’environ 10 heures. Après une inflammation simple, elle revient en général à la normale en 3 à 4 jours.
La SAA a une autre particularité. Quand elle reste élevée pendant des mois ou des années, des fragments de cette protéine peuvent former des dépôts insolubles dans les organes, en particulier les reins. C’est l’amylose AA. La synthèse de la HAS sur l’amylose AA, publiée en 2020, rappelle que ces dépôts proviennent de la SAA produite en excès lors des inflammations chroniques.
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang classique, sur sérum. Le dosage se fait par immunoturbidimétrie ou néphélémétrie, deux techniques qui mesurent le trouble créé par la réaction entre la SAA et des anticorps. Ce n’est pas un examen courant : il est surtout réalisé par des laboratoires spécialisés.
Signalez toute infection récente, même un simple rhume, une intervention, un traumatisme ou un traitement immunosuppresseur.
Comment lire le résultat
Le résultat s’exprime en milligrammes par litre (mg/L). Biomnis indique des valeurs habituellement inférieures à 15 mg/L chez les sujets sains.
Les élévations se répartissent ainsi, selon Biomnis :
- 10 à 100 mg/L : élévations modérées, fréquentes au cours des infections virales ;
- 100 à 1 000 mg/L : infections bactériennes et fongiques, mais aussi certaines maladies inflammatoires comme les vascularites ou la polyarthrite rhumatoïde.
Ces fourchettes se chevauchent : une même valeur peut correspondre à une infection virale, à une poussée inflammatoire ou à un traumatisme récent. La SAA dit donc l’intensité de l’inflammation, pas sa cause. Comme elle redescend vite, un second dosage à quelques jours d’intervalle renseigne mieux sur l’évolution qu’une valeur isolée.
Les cancers, les traumatismes et l’infarctus du myocarde font aussi monter la SAA. Le lupus et les inflammations localisées, comme une cystite ou une appendicite, donnent plutôt des hausses modérées.
Un cas particulier concerne les personnes greffées. Biomnis décrit une SAA qui reste élevée en cas de rejet comme d’infection, alors que la CRP baisse sous traitement immunosuppresseur lors d’un rejet. La SAA peut alors compléter la CRP.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est limité pour un usage courant. Biomnis le résume : la SAA est trop sensible, moins spécifique et plus difficile à doser que la CRP. Elle monte pour beaucoup de raisons et ne désigne pas de cause.
Son intérêt principal concerne les maladies inflammatoires chroniques qui exposent à l’amylose AA. Biomnis signale une corrélation entre l’élévation de la SAA et l’évolution clinique dans l’amylose confirmée. Le diagnostic de l’amylose AA, lui, repose sur l’analyse d’un fragment de tissu : la synthèse HAS précise qu’un marquage par un anticorps dirigé contre la SAA est indispensable pour le confirmer.
Ce dosage relève donc surtout des centres spécialisés dans les maladies auto-inflammatoires, l’amylose ou la transplantation. Pour le suivi d’une inflammation courante, la CRP reste le marqueur de référence.
Les analyses à associer
- Protéine C réactive : marqueur de référence de l’inflammation.
- Procalcitonine : pour orienter vers une infection bactérienne.
- Orosomucoïde : protéine de l’inflammation plus lente, témoin de sa durée.
À retenir
- La SAA est une protéine de l’inflammation qui monte et descend très vite.
- Biomnis indique des valeurs habituelles inférieures à 15 mg/L chez les sujets sains.
- Elle est plus sensible mais moins spécifique que la CRP.
- Durablement élevée, elle peut former les dépôts de l’amylose AA.
- Son dosage relève surtout des centres spécialisés.