Ce que mesure l’analyse
Le rapport cuivre sur zinc, ou Cu/Zn, n’est pas un dosage supplémentaire : c’est un calcul. Le laboratoire divise la concentration de cuivre par celle de zinc, mesurées sur le même prélèvement.
L’intérêt de cette division tient à un mécanisme biologique simple. Lors d’une inflammation, le foie fabrique davantage de céruloplasmine, la protéine qui transporte le cuivre, donc le cuivre sanguin augmente. Dans le même temps, le zinc plasmatique a tendance à diminuer. Les deux variations vont dans le même sens et font monter le rapport.
Le rapport est donc un marqueur indirect de l’état inflammatoire et nutritionnel. Il ne mesure ni les réserves de cuivre, ni celles de zinc, et ne remplace aucun des deux dosages dont il dérive.
Comment se passe le prélèvement
Il suffit d’une prise de sang veineuse, dans un tube sans métal, avec les mêmes consignes que pour le zinc. Le matin, à jeun, est le moment le plus favorable pour limiter la variation du zinc liée au repas et à l’heure.
Le cuivre et le zinc doivent être dosés sur le même échantillon et par le même laboratoire. Un rapport calculé à partir de deux prélèvements différents n’a pas de sens.
Signalez les compléments de zinc ou de cuivre, la grossesse, la contraception œstroprogestative et toute infection récente. Ces éléments modifient l’un des deux termes du rapport.
Comment lire le résultat
Le rapport n’a pas d’unité : c’est un nombre pur. Les repères varient selon les laboratoires, les méthodes de dosage et les populations étudiées, et aucun seuil unique ne fait consensus. Chaque laboratoire a donc ses propres normes, quand il en propose.
Pour lire le résultat, regardez d’abord le cuivre et le zinc séparément. Un rapport élevé peut venir d’un cuivre haut, d’un zinc bas, ou des deux : ces situations n’ont pas la même signification.
Le rapport varie avec le sexe et l’âge. Dans une étude italienne, il était plus élevé chez les femmes que chez les hommes et augmentait avec l’âge, essentiellement parce que le zinc plasmatique diminuait progressivement (Malavolta et al., 2009)1.
Ce qui compte vraiment : la cohérence avec le contexte. Un rapport modérément élevé chez une personne en pleine infection n’a pas la même portée qu’un rapport élevé persistant chez une personne âgée sans inflammation aiguë apparente.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est émergent. Les études sont principalement observationnelles, menées surtout chez des personnes âgées, et aucune autorité de santé ne recommande le dosage en routine.
Dans une cohorte italienne de 498 personnes âgées, le rapport était associé à tous les marqueurs inflammatoires étudiés (CRP, vitesse de sédimentation, interleukine 6) et à l’albumine sérique. Il prédisait aussi la mortalité sur 3,5 ans chez les plus de 70 ans (Malavolta et al., 2009)2.
Un travail plus récent, mené à Taïwan dans une cohorte de personnes âgées, va dans le même sens. Chaque écart-type supplémentaire de rapport était associé à un risque de mortalité plus élevé (rapport de risques de 1,50) et à un risque plus important de sarcopénie incidente (rapport de cotes de 1,39), la sarcopénie étant la perte de masse et de force musculaires. Le lien avec la sarcopénie restait significatif après ajustement sur les facteurs cardiométaboliques et sur des marqueurs d’inflammation (Peng et al., 2025)3. Cette association ne prouve pas que le rapport cause les événements.
Le rapport réagit aussi aux agressions aiguës. Chez des patients opérés d’un pontage coronarien, il a augmenté dès le début de la circulation extracorporelle, ce qui traduit une réaction inflammatoire, et n’est revenu à la normale qu’au cinquième jour postopératoire. Une circulation extracorporelle de plus de 120 minutes s’accompagnait d’un rapport plus élevé (Al-Bader et al., 1998)4.
Ce qui n’est pas démontré : qu’un seuil précis du rapport permette de décider d’un traitement, qu’abaisser le rapport améliore le pronostic, ni qu’il apporte davantage que la CRP et l’albumine mesurées à part.
Les analyses à associer
Le cuivre et le zinc sont indispensables, puisqu’ils composent le rapport : sans eux, aucune interprétation n’est possible. La protéine C réactive ultrasensible mesure l’inflammation de bas grade que le rapport tente de refléter. L’albumine éclaire l’état nutritionnel et influence le zinc total.
Chaque laboratoire a ses propres normes. Une interprétation fiable est celle d’un médecin qui connaît le contexte.
À retenir
- Le rapport cuivre sur zinc est un calcul à partir de deux dosages du même prélèvement.
- Il augmente quand le cuivre monte et que le zinc baisse, ce qui arrive lors d’une inflammation.
- Il augmente avec l’âge et il est plus élevé chez les femmes dans les études disponibles.
- Les études chez la personne âgée le relient à la mortalité et à la sarcopénie, sans prouver de causalité.
- Aucun seuil unique ne fait consensus : les causes d’une valeur haute sont des pistes à discuter avec un médecin.
Sources éditoriales et fact-checking3 sources vérifiées3 études