Aller au contenu

Lactobacilles

Aussi appelée Lactobacillus · Lactobacillus spp.

Cette analyse recherche et quantifie les lactobacilles dans un échantillon de selles. Ce genre bactérien, célèbre pour ses usages alimentaires et probiotiques, reste un composant minoritaire du côlon de l'adulte.

Recueil de sellesFamille : microbiotePreuve émergente

Testez-vous en 4 questions

En bref

Cette analyse mesure la quantité de lactobacilles dans un échantillon de selles. Elle décrit un aspect du microbiote, mais ne permet pas de poser un diagnostic.

À lire avec

Recueil de sellesAnalyse du microbiote par PCR ciblée, par séquençage 16S ou par métagenomique ; bilans de diversité du microbiote.

variable selon le laboratoirePreuve émergente

Profil sportif

Aucun repère propre aux sportifs n'est validé pour les lactobacilles. Les boissons et produits fermentés, ainsi que les probiotiques, sont fréquents dans l'alimentation sportive : leur consommation peut modifier le résultat sans refléter votre flore habituelle. Signalez-les au laboratoire.

Pourquoi on la demande

  • Compléter un bilan du microbiote intestinal pour savoir si ce genre bactérien est détecté dans les selles
  • Suivre l'évolution du microbiote après des antibiotiques, dans le même laboratoire
  • Contextualiser des troubles digestifs chroniques dans un bilan décidé avec un médecin
  • Vérifier, à titre indicatif, la présence de ce genre après une période de consommation de produits fermentés ou de probiotiques

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Variation normale : ce genre est un composant mineur du microbiote du côlon chez l'adulte
  • Antibiotiques récents
  • Absence de consommation de probiotiques ou de produits fermentés
  • Limites de détection de la technique

Causes d’une valeur haute

  • Prise récente de probiotiques ou consommation de produits fermentés
  • Variation normale d'un individu à l'autre
  • Alimentation habituelle différente de celle de la population de référence du laboratoire
  • Effet de la méthode utilisée par le laboratoire

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Les antibiotiques pris dans les semaines précédentes
  • Les probiotiques et les produits fermentés riches en lactobacilles, qui peuvent être retrouvés dans les selles sans refléter votre flore habituelle
  • Les laxatifs, les lavements et la préparation d'une coloscopie
  • Un changement marqué d'alimentation juste avant le prélèvement
  • La conservation de l'échantillon : suivez la notice du kit du laboratoire
  • La méthode : PCR ciblée, séquençage 16S ou culture ne donnent pas les mêmes valeurs
  • Le mélange des selles avec de l'urine ou de l'eau de la cuvette

Ce que mesure l’analyse

Les lactobacilles forment un genre de bactéries (Lactobacillus) à Gram positif, qui produisent de l’acide lactique à partir de sucres. On les connaît surtout pour leur rôle dans les fermentations alimentaires (yaourt, choucroute, fromages) et pour leur usage comme probiotiques. Leur place dans le côlon est plus discrète que leur réputation : ils y sont un composant minoritaire du microbiote de l’adulte.

L’analyse recherche ce genre dans un échantillon de selles, par PCR quantitative (qui copie et compte l’ADN du genre), par séquençage du gène 16S ou par analyse métagénomique. Le résultat s’exprime soit en pourcentage de l’ensemble des bactéries détectées, soit en quantité d’ADN par gramme de selles. Ces deux unités ne se comparent pas.

Comment se passe le prélèvement

Vous recueillez les selles vous-même, dans un pot ou un kit fourni par le laboratoire, avec la spatule ou l’écouvillon prévu. Évitez le contact avec l’urine, l’eau de la cuvette ou le papier. Certains kits contiennent un liquide de conservation qui fige la composition bactérienne, d’autres demandent un envoi rapide ou une conservation au froid. Suivez la notice du laboratoire.

Le jeûne n’est pas nécessaire. Signalez les antibiotiques récents, les probiotiques, les produits fermentés consommés régulièrement, les laxatifs, les lavements, une préparation de coloscopie et un changement marqué d’alimentation. Certains laboratoires demandent de garder une alimentation habituelle les jours précédents.

Comment lire le résultat

Il n’existe pas de valeur de référence universelle pour les lactobacilles. Chaque laboratoire applique ses propres normes, établies sur sa technique et sa population de comparaison, et nous n’avons trouvé aucun article indexé dans PubMed qui publie des repères validés pour la pratique. Le cadran de cette fiche reste donc vide : mieux vaut aucun repère qu’un repère faux.

Quelques règles de lecture :

  • comparez deux résultats seulement s’ils viennent du même laboratoire et de la même technique ;
  • vérifiez l’unité, un pourcentage et une quantité d’ADN par gramme ne se superposant pas ;
  • sachez qu’un résultat bas ou à la limite de détection est fréquent pour un genre minoritaire ;
  • lisez le résultat avec la diversité du microbiote et vos symptômes.

Un résultat signalé « bas » ou « haut » indique que la quantité détectée diffère de celle de la population de référence du laboratoire. Il ne dit pas qu’un trouble est présent, ni qu’un complément serait utile.

Ce que dit la science

Une revue de 2017 résume bien la situation. Les lactobacilles ne sont qu’un membre mineur du microbiote colique humain, et pourtant leur proportion a été retrouvée, dans de nombreuses études du microbiote, tantôt corrélée positivement, tantôt négativement, à des maladies ou à des états chroniques (Heeney et al., 2017)1. Le titre de cet article pose la bonne question : ce genre est-il un acteur ou un simple passager ?

Niveau de preuve : « c », émergente. Ce qui est démontré : ce genre est détectable chez une partie des adultes, avec une abondance faible, et sa quantité varie beaucoup d’une personne à l’autre. Ce qui ne l’est pas : un taux « optimal », une valeur qui permettrait de dépister ou de suivre une maladie, ou un bénéfice individuel à relever le résultat. Des corrélations de sens opposé selon les études suffisent à rappeler que la présence ou l’abondance de ce genre n’est pas, à elle seule, un indicateur de santé.

Les lactobacilles sont aussi ingérés avec des aliments fermentés et des probiotiques. Les retrouver dans les selles après leur consommation ne prouve pas qu’ils s’installent durablement. Un prélèvement fait pendant une cure de probiotiques renseigne donc peu sur votre flore habituelle. Pour cette raison, signalez toujours leur prise.

Enfin, le genre Lactobacillus regroupe de nombreuses espèces dont les propriétés diffèrent. Une analyse qui ne descend pas jusqu’à l’espèce ne peut pas dire laquelle est présente, ce qui limite ce qu’on peut en conclure.

Les analyses à associer

Lisez ce résultat avec les bifidobactéries, l’autre grand genre souvent associé aux probiotiques, et avec la diversité du microbiote, qui dit si l’ensemble est varié. L’analyse par PCR ciblée précise la technique qui produit ce résultat. Le D-lactate, mesuré dans un autre prélèvement, renseigne sur un produit du métabolisme de certaines bactéries et peut compléter la lecture en cas de symptômes digestifs, avec un avis médical.

À retenir

  • L’analyse quantifie les lactobacilles, un genre minoritaire du côlon de l’adulte.
  • Il n’y a pas de valeur de référence universelle : chaque laboratoire a ses normes.
  • Un résultat bas est banal ; un résultat haut peut venir de probiotiques ou de produits fermentés.
  • Les études associent ce genre à la santé et à la maladie dans les deux sens : il ne se lit pas seul.
  • Un résultat atypique se discute avec un médecin ; il ne justifie pas, seul, un complément.

Sources éditoriales et fact-checking1 source vérifiée1 étude[+]

Testez-vous 4 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Les lactobacilles dominent-ils le microbiote du côlon de l'adulte ?

  2. 02Un taux bas de lactobacilles dans les selles est-il un signe de maladie ?

  3. 03Consommer des probiotiques avant le prélèvement peut-il modifier le résultat ?

  4. 04Existe-t-il une valeur normale commune à tous les laboratoires ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : ce qui peut fausser le chiffre.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.