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SangInflammationPreuve émergente

Sérum amyloïde A

Aussi appelée SAA · Protéine sérique amyloïde A · Amyloïde A sérique

Les repères

  • Valeurs habituelles chez le sujet sain moins de 15 mg/L
  • Élévation modérée (Biomnis : 10 à 100 mg/L souvent observés 15 à 100 mg/L
  • Fréquent au cours des infections bactériennes ou fongiques e 100 à 1 000 mg/L

Source : Eurofins Biomnis, Précis de biopathologie « Sérum amyloïde A protéine », mg/L (2013). Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

Le sérum amyloïde A est une protéine de l'inflammation qui peut être multipliée par mille en quelques heures. Plus sensible mais moins spécifique que la CRP, elle sert surtout en milieu spécialisé.

Pourquoi on la demande

  • Suivre, en centre spécialisé, l'activité d'une maladie inflammatoire chronique qui expose à l'amylose AA.
  • Compléter la CRP quand elle est peu informative, par exemple après une greffe sous traitement immunosuppresseur.
  • Évaluer une réaction inflammatoire aiguë, infectieuse ou non.

Ce qui peut la fausser

  • Infection récente, même virale : hausse fréquente.
  • Lésion tissulaire récente (traumatisme, chirurgie, infarctus) : hausse.
  • Cinétique rapide : hausse dès 6 à 12 heures, retour à la normale en 3 à 4 jours.
  • Immunosuppresseurs : la CRP peut baisser alors que la SAA reste élevée.
  • Méthode (immunoturbidimétrie ou néphélémétrie) : valeurs propres à chaque technique.

Causes d’une valeur haute

  • Infection bactérienne ou fongique (hausse forte)
  • Infection virale (hausse modérée)
  • Traumatisme, infarctus du myocarde, cancer
  • Vascularite, polyarthrite rhumatoïde
  • Rejet de greffe
  • Maladie inflammatoire chronique, amylose AA

Prise de sangSuivi des maladies auto-inflammatoires et de l'amylose AA en centre spécialisé ; suivi des greffés ; bilans inflammatoires spécialisés.

mg/LPreuve émergente2 sources

Ce que mesure l’analyse

Le sérum amyloïde A est une protéine fabriquée par le foie lors d'une inflammation, qui monte et redescend très vite. Quand elle reste élevée longtemps, ses fragments peuvent se déposer dans les organes : c'est l'amylose AA.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

Le sérum amyloïde A (SAA) est une protéine de la phase aiguë de l’inflammation, fabriquée surtout par le foie. En temps normal, elle circule en très petite quantité. Lors d’une inflammation, sa production explose.

Selon le Précis de biopathologie d’Eurofins Biomnis, la SAA peut augmenter très vite, dès 6 à 12 heures, et atteindre jusqu’à environ 1 000 fois sa valeur de base. Sa demi-vie, le temps nécessaire pour que son taux baisse de moitié, est d’environ 10 heures. Après une inflammation simple, elle revient en général à la normale en 3 à 4 jours.

La SAA a une autre particularité. Quand elle reste élevée pendant des mois ou des années, des fragments de cette protéine peuvent former des dépôts insolubles dans les organes, en particulier les reins. C’est l’amylose AA. La synthèse de la HAS sur l’amylose AA, publiée en 2020, rappelle que ces dépôts proviennent de la SAA produite en excès lors des inflammations chroniques.

Comment se passe le prélèvement

C’est une prise de sang classique, sur sérum. Le dosage se fait par immunoturbidimétrie ou néphélémétrie, deux techniques qui mesurent le trouble créé par la réaction entre la SAA et des anticorps. Ce n’est pas un examen courant : il est surtout réalisé par des laboratoires spécialisés.

Signalez toute infection récente, même un simple rhume, une intervention, un traumatisme ou un traitement immunosuppresseur.

Comment lire le résultat

Le résultat s’exprime en milligrammes par litre (mg/L). Biomnis indique des valeurs habituellement inférieures à 15 mg/L chez les sujets sains.

Les élévations se répartissent ainsi, selon Biomnis :

  • 10 à 100 mg/L : élévations modérées, fréquentes au cours des infections virales ;
  • 100 à 1 000 mg/L : infections bactériennes et fongiques, mais aussi certaines maladies inflammatoires comme les vascularites ou la polyarthrite rhumatoïde.

Ces fourchettes se chevauchent : une même valeur peut correspondre à une infection virale, à une poussée inflammatoire ou à un traumatisme récent. La SAA dit donc l’intensité de l’inflammation, pas sa cause. Comme elle redescend vite, un second dosage à quelques jours d’intervalle renseigne mieux sur l’évolution qu’une valeur isolée.

Les cancers, les traumatismes et l’infarctus du myocarde font aussi monter la SAA. Le lupus et les inflammations localisées, comme une cystite ou une appendicite, donnent plutôt des hausses modérées.

Un cas particulier concerne les personnes greffées. Biomnis décrit une SAA qui reste élevée en cas de rejet comme d’infection, alors que la CRP baisse sous traitement immunosuppresseur lors d’un rejet. La SAA peut alors compléter la CRP.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est limité pour un usage courant. Biomnis le résume : la SAA est trop sensible, moins spécifique et plus difficile à doser que la CRP. Elle monte pour beaucoup de raisons et ne désigne pas de cause.

Son intérêt principal concerne les maladies inflammatoires chroniques qui exposent à l’amylose AA. Biomnis signale une corrélation entre l’élévation de la SAA et l’évolution clinique dans l’amylose confirmée. Le diagnostic de l’amylose AA, lui, repose sur l’analyse d’un fragment de tissu : la synthèse HAS précise qu’un marquage par un anticorps dirigé contre la SAA est indispensable pour le confirmer.

Ce dosage relève donc surtout des centres spécialisés dans les maladies auto-inflammatoires, l’amylose ou la transplantation. Pour le suivi d’une inflammation courante, la CRP reste le marqueur de référence.

Les analyses à associer

  • Protéine C réactive : marqueur de référence de l’inflammation.
  • Procalcitonine : pour orienter vers une infection bactérienne.
  • Orosomucoïde : protéine de l’inflammation plus lente, témoin de sa durée.

À retenir

  • La SAA est une protéine de l’inflammation qui monte et descend très vite.
  • Biomnis indique des valeurs habituelles inférieures à 15 mg/L chez les sujets sains.
  • Elle est plus sensible mais moins spécifique que la CRP.
  • Durablement élevée, elle peut former les dépôts de l’amylose AA.
  • Son dosage relève surtout des centres spécialisés.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Une SAA inférieure à 15 mg/L, c'est…

  2. 02Une SAA entre 100 et 1000 mg/L se voit surtout…

  3. 03La SAA est-elle plus spécifique que la CRP ?

  4. 04Quel lien existe entre la SAA et l'amylose AA ?

  5. 05Après une inflammation simple, la SAA revient à la normale en…

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 2

  1. 1Eurofins Biomnis. Précis de biopathologie, analyses médicales spécialisées : Sérum amyloïde A protéine (immunoturbidimétrie ou néphélémétrie). 2013.
  2. 2HAS, Centre de référence des maladies auto-inflammatoires et de l'amylose inflammatoire (CeRéMAIA), filière FAI²R. Amylose AA : synthèse à destination du médecin traitant, extraite du PNDS. Mai 2020.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.